info, intox et contamination...

Publié le par Mel

Oui, je sais, je ne vous ai pas écris depuis l'an dernier, même pas souhaité la bonne année, je suis impardonnable. En même temps, qu'est-ce que vous foutez encore là si vous avez décidé de pas me pardonner, hein ?

Plus sérieusement, ceci n'est probablement pas un retour pour de bon sur la scène bloguesque mais une réflexion immédiate, gratuite, alors que je lis quelques news sur Internet afin de me tenir au courant de la marche du monde.

Or donc, je lis ici que Roselyne Bachelot lèvera l'interdiction aux homosexuels masculins de donner leur sang
 dès que les statistiques du sida concernant cette population en particulier seront équivalente à celles des hétéros. En effet, le taux de contamination par le VIH chez les homos masculins serait de 10 à 20% selon lINVS (Institut National de Veille Sanitaire) contre 0,2% chez les hétéros. S'ensuit chez moi une série de chocs stupéfiés par cette brève franchement bizaroïde autant qu'étrangiforme. Je m'explique (et je détaille).

Première suprise : tiens, je ne savais pas que les homos n'avaient pas le droit de donner leur sang. Puis stupeur : mais comment ça, on demande leur orientation sexuelle aux gens qui donnent leur sang ?!? Mais est-ce bien moral/légal/acceptable au vu de nos lois sur la discrimination ? Abîme de stupeur : c'est quoi ces chiffres débiles ?!? Vous trouvez pas qu'il y a une dichotomie étonnante entre 0,2%, statistique précise en diable et entre 10 et 20% qui ne veut quasi rien dire ? Ils sont vraiment comparables, ces chiffres ? Et enfin, étonnement suprême : mais enfin, c'est quoi, ces conneries ? De toute façon, on le teste, le sang donné, non ? Systématiquement, n'est-ce pas ? Me dites pas que c'est pas le cas, vous commencez à me faire peur, là... Ceci dit, effectivement, me dis-je, poursuivant ma réflexion, les cas tout récents de moins de 3 mois ne seraient probablement pas détectés. Dans ce cas, le VIH serait-il transmissible quand même ? Mais alors, les stats à prendre en considération sont très logiquement celles des nouvelles contaminations et non du taux de contamination dans une population donnée...

 

 

Breeef, évidemment, j'allais pas laisser les choses en l'état. J'ai pas été vérifier si la loi qui disait que les homos n'avaient pas le droit de donner leur sang existait, hein, je suppose que oui. En revanche, je me suis demandé pourquoi Roselyne Bachelot  (ou Jean-Pierre Decool, puisque c'est lui qui lui a posé la question à l'Assemblée) avait cru bon de communiquer dessus, vu que si ses chiffres sont bons, c'est pas demain la veille qu'elle sera levée, l'interdiction en question. J'ai pas trouvé de réponse, donc si vous savez, n'éhsitez pas à me le dire.

Les chiffres, maintenant : fort logiquement, j'ai été voir ce qu'avait à dire l'INVS sur la question. Ce que j'ai trouvé est relativement différent de ce que nous dit la dame car en fait, il semble qu'elle ait confondu plusieurs données. Datant de 2004, une étude sur les comportements à risque chez les homosexuels nous dit que l'on estime à 4,5% la prévalence du VIH chez les homosexuels, soit 12 à 14% chez les homosexuels qui se disent actifs sexuellement avec plusieurs partenaires. C'est effectivement énorme, comparé aux... 0,2% de contamination de la POPULATION GENERALE (et non pas des hétérosexuels, hein). Voilà d'où viendrait la stat. Déjà, remarquez comment on confond homos et homos sexuellement actifs avec plusieurs partenaires, soit homos célibataires, VS population générale (comprenant d'ailleurs les homos, mais aussi, les enfants par exemple) tout d'un coup réduite à hétérosexuels... Mais bon, passons et reprenons. Certes,12 à 14% se situe bien techniquement entre 10 et 20%, mais d'où vient ce généreux arrondi à 20% ? D'une étude datant de 2003 sur les cas de SIDA, cette fois, pour lesquels 20% des nouveaux cas de SIDA sont chez les hommes homosexuels. Remarquez  encore la confusion : infection au VIH, SIDA. Mouais, y'aurait pas du foutage de gueule dans l'air, à votre avis ? Par ailleurs, ces chiffres ne sont pas tous jeunes, qu'y a-t-il de plus neuf ?

On trouve une magnifique base de donnée par année basée sur les déclarations d'infection au VIH/SIDA faites par les professionnels de santé (c'est une maladie à déclaration obligatoire, après tout) qui nous indique, de manière fort peu surprenante que le nombre de nouveaux cas de VIH est moins important chez les homos que chez les hétéros, mais bon, c'est sûr que, vu le nombre d'homos comparé aux hétéros, forcément, ramené en %tage, ça fait sans doute quand même impressionnant... On ne nous le dit pas, quoi qu'il en soit. Enfin, ce que j'ai trouvé datant de 2007 insiste tout de même énormément sur la prévalence des nouvelles infections chez les jeunes hétéros (et en particulier les femmes à cause d'une particularité anatomique qui les rend plus fragiles) et non chez les homos. Ergo, même si une personne contaminée depuis moins de 3 mois (c'est à dire dont le sang ne porte pas les marqueurs du VIH) peut en contaminer une autre, notamment par don de sang, mieux vaudrait se méfier des jeunes filles en âge d'avoir des relations sexuelles que des homos, vu que si les instituts de don de sang font bien leur boulot, le vieil homo contaminé, son sang sera détecté et viré systématiquement, avant qu'on ne lui signale le problème (à lui et à l'INVS, d'ailleurs) et qu'on lui dise, merci mais non merci.

Au final, je reste interloquée. Pourquoi, mais pourquoi diable une telle loi ? Pourquoi diable en parler maintenant, qui plus est ? Pourquoi stigmatiser encore les homos pour une maladie dont on sait qu'elle touche tout le monde et notamment, n'en déplaise aux bonnes gens, les hétéros, et d'ailleurs, pas seulement les jeunes, puisqu'on en parle, mais aussi les vieux, les 3ème agistes dans leur maison de retraite où ils n'ont rien d'autre à foutre qu'à baiser, maintenant que le viagra et les lubrifiants vaginaux leur ont rendu leur vigueur d'antan. Pourquoi, mais alors pourquoi, dans le contexte de crise économique, de guerre au moyen-orient toujours plus dure, de durcissement des religions du livre et de crétineries constantes que l'on peut entendre et avoir à supporter, nous infliger celle-ci ? Et surtout, depuis combien de temps exactement nous abreuve-t-on de statistiques aussi débiles les unes que les autres, de chiffres tronqués et incomparables comme ceux-ci, hein ? Parce que bon, là, c'est tellement énorme, forcément, on est bien obligé de se douter qu'il y a un piège, hein. Mais y'aurait pas d'autres chiffres comme ça, qu'on nous balance avec le sérieux d'un pape ( enfin d'un qui ne dé-excommunierait pas à tour de bras des fachos négationnistes s'entend) alors qu'ils sont juste bidons ? Je vous laisse à ces réflexions à mon sens aussi importantes qu'importunes et sur ce, je vais me reposer.

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Publié dans Réflexions en vrac

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M
Alors en fait, si : une étude réalisée en 1992 et intitulée "Analyses des comportements sexuels en France" (ACSF/Inserm) estime le nombre d'homosexuels actifs à 280 000, chiffre que reprend l'INVS dans son étude sur la prévalence des comportements à risque chez la communauté homosexuelle datant de 2004.<br /> L’enquête "Analyses des comportements sexuels en France" (ACSF/Inserm) réalisée en 1992 auprès de 20 000 Français a estimé le nombre d’homosexuels actifs<br /> sexuellement à 280 000 personnes.<br />
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H
J'aime beaucoup les chiffres concernant des communautés innombrables... Je ne me souviens pas d'un sondage ou d'une étude ayant essayé de dénombrer les homosexuels de france. Pour ce qui est du don du sang, on ne m'a pas demandé mon orientation sexuelle, uniquement l'ancienneté de mon dernier rapport sexuel. Pourtant, j'ai donné plusieurs fois mon sang, alors cette question ne m'aurait pas échappé.
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E
Si, elle l'est.Mais si on y regardait de si près, il faudrait abroger les trois quarts des lois des pays d'Europe dans tous les domaines.L'abolition n'est pas encore là... Espérons que ça y mènera, c'est tout.Et je suis entièrement d'accord avec toi : ça ne redore le blason de personne, cette histoire, à bien y regarder, Mais, comme tu le sais, PERSONNE ne regarde.Et je crois que c'est ça le plus atterrant... Parce que si on regardait, tout ça serait fini depuis longtemps.
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M
Me voilà encore plus estomaquée et terriblement choquée... Je te remercie infiniment ô grand maître historien pour ces précisions, qui sont proprement atterantes. Néanmoins, loin d'être aussi optimiste que toi sur l'ouverture de notre Bachelot nationale, je rapelle que ce qu'elle a dit, c'est qu'elle ne comptait pas l'abroger, cette loi, justement, vu que les homosexuels ont une prévalence d'infection au VIH de 10 à 20% quand les autres ont seulement 0,2%, n'est-ce pas ?  Rappelons que cette afformation en soi constitue une série de grossiers amalgames, comme il me semble l'avoir démontré plus haut. Breeef, auprès de qui exactement redore-t-elle son blason en rejetant d'une manière aussi brutale, malhabile et franchement malhonnête le blâme sur les homos ?Et puisqu'on en parle, de cette loi, elle est non seulement injuste et inique, mais n'est-elle pas également illégale par essence du fait des accords internationaux signés par la France contre la discrimination ?
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E
Alors puisqu'il manque certaines infos et qu'on se pose la question... Et que j'ai fait un mémoire sur l'histoire de l'homosexualité...Moi, ça fait des années que je dis que c'est une loi injuste, que tout le monde le dit, parce qu'elle est injuste dés le départ. Elle fut créée, si ma mémoire est bonne, en 1965 (ou dans ces années là, peu importe) alors qu'on assistait à un durcissement de la bien-pensance générale ET face aux homos, qui commençaient à devenir une véritable minorité communautaire qui disait son nom. C'était évidemment BIEN AVANT le SIDA, à une époque ou le truc vénérien le plus grave c'était l'herpès ou la syphilis, et ou ça se soignait avec des antibiotiques même si c'était honteux... Protéger des maladies n'était pas le but de cette loi, mais bien protéger de l'homosexualité, jugée maladie à l'époque. On ne savait pas comment ça s'attrapait, figurez-vous : ce n'est qu'en 1973 que l'homosexualité a été retirée de la liste officielle des maladies mentales aux Etats-Unis, puis de celle de l'OMS (agence de l'ONU pour la santé). On ne sait jamais, donc, des fois que les hétéros seraient devenus pédés à cause de leur sang "faible"... Et puis, dans la mentalité franco-française de l'époque, les homosexuels étaient tous des drogués et des malades de toutes façons, soit des pervers habitants du sous-monde, soit des invertis mondains de mauvais aloi.Je précise que tout ça se passait, et se passe encore, en FRANCE. Pas dans une république bananière ni un pays nazillon. Même les prisonniers pouvaient donner leur sang lors d'opérations spéciales de la croix rouge, et pas les homos ! C'est encore le cas, d'ailleurs. D'où incompréhension, de nos jours (encore que, les mentalités sont LOIN d'avoir changées partout...) : pourquoi une loi aussi inique a-t-elle duré si longtemps ? La plupart des gens ne sont même pas au courant (même pas les homos). Il faut dire qu'elle est rarement appliquée. On ne demande effectivement pas leur orientation sexuelle aux gens qui donnent leur sang (déjà qu'il n'y en a pas assez... et ça n'a aucun intérêt) et on teste et purifie bel et bien le sang recueilli. On leur demande en revanche s'ils sont sexuellement actifs, et on ne prend pas le sang des gens qui disent avoir eu un rapport sexuel, un tatouage ou un piercing, ou s'être drogués (etc.) dans les trois mois.Pourquoi cette loi n'a-t-elle pas été abolie, alors ? Eh bien ce qui est dommage, en France, c'est que la dépénalisation de l'homosexualité (1981, Mitterrand, eh oui, c'est pas vieux !) a coïncidé avec l'épidémie de SIDA, à peu de choses près... Et comme au début de l'épidémie on ne savait pas du tout à quoi on avait affaire (il s'en est même trouvé, chez les homos, pour dire qu'il s'agissait d'une fausse rumeur pour accuser les homos de répandre une nouvelle peste...), la loi est restée, parce qu'on pensait à tort que ça limitait les dégâts. Cela fait aujourd'hui des années que la situation n'a pas changé, il y a eu l'affaire du sang contaminé et tout ça, et ce genre de loi est longtemps restée intouchable à cause de cette ambivalence : tant qu'on ne parlait pas de son existence et que personne ne l'appliquait, tout allait bien. Si on se mettait à la ressortir, on était sûr, il y a seulement dix ans, de se prendre une levée de boucliers dans la gueule...Aujourd'hui, Roselyne bachelot, la miss compassion du gouvernement, a besoin de redorer son blason... Alors elle dit des choses du genre dont on parle dans ce billet d'humeur, ce qui ne coute rien et fait plaisir aux masses. En plus, sur l'homosexualité, c'est pratique, ça va faire débat, et ça fait très "ouverture"... Et ça va occuper plein de gens qui, comme ça, ne parleront pas de la crise. La dernière fois, elle s'était "aperçue" que des SDF mouraient en hiver... A mon avis, cela ne va pas plus loin.Ce n'est vraiment pas la bonne façon de s'y prendre contre cette loi, mais comme c'est tout ce qu'on a, on ne va pas faire la fine bouche... Que ce soit un gouvernement de droite qui le fasse ne laisse pas, cependant, de m'étonner.
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