Politique et élections encore...
Bonjour les zamis !
C'est l'actualité qui veut ça, je ne parle quasi plus du Maroc pour ne me concentrer que sur la France. Ne vous inquiétez pas, cela changera, assez rapidement qui plus est, puisque d'ici une petite quinzaine, nous saurons à quelle sauce nous serons mangé, lol.
En attendant, puisqu'à l'instar de la plupart des français (qui ont voté en masse), je me sens fondée à exposer et exprimer mon opinion, j'assume mes conneries jusqu'au bout et exprimerais jusqu'à la lie ce que je pense de la situation actuelle.
J'étais plutôt pro Bayrou, sans trop d'espoir qu'il parvienne au pouvoir, malgré tout. C'est un homme de dossier, un politicien plutôt solide, il manque d'envergure sans doute pour faire un excellent chef d'état, mais c'est un bon gestionnaire, c'est ce qui me faisait le préférer aux autres. Miss Pétain des Charentes, je lui trouve un programme socialiste du XIXe siècle, absolument adapté à rien, avec un retour de valeurs que je jugeais négatives. Et quand au Napoléon de Neuilly... Il me terrifie, tout simplement.
Je ne lui reproche pas ses idées : je ne lui en connais pas. Il a prôné tout et son contraire, au gré des humeurs de la foule. Il a joué sur toutes les peurs, annoncé avec fracas un jour noir, un jour blanc. mais tous les jours, je l'ai vu à la télé ces deux dernières années. Un ami vient de m'envoyer un article assez long paru dans Marianne un peu avant le premier tour des élections, je pense. Et bien que je ne sois pas d'accord sur tout, il résume assez bien ma pensée : cet homme-là veut le pouvoir par n'importe quel moyen et l'on ne sait absolument pas ce qu'il en fera. C'est cela qui me fait peur. Parce que cela me semble anti-démocratique. On n'est pas censé élire un homme, mais un programme. Vous me direz : tous les hommes politiques mentent et promettent mais ne tiennent pas. Il ne fait pas exception. Peut-être, mais ce n'est pas tout à fait la même chose. Malgré tout, en règle générale, ils restent dans une ligne de partis, peut-être dépassées aujourd'hui, je ne sais, mais enfin, on sait qu'ils ne vont pas faire n'importe quoi.
Lui, on ne sait rien. Ses résultats en tant que ministre de l'intérieur sont désastreux. Non seulement n'a-t-il pas fait reculé d'un iota la violence urbaine, mais il s'est aliéné la police, ce qui est une première. Il a milité contre la double peine puis en a exigé l'application, il a promis de ne pas virer de sans-papier dont les enfants étaient scolarisés et a procédé à des centaines d'expulsions de cet ordre, il a fait arrêter devant les caméras un homme, un dangereux terroriste qui voulait visiblement l'assassiner et c'était un simple d'esprit armé d'un pistolet à eau qui attendait le bus, il a affirmé des contre-vérités immédiatement démenties par les juges sur des affaires en cours, etc. Les exemples de ses inconséquences visant uniquement à le mettre sur le devant de la scène sont légions et j'ai longtemps pensé que c'était la politique d'un fou, qu'on finirait bien par se rendre compte que c'en était trop et qu'un homme pareil ne pouvait pas être crédible. Mais la réalité, c'est que la publicité, fût-elle négative, fait recette, quoi qu'il en soit. Aussi, au gré de ce qui pouvait lui donner le plus de médiatisation, le Napoléon de Neuilly s'en est donné à coeur joie.
Oui, si j'aime particulièrement cette expression, le Napoléon de Neuilly, expression qui n'est pas de moi mais reflète intensément mon sentiment, c'est que cet homme veut le pouvoir et qu'on ne sait pas où il s'arrêtera pour l'avoir, non seulement le plus longtemps possible, mais peut-être, définitivement. Je ne sais pas ce qu'il fera s'il est élu, nul ne le sait, sauf peut-être, son parti. Mais ce que je sais, c'est qu'on ne peut pas vouloir le pouvoir aussi fort et respecter la démocratie.
Par ailleurs, mes inquiétudes concernant le fameux combat idéologique occident-islam que je pressens, me font avoir encore plus peur de lui. Non que je crois 5' à ses affirmations d'extrême-droite, parce que je n'ai aucune idée de ce qu'il pense, encore une fois. En d'autres temps, où c'était plus porteur, il a aussi milité pour le vote des étrangers résidents, alors... Mais parce que je pense qu'un homme populiste à tout crin qui veut le pouvoir à tout prix n'est pas le guide raisonnable dont la France aurait besoin quand ses peurs lui tournent la tête et la mènent tout droit à une idéologisation problématique. Il n'est pas l'homme de l'apaisement, mais bien l'homme du conflit.
On a tous eu peur d'un JMLP au second tour, parce que cela signifiait une radicalisation de l'opinion, mais en même temps, nous savions qu'il n'avait aucune chance d'accéder à la fonction suprême. Il est l'épouvantail de ces 30 dernières années, nul ne peut décemment l'envisager comme représentant de la nation. Mais l'excité de Neuilly ? Il n'a pas cette image d'épouvantail, et il n'en est que plus dangereux parce que, encore une fois, on ne sait pas ce qu'il fera, on ne connait pas son programme, on ne lui connait pas de ligne claire dont il n'aurait pas dévié, à part "je veux le pouvoir".
Je vais vous dire, si JMLP s'était trouvé au second tour contre le Napoléon de Neuilly, je n'aurais pas su pour qui - ou plutôt contre qui- voter. Je crois que je me serais abstenue. Non que je pense que mister S soit facho, je pense que je ne sais rien de lui et qu'il est capable de tout. C'est pire, bien pire. Et ce qui m'inquiète encore plus, c'est que Jean-Marie, un ami, un homme intelligent dont je respecte l'opinion, n'a pas pu me donner UN SEUL argument POUR mister S. Des arguments CONTRE ses conccurents, ça oui. Mais POUR lui ? Non, pas un seul. Et je ne pense décidément pas que voter CONTRE soit un programme en soit. C'est souvent une nécessité au second tour, mais en tant que campagne présidentielle, c'est un leurre anti-démocratique.
Je n'aime ni l'un, ni l'autre des candidats en lice. Mais il n'y en a qu'un des deux que je juge dangereux pour la démocratie. Et c'est pourquoi je continuerais à l'appeler le Napoléon de Neuilly. Même physiquement, la ressemblance est frappante : petit, bilieux, excité... Savez-vous qu'on s'est sérieusement demandé si les humeurs de Napoléon, le vrai, n'étaient pas dûes à une hyperthyroïdie ? Il faudrait que son successeur auto-proclamé (oui, auto-proclamé, il est bonapartiste, si cela a encore un sens de nos jours, du moins l'a-t-il affirmé un jour...) se fasse faire un bilan sanguin. Cela se soigne, de nos jours.