De la culture au Maroc

Publié le par Mel

Bonjour les zamis !

Alors aujourd'hui, je vais parler de la culture au Maroc. Attention, hein, pas de la culture DU Maroc, mais bien de la culture au sens de "culture générale", les livres, la musique, le ciné, quoi.

Pour le ciné, sachez-le, à Casa tout du moins (mais je doute que ce soit différent ailleurs, vu que Casa est très occidentalisée), c'est le drame. Il y a UN mégarama qui passe avec quelques mois de retard les grands films internationaux, en VF. Jamais une seule VO !!! Bon, d'accord, au moins, c'est pas en arabe, me direz-vous. Mais que nennie, mon brave, au moins, si c'était en arabe, j'aurais l'impression d'essayer d'apprendre la langue, tandis que là...

Bref, il faut dire aussi qu'ici, on trouve tout en DVD piraté à 10dhs le DVD. Dès la sortie d'un film, on peut l'avoir en screening, et dès sa sortie DVD, en DVD. Et comme, ajouté à cela, tout le monde a le satellite, vous comprenez bien que le cinéma ne se fait tout simplement pas sa place.

D'ailleurs, à propos de satellite, on m'a beaucoup parlé, ici où tout le monde pirate sa connexion au câble, mais je sais que ça existe aussi en France, d'un tout nouveau décodeur universel qui est en fait un casseur de code. Vous achetez la machine (c'est assez cher, on m'a parlé de 400€), et elle va chercher les codes sur Internet. Si elles ne les trouve pas, elle casse le code (ça prend quelques jours mais bon...) et après, roule ma poule ! Quand les codes changent, rebelotte. Le serveur de cette machine (qui stocke les codes que les décodeurs-casseurs mettent sur Internet) se trouverait dans le no man's land entre les deux Corées... Rigolo, hein ? Bon, ben moi, j'ai pas encore acheté la bête, alors je sais pas si ça marche, mais on en parle en ce moment.

Pour la littérature, à Casa, il y a UNE bonne librairie. Des petites librairies, y'en a partout, hein, mais avec que des bouquins techniques dedans ou des livres scolaires (l'informatique pour les nuls, la cuisine traditionelles en 30 leçons, etc.). Et quand je dis que c'est une bonne librairie, disons que, comme une librairie de quartier à Paris, elle a quelques livres et peut commander les autres. Les livres sont plutôt chers ici, c'est clairement un produit de luxe et de l'importation, donc ça prend quasi 20% dans la gueule quand on les commande par rapport au prix français. Le reste du temps, les quelques éditeurs locaux ou français qui publient des auteurs locaux et veulent assoir leur positionnement sur le marché marocain, surtout en poche, font des efforts et les prix descendent un peu au dessous de la norme française. Bon an mal an, pas un seul livre de SF, ici, on connais pas. Mais beaucoup de choses quand même. On m'a d'ailleurs parlé d'un bibliothèque qui serait bien fournie en nouveauté, je vais aller voir, même si je déteste lire des livres qui ne sont pas à moi (à moins que ce ne soit quelqu'un que j'aime qui me le prête, parce qu'alors, j'ai l'impression de découvrir encore mieux cette personne).

Pour les musées, ici, nada. Ceci dit, il y en a ailleurs au Maroc, bien sûr, mais Casa... Ben vraiment, vraiment rien. Les gens considèrent ici que la ville est laide et dédiée au commerce. Ils n'ont pas tout à fait tort, mais il y a quand même de belles choses et une histoire très spécifique, cela mériterait un petit quelque chose, quand même. Ben non.

Les concerts, spectacles, etc. : Régulièrement, nous avons la chance de pouvoir assister à une pièce (par an), généralement du vaudeville, jouée par la troupe amateure de femmes de Casa Accueil pour une oeuvre caritative. Sinon, parfois un concert, en règle générale le dernier minet à la mode qui bêle le samedi soir sur TF1 (très aimée, comme chaîne, TF1). De temps en temps, un humoriste genre Debbouze.

La musique : ça se partage entre les tubes des années 80, de la musique relativement joyeuse mais tout de même un peu daubesque vaguement orientalisante par tout un tas de jeunes filles et de jeunes hommes charmants, et le téléchargement (encore !). Un CD = 5dhs, donc vous avez tout ce que vous voulez, ou presque. Je m'attendais à découvrir plus le raï, que j'aime bien, mais en fait, non. A part en CD...

Mais ne croyez pas pour autant que les marocains, ou en tout cas les casaouïes manquent absolument de culture. C'est juste que leurs référents ne sont pas les mêmes du tout. Ils regardent beaucoup la télé par satellite, dont entre autre, le cinéma égyptien qui est ici très prisé. En terme de musique, ben pour le moment, je n'ai pas rencontré d'amateurs, donc j'en sais rien, mais visiblement, ils connaissent beaucoup de choses, mais aiment à la base des trucs que nous, on jugerai certes agréables, mais un peu vieilli, peut-être : U2, Genesis, etc. J'ai tout de même entendu des jeunes télécharger dans un cyber café du Korn, alors tout n'est pas perdu. J'ai même été dans un bar qui passait du Asian Dub Fondation, mais bon, ça date des années 90, c'est quand même pas la pointe non plus.

Au niveau des spectacles, et bien il fait croire que les casasouïes, qui ont la culture de la fête, n'aime pas plus que ça. Il faut que ça brille, qu'il y ait du people, pour que ça draine les enthousiasmes. En même temps, il est vrai que ni le théâtre, ni l'opéra ne font vraiment partie de leur référent. En revanche, je commence à entendre parler de plus en plus du Melhoun, qui serait de la poésie en arabe dialectal, chantée ou rythmée, sorte de mix entre le slam et les trouvères médiévaux, accompagné ou non par des instruments traditionnels. Bon, pour le moment, je n'ai pas pu assister à un spectacle de Melhoun, qui, de toute façon, me serait incompréhensible, d'autant qu'il semble que le Melhoun affectionne particulièrement les archaïsmes, compréhensibles uniquement par les initiés. Toutefois, le Melhoun crée un véritable courant de culture alternative à la culture classique et fait beaucoup de remous car, à partir du Melhoun, un certain nombre d'écrivains se sont penchés sur l'arabe dialectal en tant que langue constituée et commencent à écrire en arabe dialectal. Personnellement, je trouve ce mouvement fascinant, bien qu'il se heurte à quelques difficultés : quel arabe dialectal prendre en compte et comment le graphier, par exemple ? En alphabet arabe, phonétiquement ? Ou en alphabet romain, tout aussi phonétiquement ? Doit-on arrêter une orthographe, dans un cas comme dans l'autre, une syntaxe, etc.

Voilà, voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

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M
De rien, c'est un plaisir : Gallica est une mine pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur l'histoire des idées et la littérature classique, c'est ce pourquoi, quand j'étais étudiante en Lettres, j'étais tout le temps collé dessus. Et ça reste un "ouvrage" de référence, pour moi. ;-)
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A
je ne connaissais pas Gallica merci pour le tuyau
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M
Ah oui ! Pour la littérature française, il y a Gallica, la base de donnée de la bibliothèque nationale qui est pas mal et qui met en ligne énormément d'oeuvres en français, mais encore faut-il qu'elles soient libres de droit, ce qui n'arrive que 70 ou 80 ans après la mort de leur auteur. Donc ce sont surtout des classiques, mais c'est quand même pas mal...
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M
Oui, la bibliothèque de l'institut français est paraît-il très bien fournie. Le fait est que, comme je le disais, je n'aime pas tellement lire des livres empruntés à des organismes de cet ordre, parce que les traces des lectures précédentes (pages cornées, voire le pire, commentaires ou passages soulignés) me troublent.Cependant, j'ai fini par m'y inscrire et je sens que je deviendrais sans doute une habituée...
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A
Salut!<br /> Pour la SF et fantasy, moi, quand j'étais à Casa, j'en trouvais à la bibliothèque pour jeunes du centre culturel français. On y trouvait les cycles les plus connus. Je ne sais pas maintenant. <br /> Là où j'habite c'est le zéro total de ce côté, mais je télécharge, na!<br /> Malheureusement la plupart des livres SF disponibles sur internet sont en anglais.
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