Savoir reconnaitre le geek dans toute sa splendeur
Hier soir, alors que nous étions embarqués JMA et moi dans un pseudeo pince-fesse de presque boulot (avec que des collègues de JMA), nous en avons rencontré un que, d'office, immédiatement, j'ai classé dans la catégorie des geeks. Normal : un peu trop rond, dans une chemisette affreuse et légèrement froissée, qui ne te regarde pas tout à fait en face et le regard un peu voilé par un mélange compréhensible de panique et d'ennui, parce qu'il n'a visiblement aucune idée de ce que les conventions sociales exigent de lui, le dos voûté et les lunettes fil de fer, c'est un geek, catégorie informatique / gadget, la première, la vraie, un pur de dur, donc.
Et en fait, non. D'après JMA, même que pas. Bien sûr, il aime bien les gadgets et il a tous les aspects désocialisants du geek, mais il est pas assez bon pour être à juste titre qualifié de geek. Le pauvre homme ! ça, c'est vraiment pas de bol ! Je veux dire, tant qu'à souffrir des désavantages de la condition, autant en avoir les aspects sympathiques, non ?
Et c'est là que, également en rapport avec mon post d'hier sur ma geekitude littéraire, je me suis dit qu'il était temps de mettre à jour son glossaire et de redéfinir le geek.
A la base, le geek est un passionné d'informatique, catégorie AP (analyste-programmeur) qui par principe déteste windows et tout système d'exploitation marchand et passe donc beaucoup de temps à améliorer pour le plaisir le code du freeware, comme le fameux Linux. Souvent, tu peux le surprendre avec un ordi tellement plus gonflé que le tien que tu ne savais même pas que c'était possible (parce que le hardware ne lui fait pas peur, d'ailleurs, il a démonté son premier ordi à 12 ans) et pourtant, il a l'air de s'amuser comme un petit fou sur un truc qui fonctionne avec un écran noir et des commandes bizarres, oui, tu a bien vu, pour certaines choses, le geek te dira toujours qu'il n'y a pas mieux que le DOS, language convivial et sympathique, n'est-ce pas ? Et utile pour installer ou désinstaller les autres systèmes d'exploitation. Le geek catégorie informatique a généralement partitionné son (ses) disques(s) dur(s) et installé deux systèmes d'exploitation différents, d'ailleurs, rien que pour les fonctionnalités qui ne sont pas les mêmes. Parfois, il est également un peu parano et n'accepte pas de discuter avec quiconque n'utilise pas une clée de cryptage super méga puissante qui n'existe pas dans la vraie vie, même pour les transactions commerciales tels que les transferts d'argent sur Internet... Qu'il trouve de toute façon scandaleusement pas sécurisés, vu que quelqu'un de déterminé pourrait en casser la clée de cryptage en moins d'un mois (ce qui, au vu du nombre de transactions, est largement suffisant pour assurer la sécurité, mais bon...), alors que la sienne, il faudrait au moins deux ans à une trentaine de machines en réseau.
J'ai l'air de caricaturer ? Non, ils existent, les geeks sont parmis nous ! Mais les férus d'informatique à la conversation incompréhensible qui ne savent pas reconnaître une fille quand ils en voient une, le visage bronzé à l'écran vert et le t-shirt moisi qu'avait acheté maman pour leur 15 ans ne sont plus les seuls, et de loin, à avoir gagné leurs galons de noblesse geek. Les catégories annexes fleurissent. Pourquoi ?
A la base, comme il était difficile de trouver un sujet de conversation avec les vrais geeks, dont la langue avait évolué au-delà de ce qui est normalement acceptable par l'ensemble d'une population raisonnablement attachée à la communication inter-individuelle, certains enthropologues courageux (collègues, petites amies désespérées et égarées dans la Voie du Mal) ont cherché à déterminer s'il était possible, en dehors de l'informatique, de discuter de quelques trucs avec des geeks. Et on a trouvé des sujets. Abscons, étranges, mais malgré tout, quelques sujets qui peuvent distraire le geek de son obsession pour au moins 5 minutes.
Dans la catégorie "sujets intéressants quoique pas informatique (encore que... parfois ça dérape) que le geek veut bien aborder", on a trouvé :
- Star Treck (il arrive souvent que le geek soit également trekki, oui, madame)
- le jeu de rôle (parfois, le jeu de rôle vidéo, mais dans ce cas-là, tu peux être sûr qu'il parle d'un truc que personne ne connaît et qu'il développe avec quelques copains sur son temps libre)
- les CCG (on reconnaît le geek à ce qu'il a au moins un piano remplit de cartes Magic (si, jen connais un comme ça !))
- la fantasy (de Tolkien à tout un tas de trucs plus zarb')
- Et récemment, l'anime/manga.
Du coup, certains observateurs naïfs ont crus que les gens dont ils ne pouvaient comprendre la conversation, qui portaient un t-shirt moisi datant de leurs 15 ans et qui visiblement étaient passionés de Star Treck / JdR / CCG / jeux vidéos / fantasy / anime étaient des geeks purs et durs. Et c'est ainsi que les catégories de geekitude connexes se sont créées.
Déjà, une petite information sémantique qui vaut son pesan de cacahouètes, le terme "geek", déformé de son usage initial et agrandi hors de proportion, a une résistance tout à fait hors-norme. Ben oui, normalement, le fan inquiétant de Star-Treck, celui qui connait toutes les répliques de tous les épisodes, on est censé l'apeller Trekki. De même, le fan d'anime/manga qui n'a jamais vu de vraies filles à poils autrement que dans des programmes d'habillage de poupées sur ordi, celui qui rêve d'avoir une fille à la place de la main droite (si, un anime traite de ce thème, si, si !), est sensé s'appeler Otaku... Mais pour le commun des mortels, ce sont des geeks.
Alors, au final, qu'est-ce que le geek, toutes catégories confondues ? Le problème est d'autant plus compliqué que, jusqu'il y a peu, on pensait que le geek ne pouvait être que mâle, parce qu'il semblait évident (dans la mesure où sa nature de geek se dévoile à l'adolescence, au moment de la montée d'hormones) qu'il s'agissait d'un trouble hormonal et/ou de personalité impliquant que l'ensemble de l'énergie sexuelle de l'individu se perdait dans des activités absolument non sexuelles telles que le démontage d'ordi accompagné du petit rire hystérique lié au premier orgasme ou le "fragage" des copains dans un jeu ultra-violent en réseau. Le geek ne remarquait pas les filles, ne les comprenait pas et d'ailleurs, n'envisageait pas vraiment qu'elles puissent faire partie du même monde, à moins qu'elle ne soit capable de parler le même language qu'eux, ce qui n'arrivait jamais, ce qui fait qu'il ne cherchait plus. De toute façon, il leur semblait a priori que draguer une fille était un processus complexe et incertain, tandis que créer un nouveau code, monter son perso niveau 70 dans tel ou tel jeu sur Internet en le spécialisant dans la sulpture sur cordes tressées apportait une satisfaction aisément quantifiable (sic !).
Or, on n'avait pas remarqué que cette manière pour le moins étrange de "sublimer" les pulsions sexuelles fut le moins du monde féminine. Et on avait raison, en fait. Parce que LE fille (oui, LE, je crois qu'on aura largement compris qu'au regard du geek, LE fille est une espèce différente) ne fonctionne pas comme ça. Pas tout à fait. Mais ça l'empêche pas d'être une geek comme les autres. Ben non. Puisque le terme a été étendu.
Désormais, on apelle geek toute personne dont la passion pour un sujet abscond dépasse la norme et devient légèrement inquiétante. Celui qui, par exemple, est susceptible de trouver le titre, l'interprète, l'année de sortie, le nombre d'épisodes, d'une BO d'anime à sa première note. Celui qui ne peut s'empêcher de te parler de sa dernière campagne de jeu de rôle où il était un nain psychopathe et défoncé à l'héro dans un monde post-apo dans lequel son animal de compagnie était une chimère verte qui, quand elle devenait bleue, explosait et couvrait le monde de couleurs, pendant qu'il criait yehhh et tapait tout un chacun avec sa grosse épée. Personne ne voyait vraiment sa chimère, mais lui savait qu'en fait, c'était le Dieu de la Guerre qui lui parlait à travers elle. Mouais. Normalement, à la fin du récit des aventures d'un geek quel qu'il soit et quelque soit son monde de prédilection, un être humain normalement constitué n'a qu'une envie, s'enfuir en courant et prier de ne jamais le rencontrer dans une rue sombre à minuit passé. Mais souvent, il a tort.
Parce que le geek est très souvent inoffensif. C'est avant tout, on l'aura compris, un passioné. Il peut être donc chiant comme la mort avec ses obsessions diverses, mais son incapacité latente à interagir avec le monde le coupe également de toute pulsion violente dans la vraie vie : dans sa tête, il a combattu des dragons, c'est pas pour vous fouttre une branlée qu'il vit. D'ailleurs, il a pas la musculature nécessaire. Il est soit tout maigre et vouté, genre vraiment gringalet, soit un peu trop mou et gras, dépendant de sa nature intrinsèque plus que de son régime alimentaire qui est, invariablement, composé de frites, coca et pizzas. Ainsi, selon un geek de ma connaissance, un repas équilibré est composé de jaune, rouge et vert. Ce qui rend la barre de pâte d'amande irrésistible, si l'on y réfléchit, vu qu'elle est composée des trois couleurs et donc constitue un repas parfaitement sain (sic !).
Le geek est, pour qui se penche sur le sujet, plutôt attendrissant de naïveté pour tout ce qui ne touche pas à sa passion. En général, il est relativement incapable de juger des gens (qu'il ne classe qu'entre gens sympas (d'autres geeks) et les autres (qu'ils soient mères de famille, prêtre ou serial killer ne fait pas grande différence)) et se montre donc étonnament tolérant et plutôt gentils.
Le geek est particulièrement attachant (mais c'est un piège) juste avant le moment où il devient chiant comme la mort, c'est à dire cet instant magique où vous le voyez se redresser, la truffe humide et l'oeil alerte, les mains qui s'agitent, le rire maniaque : dans deux secondes, le geek va vous expliquer la vie... Et ça va être votre fête. Il va tenter d'expliquer à votre mère comment booster son ordi qu'il a déjà fallu que vous lui installiez, et la brave femme, qui ne sait pas taper un courrier sous Word et n'a toujours pas compris comment fonctionnait Outlook va soudainement vouloir, ou fuir en courrant (vous êtes sauvés), ou que vous lui installiez le dernier programme en free-ware développé par des canadiens qui permet de sécuriser ses données de telles manière que le Gouvernement et les Extra-terrestres ne violent pas sa vie privée. Et là, c'est la galère, parce qu'il ne marche que sous Linux, ce qui ne semble pas un problème à votre pote que vous commencez à détester, mais que votre chère maman ne comprendra absolument pas et dans deux ans, lors de vos réunions de famille, elle vous en parlera encore. Il va commencer à vous expliquer les qualités comparées des figurines de chez tel et tel fabricant pour la réalisation d'une armée d'orcs ou bien de la DAK (Deutch Afrikan Korps) pendant la middle WWII. Il va (si, si ! ça arrive, pauvres de vous !) vous interroger sur votre opinion argumentée concernant les avantages comparés du système D20 pour ADD ou de la V3. Puis, une fois qu'il aura compris (après seulement deux ou trois heures) qu'il a perdu son public, il retombera dans son apathie.
Bref, je me rends compte que le sujet est tellement énorme qu'il m'y faudra des pages et des pages pour bien vous faire comprendre la nature du geek et l'on y reviendra (oui, c'est là que vous reconnaissez que, moi aussi, j'en suis une : ça fait deux heures que vous lisez un post débile et abscon... Cherchez bien, oui vous avez tous les éléments en main, j'ai dû, moi aussi, avoir la truffe humide et l'oeil brillant, un petit rire maniaque aux lèvres.). Or donc, je retombe dans mon apathie.
Et en fait, non. D'après JMA, même que pas. Bien sûr, il aime bien les gadgets et il a tous les aspects désocialisants du geek, mais il est pas assez bon pour être à juste titre qualifié de geek. Le pauvre homme ! ça, c'est vraiment pas de bol ! Je veux dire, tant qu'à souffrir des désavantages de la condition, autant en avoir les aspects sympathiques, non ?
Et c'est là que, également en rapport avec mon post d'hier sur ma geekitude littéraire, je me suis dit qu'il était temps de mettre à jour son glossaire et de redéfinir le geek.
A la base, le geek est un passionné d'informatique, catégorie AP (analyste-programmeur) qui par principe déteste windows et tout système d'exploitation marchand et passe donc beaucoup de temps à améliorer pour le plaisir le code du freeware, comme le fameux Linux. Souvent, tu peux le surprendre avec un ordi tellement plus gonflé que le tien que tu ne savais même pas que c'était possible (parce que le hardware ne lui fait pas peur, d'ailleurs, il a démonté son premier ordi à 12 ans) et pourtant, il a l'air de s'amuser comme un petit fou sur un truc qui fonctionne avec un écran noir et des commandes bizarres, oui, tu a bien vu, pour certaines choses, le geek te dira toujours qu'il n'y a pas mieux que le DOS, language convivial et sympathique, n'est-ce pas ? Et utile pour installer ou désinstaller les autres systèmes d'exploitation. Le geek catégorie informatique a généralement partitionné son (ses) disques(s) dur(s) et installé deux systèmes d'exploitation différents, d'ailleurs, rien que pour les fonctionnalités qui ne sont pas les mêmes. Parfois, il est également un peu parano et n'accepte pas de discuter avec quiconque n'utilise pas une clée de cryptage super méga puissante qui n'existe pas dans la vraie vie, même pour les transactions commerciales tels que les transferts d'argent sur Internet... Qu'il trouve de toute façon scandaleusement pas sécurisés, vu que quelqu'un de déterminé pourrait en casser la clée de cryptage en moins d'un mois (ce qui, au vu du nombre de transactions, est largement suffisant pour assurer la sécurité, mais bon...), alors que la sienne, il faudrait au moins deux ans à une trentaine de machines en réseau.
J'ai l'air de caricaturer ? Non, ils existent, les geeks sont parmis nous ! Mais les férus d'informatique à la conversation incompréhensible qui ne savent pas reconnaître une fille quand ils en voient une, le visage bronzé à l'écran vert et le t-shirt moisi qu'avait acheté maman pour leur 15 ans ne sont plus les seuls, et de loin, à avoir gagné leurs galons de noblesse geek. Les catégories annexes fleurissent. Pourquoi ?
A la base, comme il était difficile de trouver un sujet de conversation avec les vrais geeks, dont la langue avait évolué au-delà de ce qui est normalement acceptable par l'ensemble d'une population raisonnablement attachée à la communication inter-individuelle, certains enthropologues courageux (collègues, petites amies désespérées et égarées dans la Voie du Mal) ont cherché à déterminer s'il était possible, en dehors de l'informatique, de discuter de quelques trucs avec des geeks. Et on a trouvé des sujets. Abscons, étranges, mais malgré tout, quelques sujets qui peuvent distraire le geek de son obsession pour au moins 5 minutes.
Dans la catégorie "sujets intéressants quoique pas informatique (encore que... parfois ça dérape) que le geek veut bien aborder", on a trouvé :
- Star Treck (il arrive souvent que le geek soit également trekki, oui, madame)
- le jeu de rôle (parfois, le jeu de rôle vidéo, mais dans ce cas-là, tu peux être sûr qu'il parle d'un truc que personne ne connaît et qu'il développe avec quelques copains sur son temps libre)
- les CCG (on reconnaît le geek à ce qu'il a au moins un piano remplit de cartes Magic (si, jen connais un comme ça !))
- la fantasy (de Tolkien à tout un tas de trucs plus zarb')
- Et récemment, l'anime/manga.
Du coup, certains observateurs naïfs ont crus que les gens dont ils ne pouvaient comprendre la conversation, qui portaient un t-shirt moisi datant de leurs 15 ans et qui visiblement étaient passionés de Star Treck / JdR / CCG / jeux vidéos / fantasy / anime étaient des geeks purs et durs. Et c'est ainsi que les catégories de geekitude connexes se sont créées.
Déjà, une petite information sémantique qui vaut son pesan de cacahouètes, le terme "geek", déformé de son usage initial et agrandi hors de proportion, a une résistance tout à fait hors-norme. Ben oui, normalement, le fan inquiétant de Star-Treck, celui qui connait toutes les répliques de tous les épisodes, on est censé l'apeller Trekki. De même, le fan d'anime/manga qui n'a jamais vu de vraies filles à poils autrement que dans des programmes d'habillage de poupées sur ordi, celui qui rêve d'avoir une fille à la place de la main droite (si, un anime traite de ce thème, si, si !), est sensé s'appeler Otaku... Mais pour le commun des mortels, ce sont des geeks.
Alors, au final, qu'est-ce que le geek, toutes catégories confondues ? Le problème est d'autant plus compliqué que, jusqu'il y a peu, on pensait que le geek ne pouvait être que mâle, parce qu'il semblait évident (dans la mesure où sa nature de geek se dévoile à l'adolescence, au moment de la montée d'hormones) qu'il s'agissait d'un trouble hormonal et/ou de personalité impliquant que l'ensemble de l'énergie sexuelle de l'individu se perdait dans des activités absolument non sexuelles telles que le démontage d'ordi accompagné du petit rire hystérique lié au premier orgasme ou le "fragage" des copains dans un jeu ultra-violent en réseau. Le geek ne remarquait pas les filles, ne les comprenait pas et d'ailleurs, n'envisageait pas vraiment qu'elles puissent faire partie du même monde, à moins qu'elle ne soit capable de parler le même language qu'eux, ce qui n'arrivait jamais, ce qui fait qu'il ne cherchait plus. De toute façon, il leur semblait a priori que draguer une fille était un processus complexe et incertain, tandis que créer un nouveau code, monter son perso niveau 70 dans tel ou tel jeu sur Internet en le spécialisant dans la sulpture sur cordes tressées apportait une satisfaction aisément quantifiable (sic !).
Or, on n'avait pas remarqué que cette manière pour le moins étrange de "sublimer" les pulsions sexuelles fut le moins du monde féminine. Et on avait raison, en fait. Parce que LE fille (oui, LE, je crois qu'on aura largement compris qu'au regard du geek, LE fille est une espèce différente) ne fonctionne pas comme ça. Pas tout à fait. Mais ça l'empêche pas d'être une geek comme les autres. Ben non. Puisque le terme a été étendu.
Désormais, on apelle geek toute personne dont la passion pour un sujet abscond dépasse la norme et devient légèrement inquiétante. Celui qui, par exemple, est susceptible de trouver le titre, l'interprète, l'année de sortie, le nombre d'épisodes, d'une BO d'anime à sa première note. Celui qui ne peut s'empêcher de te parler de sa dernière campagne de jeu de rôle où il était un nain psychopathe et défoncé à l'héro dans un monde post-apo dans lequel son animal de compagnie était une chimère verte qui, quand elle devenait bleue, explosait et couvrait le monde de couleurs, pendant qu'il criait yehhh et tapait tout un chacun avec sa grosse épée. Personne ne voyait vraiment sa chimère, mais lui savait qu'en fait, c'était le Dieu de la Guerre qui lui parlait à travers elle. Mouais. Normalement, à la fin du récit des aventures d'un geek quel qu'il soit et quelque soit son monde de prédilection, un être humain normalement constitué n'a qu'une envie, s'enfuir en courant et prier de ne jamais le rencontrer dans une rue sombre à minuit passé. Mais souvent, il a tort.
Parce que le geek est très souvent inoffensif. C'est avant tout, on l'aura compris, un passioné. Il peut être donc chiant comme la mort avec ses obsessions diverses, mais son incapacité latente à interagir avec le monde le coupe également de toute pulsion violente dans la vraie vie : dans sa tête, il a combattu des dragons, c'est pas pour vous fouttre une branlée qu'il vit. D'ailleurs, il a pas la musculature nécessaire. Il est soit tout maigre et vouté, genre vraiment gringalet, soit un peu trop mou et gras, dépendant de sa nature intrinsèque plus que de son régime alimentaire qui est, invariablement, composé de frites, coca et pizzas. Ainsi, selon un geek de ma connaissance, un repas équilibré est composé de jaune, rouge et vert. Ce qui rend la barre de pâte d'amande irrésistible, si l'on y réfléchit, vu qu'elle est composée des trois couleurs et donc constitue un repas parfaitement sain (sic !).
Le geek est, pour qui se penche sur le sujet, plutôt attendrissant de naïveté pour tout ce qui ne touche pas à sa passion. En général, il est relativement incapable de juger des gens (qu'il ne classe qu'entre gens sympas (d'autres geeks) et les autres (qu'ils soient mères de famille, prêtre ou serial killer ne fait pas grande différence)) et se montre donc étonnament tolérant et plutôt gentils.
Le geek est particulièrement attachant (mais c'est un piège) juste avant le moment où il devient chiant comme la mort, c'est à dire cet instant magique où vous le voyez se redresser, la truffe humide et l'oeil alerte, les mains qui s'agitent, le rire maniaque : dans deux secondes, le geek va vous expliquer la vie... Et ça va être votre fête. Il va tenter d'expliquer à votre mère comment booster son ordi qu'il a déjà fallu que vous lui installiez, et la brave femme, qui ne sait pas taper un courrier sous Word et n'a toujours pas compris comment fonctionnait Outlook va soudainement vouloir, ou fuir en courrant (vous êtes sauvés), ou que vous lui installiez le dernier programme en free-ware développé par des canadiens qui permet de sécuriser ses données de telles manière que le Gouvernement et les Extra-terrestres ne violent pas sa vie privée. Et là, c'est la galère, parce qu'il ne marche que sous Linux, ce qui ne semble pas un problème à votre pote que vous commencez à détester, mais que votre chère maman ne comprendra absolument pas et dans deux ans, lors de vos réunions de famille, elle vous en parlera encore. Il va commencer à vous expliquer les qualités comparées des figurines de chez tel et tel fabricant pour la réalisation d'une armée d'orcs ou bien de la DAK (Deutch Afrikan Korps) pendant la middle WWII. Il va (si, si ! ça arrive, pauvres de vous !) vous interroger sur votre opinion argumentée concernant les avantages comparés du système D20 pour ADD ou de la V3. Puis, une fois qu'il aura compris (après seulement deux ou trois heures) qu'il a perdu son public, il retombera dans son apathie.
Bref, je me rends compte que le sujet est tellement énorme qu'il m'y faudra des pages et des pages pour bien vous faire comprendre la nature du geek et l'on y reviendra (oui, c'est là que vous reconnaissez que, moi aussi, j'en suis une : ça fait deux heures que vous lisez un post débile et abscon... Cherchez bien, oui vous avez tous les éléments en main, j'ai dû, moi aussi, avoir la truffe humide et l'oeil brillant, un petit rire maniaque aux lèvres.). Or donc, je retombe dans mon apathie.
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