Un blog pour les amener tous et dans l'amitié les lier...

Publié le par Mel

Et pourtant, je deviens négligente. Je n'entretiens plus ce blog autant que je le devrais. Pas que je sois du genre à fermer ma gueule, à bon ou mauvais escient. Mais je ne sais pas, y'a des moments où. Peut-être aussi l'utilité de ce site est-elle en train de disparaître doucement. D'une certaine façon, écrire au jour le jour ici servait à garder le contact avec mes racines lointaines, faire le lien entre hier et demain, ici et là-bas, via mes amis et copains laissés derrière moi à qui il s'adressait principalement, via les gens que j'ai rencontré grâce à lui. Au bout d'un an et demi, ceux que l'on devait perdre, du fait de la distance, sont perdus. Ceux qui ont voulu rester sont là, toujours, mais pas tant grâce au blog que parce que l'amitié, la vraie, ne s'occupe pas de frontières. Et maintenant que ma vie est fermement ancrée ici, je n'ai peut-être plus autant besoin de garder un lien avec mes racines françaises. Je continue donc, dès que j'ai une idée, dès que j'y pense (parce que désormais j'oubie assez souvent) à écrire ici par habitude et par un étrange sens du devoir qui m'est imposé par les gens qui me contactent au hasard pour un renseignement ou des échanges sur mon pays d'accueil, par les quelques copains qui me disent apprécier ces posts parfois drôles et parce que j'en ai pris l'engagement et que je n'aime pas rompre mes promesses. Mais ce n'est plus souvent drôle, non que ma vie le soit moins, simplement, lorsqu'une annecdote amusante m'arrive, je n'ai plus nécessairement le réflexe de la partager ici. Et puis, sans doute, je n'ai plus non plus le sentiment de décallage que j'avais au départ, qui rendait tout rafraichissant et amusant.

Alors aujourd'hui, je vais évoquer avec vous cette intégration et ce qu'elle implique. Ce n'est pas drôle, mais ce n'est en aucun cas triste non plus. C'est juste différent de ce à quoi on s'attendait. Car en fait, on ne s'attendait pas vraiment à grand chose. Vous savez comment c'est ? On sait que les choses vont changer, mais comme on ne sait pas en quoi, comment ou pourquoi, on ne sait pas les prévoir, ces changements et ils nous prennent par surprise, comme si tout, toujours, devait rester pareil.

S'intégrer ici, quand on est français, est à la fois plus simple et plus compliqué qu'on ne le croit au départ. Simple, parce que tout ici est relativement aisé : les rapports humains, la vie quotidienne, le luxe facilement abordable qu'offre ce pays. Compliqué parce que nous ne serons jamais marocains. C'est impossible légalement et, en ce qui nous concerne, nous les immigrés de la première génération, c'est tout à fait justifié, car notre état d'esprit est finalement bien éloigné de celui du Royaume. Voilà, déjà c'est un royaume. Musulman, même si tout à fait tolérant. Ces deux notions, bien qu'à première vue assez éloignées du quotidien (et de fait, elles le sont pour nous et nous n'avons à souffrir ni de l'une, ni de l'autre), sont fondamentalement étrangères à notre mentalité. Nous sommes français, c'est à dire culturellement formatés à l'aune de la République (qui change doucement de nature, malheureusement) et de la laïcité (cela aussi est remis en cause, désormais. Quelle tristesse !). C'est sans regret aucun que j'ai quitté la France pour ce pays et que j'y fais ma vie, maintenant. Pourtant, je reste enfant de ces notions profondément enracinées en moi et qui, ici, n'ont non seulement pas cours, mais en prime, ne sont même pas pertinentes. Et du coup, je porte en moi ce très léger décallage que rien ne pourra jamais combler. Et puis, il y a l'incertitude, évidemment. Et si jamais... Et si jamais les rapports entre la France et le Maroc dégénéraient ? Quelle serait notre place ? Et si jamais le contexte économique changeait radicalement ? La préférence nationale s'appliquera toujours en notre défaveur. Bref, vivre ici, oui. S'intégrer... Jamais vraiment, malheureusement. Mais c'est bien ainsi, aussi. J'apprécie de vivre un peu en retrait de mes valeurs et de mon pays. Un petit côté "citoyen du monde" qui est sexy, je suppose et en tout cas, me permets de me couper de ce qui me déplait pour ne prendre que le meilleur... En espérant ne pas abuser de la situation et rendre au Maroc au moins autant que je lui prends à y vivre.

Mais si nous avions des enfants, (hypothèse à laquelle nous réfléchissons sérieusement), JMA m'a fait remarqué qu'ils ne seraient pas marocains non plus et que, pourtant, très vraisemblablement, leurs racines à eux seraient ici. Ce pays, qui ne serait pas le leur et dont pourtant, ils auraient la culture et les souvenirs formateurs d'enfance, ce pays pourrait bien un jour leur être fermé ou hostile, au gré des circonstances. Et je me prends à penser aux harkis algériens, exilés en France sur un concept, malheureux car inadaptés là et ailleurs. J'espère bien entendu qu'il n'en sera pas ainsi et que nos enfants, plus que nous encore, (française fille d'un anglais, née en Allemagne et vivant au Maroc, français d'origine espagnole dont la mère, la soeur et la nièce habitent au Chili et vivant au Maroc), seront encore plus que nous enfants du monde, à l'aise partout et partout chez eux. Mais je sais trop bien pourtant que, par delà cette idée reste la vérité, nous sommes avant tout français et nos enfants ne le seront que de nom. Hors de question de les élever dans le mythe d'une France lointaine qu'ils ne connaitront qu'aux vacances, et encore. Leur réalité, leur modèle de base sera ici. Bien entendu, nous ferons tout pour leur donner le maximum de chances, ils iront à la mission, qu'elle soit espagnole ou américaine, peut-être même française, qui sait ? Tout pour qu'ils fassent leurs études là où ils le souhaiteront, là où ils auront le plus de possibilités. Ils parleront plusieurs langues et le français aussi bien que nous. Ils parleront l'arabe mieux que nous, évidemment. Ils parleront l'arabe suffisament bien pour comprendre des jokes que nous ne saisiront que partiellement. Ils le parleront sans accent, avec naturel quand pour nous, ce sera toujours étranger, difficile à prononcer, avec des phonèmes que nous n'entendons qu'à grand peine. Quelle sera leur langue maternelle ? Le français, qu'ils parleront avec nous, le Darija, qu'ils parleront avec leur nounou et leurs copains, dans la rue, partout, l'espagnol ou l'anglais, qu'ils parleront à l'école ? Pourront-ils lire l'arabe classique avec plaisir ? Quelle sera leur langue de coeur, celle avec laquelle on s'exprime naturellement quand on a peur, qu'on a mal, qu'on a de la fièvre et qu'on voudrait se fondre, une fois encore, dans les bras de maman, comme quand on était petits ? On verra bien, de toute façon, rien n'est écrit dans le marbre, surtout pour des enfants pas encore nés et qui ont bien le temps avant d'être autre chose qu'une rêverie vague et lointaine.

Mais d'une certaine manière, réfléchir ainsi à l'avenir d'enfants hypothétiques, quand on est en train de s'endetter sur 25 ans pour acheter un appartement assez grand pour héberger une famille dans un pays qui n'est pas le sien mais que l'on aime, répond à la question de l'utilité de ce blog. Quoi qu'il en soit de demain, notre vie, nous la voyons ici, maintenant. Et que peut-être, un jour, nous soyons obligés de réviser nos plans ou que, simplement, nous changions d'avis et souhaitions nous installer ailleurs n'y change rien : nous n'avons pour le moment plus besoin de liens avec nos racines, puisque nous les reconstruisons ailleurs. Elles seront toujours là, bien sûr. Mais de là à les entretenir au quotidien... Je vais tenter de continuer, encore un peu, à écrire ici. Mais pardonnez-moi si je ne le fais plus aussi souvent. Autant que nous puissions l'être, nous sommes intégrés ici, maintenant. Et notre vie n'a rien de virtuelle.

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M
Vi,c'est une des nombreuses leçons que notre immigration nous a offerte, les vrais amis restent et parfois, on ne les trouve pas où on les croit au départ ou alors, et c'est encore mieux, pas seulement. Ainsi, toi et moi, Julien, ça a toujours été discret, tranquille, une soirée par ci, un mail par là, pas de grandes déclarations définitives ni quoi que ce soit. Mais quand il a fallu être là pour nous aider à déménager et faire le ménage, tu étais là. Et quand on revient à Paris, tu es toujours là. Toujours, pareil qu'avant, rien de moins. Et j'apprécie pleinement ma chance. Merci pour ça et pour tous les bons moments partagés et tous ceux à venir.
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J
Quand on a des Amis, on les conserve toute la vie... Même si la communication se fait de plus en plus rare au fil du temps qui passe. Non, ce n'est pas une utopie, ni une lubie... Quand je parle de toi, je dis toujours "la maman de mon chat"... Ca peut te sembler réducteur et pourtant, ça veut dire que je te considère "de ma famille" et ça, ça n'est pas rien... Avec JMA, vous pouvez décider de vous installer sur Pluton, et dans seulement 50 années célestes, avoir soudain envie de m'envoyer un petit coucou des étoiles, ça me fera toujours plaisir et j'y répondrai (et inversement) > voilà ce que le terme Amis signifie. Même si on est pas là physiquement, l'esprit lui, y est. Et ça, ce n'est pas "virtuel"... Que la lettre parvienne par le facteur ou par le net, quelque soit son chemin, ce qui l'a inspirée "est" l'essence même du terme "amitié" :o) Je n'ai pas toujours le temps de lire ton blog, et pourtant, ce qui m'occupe ne m'empêche jamais d'avoir une pensée pour vous en maintes occasions... Tout comme j'en ai pour beaucoup d'autres personnes, tant de mon passé, que de mon présent, puisqu'elles font partie de mon histoire, donc de mon existence et que je les apprécie pour ce qu'elles sont intrinsèquement, où qu'elles soient, quoi qu'elles fassent. Donc leçon n° 1 de l'exilé > ne jamais oublier que les gens que l'on n'oublie pas, ne nous oublient pas non plus !Leçon n°2 > si tu aimes ta culture, la nostalgie de tes origines tu garderas, toujours, ça ne se "soigne" pas... mais elle te portera si tu n'en retiens pas que le côté sombre... Mettre en lumière ta culture, c'est aussi l'apporter là où tu vas, la partager avec ceux que tu croises sur ton chemin, et en faire une monnaie d'échange : tu m'ouvres ta porte, alors je t'ouvre la mienne et enrichissons-nous ensemble de la connaissance mutuelle de nos univers respectifs :o) Oui, tu es "différente"...et c'est aussi ta richesse ! elle mérite le respect tout autant que celle qui t'accueille et que tu respectes.Leçon n°3 > ne jamais tenter de se projeter au delà du PRESENT... Celà ne sert à rien et en limite considérablement l'appréciation de sa perception ;o) Demain, t'auras "peut-être" envie d'"ailleurs" ? alors demain, t'iras ailleurs...mais seulement DEMAIN... Un petit coup de nostalgie, ou besoin de replonger dans le bain pour voir si la température est la même qu'"avant" ? un petit billet d'avion et zou... besoin de voir la tour Effel plus souvent qu'on ne peut ? un méga poster sur le mur du salon, c'est de mauvais goût, mais on s'en fout !!! besoin de défouler ses rancoeurs ? un poster de S... (ou JMLP, au choix...) un compas pour tracer des cercles, quelques couteaux de cuisine bien aiguisés et ... le "mille" gagne la boisson ;oD Et pour conclure : ne pas oublier POURQUOI on est parti... et encore moins POURQUOI on a toujours cette envie de revenir quand même...Gros bizoussss à toute la famille du maroc :o) 
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A
En fait, si, tu réponds assez bien à ma question Mélanie sur la problématique des racines d’autant que je comprends fort bien que tu es du mal à te retrouver dans la France d’aujourd’hui. Moi même je me demande de plus en plus si je devrai pas entrer en résistance vis à vis d’un pays qui rejette ses valeurs fondatrices, d’une société de plus en plus individualiste et d’une opposition clownesque. La forme de cette résistance est par contre bien plus difficile à déterminer d’où ma relative passivité actuelle mais je ne désespère pas encore de trouver un moyen de m’exprimer ou de tenter d’influencer les choses.<br />  <br /> Ce n’est ni le blog ni la perspective de vacances au Maroc qui me font reprendre contact aujourd’hui mais j’espère que nous aurons l’occasion d’en reparler lors de ma prochaine venue puisque j’ai l’honneur de faire prochainement partie de tes hôtes, même si trouver quelques minutes de tête à tête au milieu de 60 personnes risque de ne pas être si simple :-).<br />  <br /> Le blog permet-il de garder les liens, je ne le sais pas, en tout cas, le site web, clairement non. Mon site personnel ne m’a jamais permis d’échanger avec d’anciennes ou de nouvelles relations. Le blog, avec son système de commentaires a l’air plus adapté, même si, personnellement, je ne vois pas pourquoi il est plus facile d’écrire un commentaire qu’un courriel.<br />  <br /> J’ai plus de succès avec ma « liste à blagues » que j’entretiens régulièrement. A défaut de produire rarement des échanges profonds cela me permet de donner quelques nouvelles avec de vieilles connaissances de temps à autre et de conserver un lien, aussi fictif soit-il.<br /> Dans ce domaine les univers persistants sont également très décevants, j’ai joué durant plus d’un an à « City of Heroes » et bien que, dans le jeu, j’ai noué plusieurs contacts réguliers jusqu’à en échanger nos courriels personnels, une fois le jeu disparu, il n’en est rien resté. Le virtuel du web/jeu m’apparaît donc une illusion du monde réel pour l’instant, mais, faut-il vraiment s’en plaindre ?Tous tes projets sont bien ancrés, eux, dans le réel et c'est cela vraiment l'essentiel à mes yeux, avoir des projets et se donner les moyens de les tenter. Réusssite ou pas, l'important est d'être, pas de le rêver. Continue.
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M
A Armand : Des racines, on en a tous. Parfois, elles sont multiples, parfois, elles sont profondément ancrées dans la terre d'une seule région, cela dépend. Mais typiquement, l'essence même de ce post est bien de dire que nos racines sont françaises et le resteront, quel que soit notre bonheur à vivre ici et notre niveau d'intégration. Cependant, avoir nos racines en France ne justifie en rien d'y vivre. Je crois que là est la question que se sont posés tous les immigrants de la première génération et à laquelle ils ont répondus comme nous : que doit-on faire quand son pays, que l'on peut aimer infiniment, n'apporte plus ce qui est nécessaire à notre vie et notre bonheur ? Nul ne quitte ses racines et son pays définitivement (ou dans l'idée que ce le soit) juste pour être "citoyen du monde". Cela, c'est le comportement des expatriés qui veulent voir ailleurs et puis revenir au pays. Quand on émigre ailleurs, c'est parce que notre propre pays nous semble hostile. Et c'est bien notre cas : j'aime la France de tout mon coeur, c'est un pays magnifique, ses valeurs (du moins, celles que l'on m'a apprise étant petite) seront toujours les miennes. Mais je ne me reconnais plus dans son quotidien, dans son stress, sa normalisation abusive, ses dérèglements, sa perte de repère, justement. Je ne me reconnais pas dans notre pauvre Vème République finissante qu'une opinion publique manipulée est en train d'achever. Je ne me reconnais pas dans la définition de notre président d'une France "fille ainée de l'Eglise depuis Clovis", parce que justement, comme je le disais dans le post, ma France à moi est laïque, fille de la Révolution, elle a un chant guerrier, plein de sang mais aussi plein d'histoire, celle de la fin des rois et des religions. Pourtant, je suis catholique, et croyante, en plus. Mais la religion devrait être pour moi chose privée et sans conséquence sur la vie publique, parce que je suis efant de la France, le pays le plus laïc au monde dans sa définition légale pour le moment encore intouchée.Et je préfère garder mes racines et vivre ailleurs, où elles n'ont pas cours, pour préserver en moi l'image de cette France-là, celle qui n'est pas desespérée par une crise sans fin, celle qui ne regarde pas les origines des gens, ne les classe pas en "communautés" alors même que la République devrait regarder tous ses enfants à égalité et sans discrimination.Je vois bien que cela ne réponds pas à ton attente, peut-être à ton questionnement. Mais la question n'est pas de savoir si nous renions nos valeurs ou si nous les perdons ou si notre volonté d'être citoyen du monde est une illusion, mais de savoir comment être vrai à ses convictions, les préserver et les porter tout en s'intégrant ailleurs, parce que "chez soi" est devenu synonyme de chagrin et de profonde confusion.Quand à mes enfants, ils feront comme tout le monde, du mieux qu'ils pourront, je crois. Mais si je parviens déjà à leur apprendre la tolérance que l'on a oublié en France, j'aurais gagné quelque chose. Et ne nous y trompons pas : ils auront eux aussi leurs racines, simplement, elles ne seront pas les mêmes que les miennes. Mais est-ce si grave ?Quand à savoir si le blog maintient les liens, je dirais que ta présence même a tendance à prouver qu'il peut même les ranimer, étant donné que nous avions perdu le contact en France ou quasiment. Tu es donc mieux placé que moi pour répondre : est-ce le blog ou est-ce la perspective de vacances au Maroc ? ;-)A Nana : Ton témoignage répond sans doute encore mieux que le mien aux questions soulevées par Armand et je t'en remercie. Je rebondis sur un élément de ton commentaire "quand tu apprendras à distinguer ce qui relève de la religion et de la tradition...". Cette distinction est assez malaisée à faire, dans la mesure où la tradition est liée intimement à la religion, même la langue l'est. On passe son temps à dire que dieu te garde, si dieu veut, grâce à dieu, etc. Pourtant, effectivement, entre ces habitudes et la pratique religieuse, il y a un énorme pas, dont je vois bien l'importance et qui d'ailleurs saute aux yeux, d'autant que, encore une fois, les marocains se sont toujours montrés très tolérants à notre égard. C'est juste un point dont je me suis rendue compte récemment, avec justement, la remise en cause plus ou moins explicite de la laïcité en France par notre cher président. J'y suis viscéralement attachée, à cette notion. Ici, qu'elle n'ait pas cours ne me gêne pas, à dire vrai. Mais au final, je ne peux pas ressentir tant de chagrin à l'idée qu'elle se perde en France sans que, inconsciemment, sans doute, elle ne me manque un peu ici.Ce qui m'amène à un troisième point dans ma réflexion : notre image de la France devient au fur et à mesure plus figée. Ce n'est plus la France que nous voyons, mais notre idée d'ycelle, nos souvenirs liés à elle qui déforment peu à peu notre jugement. Cela, c'est une chose à la fois bonne et mauvaise. Bonne pour nous, d'une certaine manière, parce que nous avons le meilleur des deux, de la France et du Maroc. Mauvaise pour nos enfants si nous devions les élever dans ce mythe lointain et sans rapport avec la réalité. C'est ce pourquoi cette question de l'intégration sera plus importante pour eux que pour nous. Mais, Hamdoulila, nous avons au moins cette chance, JMA et moi, d'être bruns et mates de peau, à tel point qu'on me prend très régulièrement pour une marocaine. Et puis les gens sont encore tolérants aux immigrants français, ici. Inch'Allah, ils ne souffriront pas au quotidien des préjugés dont tu a pâtis étant jeune. ;-)Et pour répondre à ton PS, tu dois bientôt vivre ici, donc nous aurons sans aucun doute l'occasion de nous rencontrer. J'en serais ravie, en tout cas. ;-)
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N
Ton témoignage aujourd'hui mérite une réflexion profonde et est partagé par des milliers de personnes sur cette terre. Moi-même française et marocaine, j'ai au départ fait combattre ces 2 cultures, en hissant à tour de rôle l'une au dessus de l'autre. Quand j'avais le sentiment que l'une me rejetait, je me réfugiais dans l'autre. Tu sais Mel, l'effort d'intégration, j'entends cela depuis que j'ai 2 ans, et je n'exagère pas, j'ai des souvenirs d'enfance ou j'ai pris conscience que je n'étais pas comme les autres, comme la majorité. C'est assez bizarre de ressentir cela en étant enfant. Et au fur et à mesure que j'ai grandi, ce sentiment s'est intensifié et j'ai trouvé naturellement ma place auprès d'autres minorités(cambodgien, gabonais, sri-lankais, paki, bolivien...) qui vivaient la différence au quotidien et étaient donc en état d'esprit de comprendre ce malaise identitaire et de passer outre, entre nous enfin on se parlait, on s'enrichissait de nos cultures mutuelles, de ce qu'eux mangeaient, comment était perçu tel notion ou concept dans nos cultures respectives. Un total bonheur, sauf qu'une barrière se hissait avec les français de souche parce qu'ils étaient toujours dans une approche critique qui nous paraissaient à la limite de l'inacceptable, cela manquait beaucoup d'ouverture d'esprit. Ensuite lors des vacances familiales au Maroc, je n'étais pas considérée comme marocaine mais comme une fille "née là-bas", pour différencier les gens disent "ils sont nés en europe". Les idées ne sont pas les mêmes, mon comportement non plus. J'ai vécu des moments très douloureux en France, des moments de grandes déceptions, je me disais mais pourquoi "la France ne m'aime pas? Qui suis-je?" Avec des ami(e)s on se disaient:"nous sommes une génération perdue", "ni d'ici ni de là-bas". Le sang ou le coeur? Et si Lepen avait raison? Après la déception, la crise identitaire, je me suis dit mais pourquoi cherches tu à "classer" ton identité, à la mettre dans une case précise tantôt française tantôt marocaine? Pourquoi approcher cette problématique sous une dimension communautaire? Pourquoi te faire mal? J'ai décidé du jour au lendemain, d'être moi tout simplement, de mettre en synergie mes cultures multiples(française, marocaine, urbaine(de cité hlm hyper enrichissante quoiqu'en dise les médias mensongers), camarguaise...). Je suis Moi et depuis je puis t'assurer que je vis en paix parce qu'aujourd'hui avec le recul et la maturité de la trentenaire, je fais vivre mes multiples valeurs en harmonie. ça n'a pas été facile, mais aujourd'hui grâce à ce parcours, à mon destin, je suis ouverte d'esprit, j'ai cette capacité à me nourrir de l'Autre, à m'enrichir, à mieux comprendre le monde dans lequel on vit, on m'y adapté. Lorsque tu apprendras à distinguer ce qui est religieux de ce qui est traditionnel au Maroc, si tu fais l'effort de connaître l'Autre sans préjugés qu'ils soient négatifs ou positifs, la véritable richesse du Maroc t'apparaitra. Crois en une experte en la matière. Je prie pour que mes enfants(à naître aussi Inch'Allah) aient la chance d'avoir cette ouverture sur le monde. C'est une chance la richesse culturelle mutliples et en totale synergie, surtout à l'ère de la mondialisation où les flux d'hommes circuleront à la vitesse des capitaux.Vis ton bonheur avec JMA...l'essentiel est là.Nanaps: merci pour tous ces récits.ps1: je ne sais pas si je peux keep in touch with you, parce que ton blog c'est un vrai coup de coeur.Bonne chance
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