Space Opéra : combats à gogo
Aujourd'hui, la suite de l'exploration du nouveau Space Op', avec des exemples... Musclés !
Combats spatiaux à gogo
David Weber, c’est les batailles galactiques qui l’intéressent. Pas vraiment la peine de s’appesantir sur des détails aussi triviaux que les planètes ou les sociétés quand on a une bonne armada. Son interminable et pourtant toujours aussi fascinante série Honor Harrington est uniquement basée sur la hiérarchie militaire, les techniques de combat et des vaisseaux décrits minutieusement. Honor Harrington est une militaire aussi rigide dans ses sentiments que le laisse supposer son prénom. Dès sa première affectation en butte avec sa hiérarchie, cette stratège et tacticienne hors pair sera envoyée dans des missions de plus en plus difficiles et secrètes. Chaque volume peut se lire indépendamment même si l'un des intérêts de la série, c'est évidemment de suivre l'évolution du personnage principal. Les intrigues sont toujours organisées avec soin, avec de longues introductions qui mettent en place les enjeux pour monter progressivement en pression jusqu'au final. Mais quand on dit que cette série exploite à fond la veine militaire du Space Op’, c’est pas pour rien : David Weber s’amuse à transposer des plans de batailles historiques dans l’espace, juste pour voir ce qui se passe. Il fallait bien une ancienne militaire pour essayer d’égaler David Weber dans cette voie. Elizabeth Moon s’y colle donc avec Héroïne d’un Jour et sa trilogie Heris Serrano. Heris Serrano est en effet une brillante commandante issue d’une grande lignée d’officiers tout aussi prestigieux. Mais suite à une altercation avec un supérieur, elle est contrainte de quitter l’armée, mettant ainsi fin à tout ce qui avait du sens pour elle. A la recherche d’un emploi, elle opte finalement pour le poste de capitaine d’un yacht de luxe interstellaire qui lui apportera bien plus de challenges militaires qu’elle ne l’aurait souhaité. Héroïne d’un Jour est l’histoire du lieutenant Esmay Suiza qui, au cours d’une mutinerie, s'est retrouvée presque par accident aux commandes d'un vaisseau de guerre et a joué un rôle décisif dans un combat spatial. Après une mutinerie, tous les officiers doivent passer en cours martiale, c’est l’usage. Or ses supérieurs s'interrogent : comment un officier considéré comme terne et sans histoires a-t-il pu cacher un tel talent pour le commandement ? C’est donc essentiellement les sentiments humains broyés par les rouages de la hiérarchie militaire qu’Elizabeth Moon explore, sans toutefois laisser de côté l’aspect technique, tant des vaisseaux que des combats. Last but not least, la série Miles Vorkosigan de Lois McMaster Bujold, bien écrite et récompensée de trois prix Hugo, est surtout axée sur les difficultés inhérentes au personnage éponyme. En effet, Miles Vorkosigan, fils de l'Amiral Vorkosigan, régent de l'empire et de Cordélia Naismith, ex capitaine d'astronef, a le syndrome des os de verre. Du coup, il va lui falloir se battre contre tous pour forger une carrière militaire qui aurait dû être toute tracée.


Le cyber guerrier
Bon, les vaisseaux spatiaux, c’est bien. Mais l’avenir est à la guérilla et à la vendetta. Pour cela, le cyber guerrier est une valeur sûre. Ayerdhal, encore lui, est l’auteur d’un cycle typique du genre, celui de Cybione. Nahm, ou Cybione (CY(bernetic) BI(ologic) (cl)ONE), est une jeune bionique tueuse à l'intelligence et aux capacités hors du commun. Quand Cybione meurt, les spécialistes d'Ender, une organisation politico-paramilitaire déguisée en assureur mondial, peuvent la régénérer. Devenue en quelque sorte immortelle, Cybione est ainsi envoyée pour réaliser des missions suicides sur diverses planètes. Mais comme elle est régénérée à partir du modèle, elle perd à chaque résurrection sa mémoire antérieure. Elle n'a donc aucun passé bien qu'elle soit plus que centenaire et doit recommencer comme neuve ses péripéties et ses amours. Richard Morgan quant à lui, préfère poser un héros aux souvenirs intacts, l’ex membre des Corps Diplomatique Takeshi Kovacs. En effet, au XXVIe siècle, la technologie a évolué au point que chaque être humain est équipé d’une pile corticale située à la base de la nuque qui enregistre les souvenirs et l’essence de l’esprit. Du coup, si vous en avez les moyens, vous pouvez vous faire « réenvelloper » dans un nouveau corps lorsque l’ancien est usé ou mort. Les Corps Diplomatiques, quant à eux, sont les troupes de choc du Protectorat des Nations Unies. Leur mission est de régler de manière en générale très sanglante les sales petites guerres et les conflits raciaux que l’expansion de l’humanité dans la galaxie ne manque pas de faire naître. A chaque conflit, on envoie les mémoires de ces combattants d’élite dans de nouveaux corps ultra perfectionnés et en avant la musique ! Mais Takeshi Kovacs en a eu marre des Corps Diplomatiques et de leur cortège d’horreurs. Du coup, il doit se débrouiller, souvent seul dans la tourmente ou au service d’un richissime mécène. Confronté régulièrement à son passé, Kovacs va même, dans le troisième volet de la saga, Furies Déchaînées, devoir combattre une version plus « jeune » de lui-même, illégalement conservée par les Corps Diplomatiques et envoyée pour le tuer. Ce cycle absolument génial et novateur marque le renouveau du Space Opera britannique et justifie pleinement l’option prise par Hollywood pour une adaptation cinématographique.
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