D'un blog qu'il est tellement génial que ce mot en est presque réinventé

Publié le par Mel

D'habitude, quand je poste deux messages dans une journée, je décoche la petite case qui prévient mes abonnés des nouveautés, histoire de ne pas encombrer vos boites mail. Là non, parce que quand on fait une découverte fondamentale, on veut que d'autres en profitent, tout de suite, le plus vite possible.

Sur la page d'accueil d'over-blog, où je vais pour me connecter et vous raconter mes petites chroniques, il y a régulièrement des news, et aujourd'hui, mon regard a été attiré par un concours littéraire organisé sur Internet, destiné à récompenser les meilleurs blogs littéraires, graphiques, etc.

Distraitement, je clique sur un des liens en référence, en attendant que mon interface d'administration s'affiche. Et là, je tombe sur http://police.etc.over-blog.net/, autrement dit Police, le blog d'un flic.

Je ne sais pas très bien décrire ce que ce site a provoqué en moi. C'est un comble pour une ex critique littéraire : j'en suis sans voix. L'auteure décrit des scènes de son travail, des instants de vies fracassées et livrées impuissantes au voyeurisme nécessairement clinique et pourtant humain des flics, la mort, l'horreur et puis aussi les rires, la culpabilité, la ténacité, la beauté, la tristesse, tout ce que l'humanité a de dégueulasse et d'émouvant. C'est dur, très dur, c'est un coup de poing à chaque fois. J'en ai lu certaines chroniques à JMA et nous étions tous deux les larmes au bord des cils et le coeur au bord des lèvres. J'ai une admiration infinie pour cette femme qui peut livrer avec tant de beauté formelle les pires horreurs, qui écrit si parfaitement, dont le talent et l'humanité éclate à chaque message.

Son blog a d'ailleurs été remarqué, non seulement par et pour ce concours, mais également avant, par la presse qui, pour une fois, et je suis bien placée pour le dire, aura servie son propos et aura amené un éditeur à s'intéresser à son écriture incroyable. Un livre paraîtra en mars, j'espère que je pourrais l'acheter à mon passage en France, mais sinon, je le commanderais parce que ce livre, je ne m'en passerais pour rien au monde.

Des découvertes comme ça, on n'en fait qu'une fois par décennie, et encore. C'est précieux, émouvant, choquant, étourdissant, enthousiasmant et en même temps ça fait mal d'être fascinée par l'horreur. Peut-être bien que je suis une "voyeuse" moi aussi, comme celle qu'elle décrit pétrifiée sur une scène de tragédie, deux enfants à la main.

Et en même temps, je m'interroge : est-ce que livre pourra être suivi d'autres ? Je ne sais pas, je ne crois pas qu'une telle dose de réalité soit supportable à répétition. D'ailleurs, elle-même saura-t-elle y résister, garder son humanité ? Un tel talent littéraire peut-il ne servir qu'à ça ? Un seul livre, parce que d'autres dans la même veine serait en déprécier la force... Ecrira-t-elle autre chose ? sera-ce aussi fort si elle se décide à écrire encore ? Doit-elle continuer, arrêter, je ne sais pas, je ne sais plus rien devant tant de talent, je ne comprends plus ce qu'écrire peut signifier quand on écrit cela et que c'est la réalité. Mais je suivrais, autant que je le peux d'où je suis, ses pas, son blog, ses livres et ce qu'elle veut bien livrer de ses réflexions.

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M
Voui, c'est ça, mais pas seulement ça, car elle sait comment transmettre ces scènes sans haine et avec beaucoup d'humanité. Elle donne le sentiment d'une empathie sans limite, et ce qu'il en ressort, ce n'est pas seulement l'ordure, mais aussi la faiblesse, le pathétique, l'émouvant, l'inimaginable de la condition humaine. C'est bien moins et bien plus glauque à la fois. Si elle racontait par exemple l'histoire de l'infanticide avec haine, ce qui pourrait se comprendre, nous ne nous retrouverions pas obligé de nous poser la question du pourquoi ? qui nous torture bien des heures après la lecture. Pourquoi cette femme a-t-elle fait cela ? Aurions-nous été capable de nous en rendre compte, ou serions-nous tombé dans le panneau comme ses voisins, comme ses amis ? Mais surtout, comment est-ce imaginable. Les monstres, cela devrait être reconnaissables, les monstres, cela devrait être les autres, pas nous. Et ce qu'elle décrit, ce n'est pas que l'ordure humaine, c'est l'humanité en général, c'est nous. Et ça fait flipper, parce qu'elle voit tous les jours le pire de nous et qu'elle donne malgré tout l'impression de nous aimer.
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J
En faisant mon jogging tout à l'heure, j'ai trouvé la phrase qui résume ma pensée concernant ce blog; elle est de Balzac (à propos de Vautrin) : "Ces trois grands connaisseurs de l'ordure humaine: le notaire, le policier et la putain"
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J
Je viens de le regarder, effectivement c'est un blog hors du commun; et avec un vrai talent de plume;<br /> Merci Mélanie pour ce cadeau, je le rentre dans mes favoris.<br /> Je vais contacter l'auteur (e) pour la féliciter.<br /> Bises... Il fait encore assez froid et on a eu le Ziposhow ce WE, ça s'est bien passé.
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M
Croyez bien que j'en serais honorée.<br /> Bon courage et avec toute mon admiration,<br /> Mel
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L
Merci Mélanie !!Merci...Je vous ai posté un petit mail.Peut-être à un de ces jours à Paris :o)Amitiés ++
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