vacances, j'oublie tout !

Publié le par Mel

Je n'ai rien, mais alors, strictement rien à raconter. Pas parce qu'il se passe plein de trucs irracontables, non, justement parce qu'il ne se passe rien. Je suis en vacances comme jamais je ne l'ai été depuis ma petite enfance : avec délice et un sentiment d'éternité. J'aime. J'adore, même. Un exemple ? Ce matin, je me suis réveillée à 11h20. Cela faisait super longtemps qu'une telle chose ne m'était pas arrivée. Je veux dire, d'habitude, je me réveille entre 8 et 9 heures, ce qui déjà constitue une chance en soit, mais une grasse matinée comme celle-là ? Pas le temps. Pas la disponibilité d'esprit pour ça. Ou alors, c'est un réveil brumeux, vaguement nauséeux, la bouche en cendrier d'un lendemain de fête. Tandis que là... Non, j'ai dû m'endormir vers minuit et demi, peut-être une heure du mat',  normal, quoi. J'ai donc dormi plus de 10 heures d'affilé et je me suis réveillée comme un charme. Comme une gosse, en fait.

Et je passe mes journées comme les gosses, aussi. Je lis, je joue, je mange, je regarde le soleil se coucher et je trouve ça beau, je ne m'ennuie pas une seconde, mais si on me demande ce que j'ai fait, je répondrais "rien" et ce sera vrai. Je sais que dans pas longtemps, je vais devoir me repencher sur mon manuscrit, avec sans doute une tonne de corrections à faire, sur les indications de mon éditeur et puis aussi parce qu'il y a des centaines de choses améliorables, mais là... Je ne peux pas. J'ai saturé sur ce texte, je ne suis plus capable de le lire vraiment, aussi n'ais-je qu'à attendre qu'on le fasse pour moi et me permette, par un regard extérieur, de voir mon roman autrement et d'y retravailler. Peut-être, mais ce serait étonnant, mon éditeur en sera-t-il satisfait comme il est, alors il sera temps de passer à autre chose. 20 trucs sur le feu, encore. Des tonnes de projets et puis aussi des trucs pratiques à faire. Passer mon permis. Faire du sport. Apprendre le Darija. Mais là, je suis dans un temps hors du temps, un temps en pointillé, en suspension. J'attend. Sans angoisse, d'ailleurs. Rien de tout cela ne me concerne vraiment, pour le moment. J'ai fait ce que j'ai pu et je ne peux plus rien faire maintenant, donc, je me contente de vivre sans rien entreprendre de nouveau sous peine de risquer ne pas pouvoir tenir mes engagements.

J'ai souvent rêvé d'un temps hors du temps. Un temps sans passé et sans avenir, juste le présent, sans contraintes et sans ambitions. C'est la première fois qu'il m'est donné d'en vivre un. C'est... Exactement comme je me l'imaginais. Parfaitement reposant. Entièrement satisfaisant. Et absolument inintéressant à décrire. Mais dans les rares contraintes que j'accepte encore, il y a celle de vous écrire. C'est là le seul lien avec le monde que je me permets ou quasiment et encore est-il fugace et passe-t-il pas un clavier d'ordinateur qui, autrement, ne me sert qu'à jouer, au tarot, à la belote ou bien aux pokémons. Même pas au poker, trop de tension. Donc voilà. Vous avez droit au récit d'un temps sans intérêt pour vous, mais plein de... vide pour moi. Plein, j'insiste. Rempli comme jamais du simple plaisir d'exister. Là, en ce moment dont la durée ne dépend pas de moi et est donc virtuellement infinie, je suis et c'est tout.

Je ne suis pas pour autant disponible pour d'autres. Mais alors, pas du tout. Je suis d'un égoïsme crasse en ce moment. Je suis aux abonnés absents. Pas envie. C'est mon temps hors du temps à moi, mes vacances. Je ne veux me pencher sur les problèmes de personne, ne compatir à aucune douleur, ne partager aucune joie, rien. Rien de rien : je veux juste exister à ce niveau de conscience basique enfantine d'un moment éternel durant lequel il fait jour ou nuit sans réelle raison d'être, juste comme ça, toujours au présent, sans qu'il y ait d'avant, d'après, simplement un maintenant. A dire vrai, je suis sûre que si j'étais capable de m'en souvenir encore, j'aurais moi-même des tonnes de préoccupations, des questions existentielles à résoudre, ce genre de trucs. Mais ça n'existe pas ici, dans ce moment figé. On verra plus tard, me dis-je comme on pense à un futur tellement lointain et abstrait qu'il constitue une sorte de mythologie du "pas maintenant". Comme on sait qu'on va vieillir et mourir, à 20 ans. Comme on sait que les grandes vacances qui s'étirent devant nos yeux émerveillés vont finir au bout de seulement 2 petits mois, quand on en a 7. Plus tard. Plus tard.

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M
A Hervé : je sais que j'ai de la chance... J'en ai toujours eu !A Sandra : oh, mais j'en profite, crois-moi !A Hugo : Oui, je pourrais sans doute... Ou alors, pas ! ;-)Bisous à tous les 3,
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H
Mélanie,  tu pourrais profiter de tes vacances pour enquèter sur les mauvais résultats du Wydad (le WAC quoi!) qui s'écroule dans le championnat...c'est très inquiétant.
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S
C'est tellement bon de ne RIEN faire, de ne se préoccuper de RIEN ni de personne.T'as bien raison d'en profiter !Ca repose tellement !Bises,
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H
Plus rien à faire du tout... quelle élégance !Et puis un post tout les jours, ça nous maintient en forme, comme quoi la vie n'est pas si moche. Enfin pour ceux qui sont au soleil. Enfin pour ceux qui sont au soleil et qui n'ont pas faim. Enfin pour certains. Enfin zut. T'as de la chance, quoi, un peu de cette insouciance qui nous manque tant, une fois qu'on a passé 7 ans (tiens pourquoi c'est 7 ans ? Et je veux pas entendre que c'est l'âge de raison, ça c'est des ***...)bises
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