Les élections législatives au Maroc

Publié le par Mel

Alors aujourd'hui, quelques 15 millions d'électeurs marocains sont appelés aux urnes pour élire leur chambre législative. L'assemblée législative, élue pour 5 ans, a des pouvoirs constitutionellement assez proches de celle que nous avons en France (rappelons, ce n'est jamais inutile, que la constitution marocaine fut créée en grande partie à l'imitation de la Ve République), à ceci près que le pouvoir exécutif, chargé de signer les décrets d'application des lois ou bien de faire des propositions de lois (et non projets de loi, domaine réservé en France aux députés, subtile différence) est bien évidemment le Roi.

La Chambre des Députés est constituée de 325 membres élus pour 5 ans à la proportionelle intégrale (là encore, une grosse différence, que réclame en France les partis politiques tels que le FN, par exemple, car cela leur permettrait d'exister politiquement mais affaiblirait considérablement le pouvoir de l'Assemblée puisque...). La conséquence de cet état de fait est très simple : même avec pas mal d'électeurs éventuellement pro PJD (Parti Justice et Développement, le parti islamiste modéré qui fait actuellement peur à tout le monde en France), aucune majorité claire ne se dégagera des élections, puisque ce n'est pas moins de 33 partis politiques et 2 coalitions qui se présentent, ce qui va forcément diluer les voix des électeurs.

Dans cette configuration, que souhaite clairement SM M6, le roi devient l'arbitre des différents mouvements politiques et donc applique et fait appliquer sa propre politique sans que ses opposants aient moyen d'agir, même s'ils sont élus. Si les pays occidentaux qui investissent actuellement grandement au Maroc ont tout lieu de se réjouir de cette régulation du système politique par un pouvoir central fort et progressiste, les marocains de la classe populaire qui en ont plutôt conscience se sentent eux déchargés de la responsabilité liée au vote démocratique, confiants qu'ils sont dans leur Roi qui s'est jusqu'à présent montré très actif pour le mieux-être du pays. Quand aux intellectuels marocains, ils sont pour la plupart désabusés du pouvoir politique et pensent que les hommes politiques remuent beaucoup de vent et ne font pas grand-chose, d'une part parce qu'ils n'ont pas réellement le pouvoir nécessaire pour s'opposer au Roi (ce que ne souhaite pas la majorité des marocains) et d'autre part, parce qu'ils sont corrompus. C'est là qu'évidemment, le risque d'une montée du PJD s'explique mieux, en effet, car c'est toujours pareil, les extrêmes s'expriment toujours (quoique dans ce cas, il ne s'agisse pas franchement d'un extrême, mais plutôt d'une droite conservatrice assez dure, pas un FN non plus, hein, malgré le nom à faire peur : islamiste modéré), tandis que les centristes sont plus tièdes dans l'expression de leur volonté politique.

Bref, dès demain, nous aurons un apperçu du vote des marocains et dès lundi, nous saurons ce qu'il en sera des résultats définitifs. S'il est à peu près certain, désormais, que ce scrutin ne changera pas la face du Maroc des 5 prochaines années, il a quand même quelques conséquences intéressantes. D'abord, le roi a beaucoup insisté pour clarifier le système politique et démocratique lié au scrutin. Ainsi, il a d'abord été repoussé (il devait se passer cet été) afin de rendre plus claires les conditions nécessaires pour se présenter aux élections et entre autres aider à la rénovation des partis politiques déconsidérés jusque-là par des apparachiks ayant déjà de nombreuses fois accédés au pouvoir pour en abuser. Ensuite, de très grosses campagnes de sensibilisation, notamment vis-à-vis des jeunes ont été faites pour que les marocains votent plus qu'au dernier scrution, auquel à peine 50% des électeurs avaient participé. Enfin, des statistiques de vote seront données tout au long de la journée et les résultats provisoires seront connus dès demain soir, ce qui là encore, dénote un progrès dans le processus puisqu'il avait fallu 4 jours d'attente la dernière fois avant de connaître la composition de la Chambre.

Bref, de gros efforts sont faits pour que ce processus de démocratisation soit mis en valeur et compris de la population. Le but avoué de SM M6 étant de faire du Maroc un état réellement démocratique à terme (et prière de penser que les marocains y croient très fort), on comprend tout l'enjeu de cette élection... Qui n'est pas a priori là où on pourrait le penser. D'un autre côté, comment les marocains pourraient-ils croire (ou même aspirer) à la réalité pratique de ce processus démocratique quand la classe politique est déconsidérée, le scrution finalement de peu de conséquence (de par le système même) sur la vie politique du Maroc et la liberté ainsi concédée à peine de façade durant le règne précédent ? Il est à craindre que le peuple marocain ne soit politiquement à apprivoiser petit à petit au cours des années qui viennent et que le biais relativement peu démocratique du pouvoir central énorme ne soit, durant cette transition, son meilleur atout de départ, mais aussi son pire ennemi à l'arrivée. Car quand doit-on se réjouir de la modération et du progrès imposés par le Roi malgré les opposants pourtant non négligeables et quand doit-on craindre que le Roi n'impose de la sorte absolument n'importe quoi ? La vraie fragilité du Maroc actuel (et aussi, paradoxalement, sa vraie force), ce n'est pas tant ses extrêmistes que le Roi. Un Roi, c'est un homme, ça peut mourir et être remplacé. ça peut changer, aussi, avec le temps. Et ici, ça peut tout, un roi... Réjouissons-nous donc pour l'instant que le Roi soit aimé et veuille le bien du pays et de sa population. On connaît trop ici les conséquences d'une situation différente.
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S
Hello,rien à voir avec les élections ....c'est juste pour faire un petit coucou, à vous 2, Gaelle & Fabien.J'espère que tout va bien, que vous profitez les uns des autres ....Je vous fais plein de bises,Sandra
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M
Oui, absolument, le parlement est bien bicaméral (et donc nous sommes bien dans un systèmpe bicamériste).L'élection dont nous parlons ajourd'hui est celle de la Chambre des Représentants, l'équivalent de notre Assemblée Nationale. Elle est élue pour 5 ans au suffrage universel direct.La seconde chambre, appelée Chambre des Conseillers, est élue pour 9 ans, au 3/5 par un collège électoral composé des élus des instances régionales et au 2/5 par un collège électoral composé des élus des Chambres professionelles régionales et des représentants des salariés élus au niveau national. C'est donc, bien que sous une forme légèrement différente, l'équivalent de notre Sénat.L'ensemble forme une chambre haute et une chambre basse, amenées à délibérer des lois et à régir la vie législative du pays, notamment par le vote et la ratification de lois et d'amendements aux lois, la ratification du budget de l'état et du roi, etc.Pour lire en détails la constitution du Maroc, la voici en ligne et en PDF : http://unpan1.un.org/intradoc/groups/public/documents/CAFRAD/UNPAN004848.pdfBisous !
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H
A propos de ces élections, leur système set-il bicamériste ?
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