Merry christmas, Mr Lawrence

Publié le par Mel

En ce moment, je passe mon temps à regarder des films. Cela a commencé parce que j'étais malade et que je n'avais pas trois neuronnes à moi pour faire quoi que ce soit d'autre que gémir au fond de mon lit et depuis, je ne sais pas trop. Une sorte de transe comme il m'en arrive parfois, l'envie de poursuivre et de continuer encore. Il ne s'agit pas là de nouveaux films, je n'en ai pas récupéré depuis bien longtemps ou en tout cas très peu et je n'ai pas la télé. Non, des vieux films, ceux que j'ai en DVD, j'en ai peut-être un peu moins ou bien un peu plus de 200.

D'entre eux, j'ai commencé à regarder les plus légers, ceux à même de me distraire. Puis ceux que j'appréciais le plus ces dernières années, pour une raison ou une autre. Du coup, ce sont essentiellement des films relativement récents, ceux dont je me souvenais le mieux et en même temps que j'aurais toujours plaisir à revoir pour retrouver des détails qui m'ont marqués dans la manière dont ils sont filmés par exemple. Puis j'ai commencé à revoir ceux que j'avais oublié ou bien alors ceux que, au contraire, j'avais vu si souvent qu'il me semblait m'en souvenir parfaitement et pourtant... J'y ai redécouvert des merveilles, évidemment.

Enfin, d'entre tous mes films, il en est certains que j'adore mais que je ne voulais pas revoir, parce que le sentiment qu'ils provoquaient en moi était trop fort. Mais ceux-là aussi, je me suis mise à les re-regarder, récemment.

C'est fou, ça, j'adore relire les livres, j'adore re-regarder les films, j'adore retrouver la saveur de ce qui m'a marqué, pensais-je. Mais en réalité,  et n'est-ce pas vraiment étonnant comme processus ? En général, je ne relis pas les meilleurs livres, ni ne revois les meilleurs films. Je relis et revois en tout premier lieu ce qui peut m'empêcher de penser, car en les relisant ou en les revoyant, je sais à quoi m'attendre et cela me réconforte. Je ne veux pas retrouver mes émotions de lecture ou de visionnage les plus fortes. Je veux juste éprouver du réconfort par le sentiment de déjà-vu. Pour les émotions fortes, je veux du neuf.

Oh ! Je peux relire un livre dont la technique d'écriture m'a émerveillé, ou bien dont l'histoire m'a scotché. De même, je peux revoir autant de fois que je le souhaite et même plusieurs fois d'affilé tous les films dont la réalisation, la photo, le montage ou bien l'intrigue m'ont fasciné. Ce ne sont pas ces oeuvres-là qui sont les plus négligées de ma médiathèque.

Non, il en est d'autres que pour rien au monde, je ne me priverais d'avoir et que pourtant, je supporte mal de revoir ou relire. Ce sont ceux qui, pour une raison pas tellement justifiable, (ils ne sont ni vraiment meilleurs que tous les autres que j'aime ni évidemment pires) m'ont vraiment frappés. Ceux qui me feront toujours pleurer, par exemple. Ceux qui, en sus d'en appeler à mon sens esthétique, en appellent à ma nature profonde.

Il en est un, entre autres, que j'ai dû voir sans le vouloir des centaines de fois, parce que c'est un grand classique. A chaque fois, je le vois à la télé (j'étais trop jeune quand il est sorti pour avoir jamais eu la chance de le voir au cinéma), je veux zapper, mais je ne peux pas, parce qu'il s'impose à moi.
 
Là, aujourd'hui, prise dans ma transe de visionnage, je l'avais sous la main et je me suis dit, pourquoi pas ? C'est un bon film, je le sais. Je l'ai déjà vu des centaines de fois et je ne m'en lasse pas, même si, étrangement, je n'ai pas vraiment envie de le revoir.

Alors je l'ai revu, ce film. Avec un peu de répugnance au début. Et puis avec fascination, évidemment. Ce n'est pas le plus beau que j'ai jamais regardé, ni même l'histoire la plus émouvante que je connaisse. Oh ! Ce n'est pas un hasard, si c'est un grand classique. Il est magnifique, la musique est somptueuse et l'histoire est sublime. Mais des histoires sublimes, il y en a d'autres. Pourquoi celui-là me fait-il pleurer à chaque fois ? Pourquoi, surtout, provoque-t-il en moi cette étrange nostalgie de quelque chose que je ne crois pas réellement comprendre et que je sais ne pas connaître ?

Je ne sais pas. Vraiment, je ne sais pas. Seulement, il correspond à quelque chose en moi, voilà. Ce film, c'est Furyo. Et son titre original, c'est Merry Christmas, Mr Lawrence. Son titre original est meilleur à mon sens.
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