In vino politique
Alors aujourd'hui, je vais vous remettre directement en post l'article qu'Asmae a eu l'extrême gentillesse de nous traduire et de nous mettre en commentaire, mais comme c'est pas pratique à lire, j'en profite;-) Entre parenthèses, nous dit-elle, se trouvent ses commentaires. Je vais les mettre en plus en italique, pour que ce soit encore plus clair.
C’est une des faces horribles de l’abus de pouvoir, et une face encore plus horrible de l’encouragement de la consommation d’alcool au Maroc. Quand le ministre des aménagements importe le code de la route de la Suède et achète des caméras de surveillance avec des centaines de millions de Dirhams, il oublie d’importer les lois qui régissent le pourcentage d’alcool dans le sang des conducteurs, et les équipement pour le faire.
Article écrit par Rachid Niny pour le quotidien arabophone Almassae du lundi 16 juillet.
Quelques remarques préliminaires
La première chose que je remarque, malgré vos protestations, Asmae, que tout ça sent le traduit, c'est que votre texte est remarquablement fluide. Traduire d'une langue à l'autre, c'est très difficile. Il faut non seulement traduire le sens littéral mais également l'ensemble de référents propres à une langue et qui sont nécessaires pour la compréhension. C'est donc un énorme travail que vous avez fait pour nous et je vous en remercie profondément.
La seconde est qu'en effet, ce journaliste ne manque pas de courage. Non seulement attaque-t-il des politiciens et des partis politiques directement, ce qui n'est déjà pas simple, mais surtout, il s'attaque en première ligne à l'un des plus grands tabous du Maroc, le rapport des marocains avec l'alcool. On n'a pas le droit de vendre de l'alcool aux marocains (qui sont, par définition, musulmans, sauf les juifs marocains qui ont d'ailleurs une carte d'identité spéciale... Intéressant concept, non ?) et les marocains n'ont pas le droit de le consommer.
L'alcool, interdit majeur de l'Islam
Le Maroc est un pays musulman et l'alcool un des plus grands interdits de la religion. Donc, comme une partie de la loi marocaine est basée sur le Coran, boire de l'alcool est un délit, vendre de l'alcool à un musulman, un crime. Cela amène à certains problèmes que l'article ne fait qu'évoquer parce qu'ils sont très connus. Un plan de santé publique avait tenté d'imposer il y a quelques temps le test d'alcoolémie au volant, pour diminuer le nombre d'accidents de la route. Mais cela n'a pas pu passer et ne passera probablement pas avant un certain temps, parce que cela supposait dès le départ qu'un nombre important de marocains étaient dans l'illégallité et n'étaient pas de bons musulmans. Comprenez, en soi, c'est insultant, mais surtout, si les contrôles révélaient la présence, aussi infime et peu dangereuse soit-elle, d'alcool dans le sang, la personne testée devrait aller en prison.
Donc, techniquement, l'alcool est interdit, point barre. Mais évidemment, peu de gens respectent cet interdit. D'abord parce qu'acheter de l'alcool est facile, ensuite parce que c'est tentant quand on voit les juifs et les étrangers boire sans pour autant que la foudre divine ne les paralysent. Alors pourquoi ne pas envisager de considérer la question autrement et mettre en place une législation adaptée à la réalité du pays et non à son idéal religieux que personne ne fait même semblant de respecter ? C'est ce que réclame l'article et une partie de la population. Je suis certaine que les français seraient bien d'accord avec cette remarque qui apparaît au premier abord de bon sens. Mais c'est plus compliqué que ça : LE MAROC N'EST PAS UN PAYS LAIC. Il ne peut pas agir uniquement pour déterminer des lois aptes à régir la société telle qu'elle est, mais également telle qu'elle devrait être. Remettre en cause la politique gouvernementale et politique au sujet de l'alcool va donc plus loin que d'attaquer tel ou tel homme politique. Elle revient à dire que la laïcité est l'unique voie vers la modernisation et donc que le rôle de Commandeur des Croyants du roi doit être abandonné... Et ça, mes amis, ça va loin. Plus loin, je crois même que ne le veut vraiment le journaliste et je m'en explique.
Maroc, futur état laïc ? Mhumm...
Le journaliste prend en exemple la Suède, où l'on contrôle sévèrement la distribution d'alcool, qui se fait dans des magasins d'état et à un prix prohibitif. Le but de la législation suédoise n'est cependant pas d'interdire aux gens de boire comme l'article pourrait le faire penser mais à l'état de contrôler l'alcool, produit de luxe surtaxé. Outre que cela n'empêche pas les suédois de se biturer la gueule sévèrement et violemment, proposer ce modèle pour le Maroc est irréaliste et encore une fois, profondément insultant pour le gouvernement. Il ferait de l'état, guarrant de l'Islam, je vous le rappelle, le distributeur de l'interdit, officiellement, alors que ce que le journaliste dénonce, c'est que les politiques le fassent déjà officieusement.
En soit, c'est aussi grave voire bien plus que le scandale que le journaliste dénonce à propos du bar situé dans un Abhas... Sauf si l'on en revient à proposer un état laïc. Mais vous remarquerez que le ton de l'article est très moral et très moralisateur dans le sens musulman du terme. Il s'insurge que le ministre des affaires islamiques autorise un bar à vendre de l'alcool alors qu'il appartient à la même personne qu'une agence de voyage qui est habilitée à organiser le Pèlerinage à la Mecque (un des 5 pilliers de l'Islam, tout de même et donc réglementé. Les agences de voyage qui ne sont pas "hallal" et ne respectent pas les impératifs du pèlerinage ne sont pas acceptées). C'est indignant, scandaleux, d'autant que ce bar est un Abhas, n'est-ce pas ? Mais là encore, c'est une forme de moralisation très marocaine : lui entre tous ne devrait pas permettre cela, à ce bar entre tous, cette agence de voyage entre toutes... Comprenez-moi bien : si l'on prend un raisonnement de logique formelle, son argument n'est valable QUE SI il prône l'interdiction effective de l'alcool. Tandis qu'il prône le réalisme et donc des moyens de lutter contre l'alcoolisme et les ravages qu'il provoque. Du coup, il peut s'indigner de l'hypocrisie des politiques qui interdisent d'une main et versent le vin de l'autre, mais il ne devrait pas se baser sur la religion pour le faire ! Donc, cette partie de l'article est soit superflue, puisqu'il dénonce déjà plus haut la collision des politiques et de l'alcool, soit il relève un fait qui le choque profondément en tant que musulman. Mais alors, si ça le choque vraiment, ce que je crois, comment vivra-t-il la légalisation nécessaire de l'alcool si l'on veut contrôler sa distribution ? Contradiction des contradictions, peut-être, mais il n'empêche que la majorité des gens vivrait très mal une légalisation de l'alcool, c'est à dire la négation de l'état musulman, même ceux qui boivent de temps en temps...
Apparté : des contradictions françaises
Un peu plus loin, le journaliste parle des cliniques de désintox en France et du combat que les occidentaux mènent contre les lobbys alcooliers. Si vous avez déjà vu un politique français pris à partie dans un débat sur l'alcool sur la consommation du vin, vous comprendrez que ces fameux lobbys alcooliers ont encore de beaux jours devant eux. Le ministre de la santé a été jusqu'à financer en partie une campagne de pub disant : "un verre de vin par jour fait du bien à la santé", ce qui est hallucinant. Donc on dit, l'alcool n'est pas bon, d'accord, mais là, on parle d'autres alcools, pas du vin. Le vin, c'est pas de l'alcool, n'est-ce pas, c'est une hygiène de vie. Sérieusement, je me souviens d'une émission dans lequel un parlementaire français déclarait ça sans sourciller (faut dire qu'il possédait un chateau et qu'il représentait le groupe parlementaire des propriétaires de crus, oui, y'a un groupe parlementaire, si, si...), couvrant la voix d'un pauvre mec issu d'une asso contre l'alcoolisme qui essayait de dire, sans y parvenir, une vérité pourtant toute simple : il y a autant d'alcool dans un verre de vin que dans un wisky servis dans un bar, ou une bière, etc. et ce n'est pas la nature de l'alcool qui pose problème mais la quantité et la régularité d'ingestion dudit. Là, le parlementaire, se lève, rouge de colère et déclame un truc du genre : "vous n'allez quand même pas nous dire que se bourrer la gueule à l'eau de vie, c'est pareil que boire un verre de vin en mangeant ? Mais alors, tous nos parents étaient des alcooliques !" Ce à quoi n'a pas su répondre le pauvre mec de l'asso. Ben oui, en soit, la remarque n'est pas fausse. Il n'y a pas si longtemps, dès 7 ans, les enfants buvaient du vin coupé d'eau et tout le monde prenait un verre de vin à table sans que personne n'y trouve à redire. A dire vrai, il est fort probable que peu d'entre ces gens aient été alcooliques. Mais ce n'est pas de cela que parlait le mec de l'asso et c'est avec ce type d'arguments détournés que les alcooliers et en particulier, le lobby du vin, extrêmement puissant en France parce que c'est une de nos cultures principales, s'en sort.
Maroc, tabous et arrangements
Bref, la situation au Maroc à propos de l'alcool est un des nombreux exemples d'hypocrisie d'une société qui vit dans l'idéal de l'islam et la réalité de l'ouverture au modernisme. S'y attaquer de front est certainement courageux et de fait, il faudra bien un jour qu'on en parle sérieusement. Cependant, à mon avis, personne n'est prêt aux conséquences d'une remise à plat de la situation, qu'elle aille dans un sens ou dans l'autre. Interdire vraiment l'alcool ? Impossible. Outre que le pays est producteur de vin et de bière entre autres choses telles que la Mahia, une eau de vie que les gens pauvres se fabriquent eux-mêmes avec des conséquences souvent dramatiques (comme ces gens qui confondent éthanol et méthanol, provoquant la mort par empoisonnement immédiat des buveurs), il n'est tout simplement pas possible de concilier ouverture au monde et durcissement des lois de la Charia (loi corannique). Légaliser l'alcool et prendre les mesures qui s'imposent pour la santé publique ? De même, dans le climat de recherche d'identité du Maroc, c'est impossible, parce que ce serait renier un élément fondamental de la culture, à savoir la religion. Donc on boit dans des bars, mais pas en terrasse, on vend de l'alcool à tout le monde, mais pas pendant les fêtes religieuses, l'ivresse sur la voie publique est sévèrement réprimée mais pas l'alcoolisme mondain, etc.
Ce n'est pas idéal, mais nous vivons en France des situations d'hypocrisie similaire, que nous pourrions détailler pendant des heures, comme celle dont je parlais tout à l'heure à propos du vin. Ceci dit, il est bon que des journaux puissent dire ce genre de vérité. Il est bon, en fait que cette hypocrisie n'occulte pas une prise de conscience qui permette à terme, quand les principaux problèmes identitaires du Maroc seront résolus, de s'attaquer sérieusement à la question. Parce que bien sûr, il faudra le faire un jour et qu'en plus, ce type de débat change la nature de la détermination identitaire du Maroc. C'est donc en tous points nécessaire. Et cela a des conséquences immédiates plus positives (bien qu'inattendues) qu'on ne pourrait le penser. Réfléchir aux tabous du Maroc musulman et déterminer ceux qui sont tellement forts qu'ils ne peuvent pas être bousculés à la légère permet la mise en place de solutions alternatives. Oui, c'est un fait qu'il n'existe pas de cliniques de désintox ici... Mais il y a des associations qui s'occupent des gens désocialisés, qui sont financées en partie par l'état et dont l'une des missions officieuses est la désintox et l'information sur l'alcool et la drogue...
De même, bien que l'adultère ou la sexualité hors mariage n'existent évidemment pas et sont interdits par la loi (tu parles, Charles !), une campagne de prévention du sida a vu le jour grâce à une asso qui s'est mise à ditribuer des préservatifs dans les médinas et les quartiers pauvres !!! Imaginez le choc, et pourtant, ça s'est fait, via une association.
Les filles-mères n'ont aucune protection légale. Ben oui, de toute façon, si elles en sont arrivées là, c'est qu'elles ont contrevenus à la loi, on va pas en plus les prendre en charge... Sauf que là encore, des associations, des foyers voient le jour un peu partout et sont en partie financés par l'état. D'une manière détournée, évidemment, mais ce que je veux dire, c'est que l'hypocrisie va dans les deux sens et sert aussi, puisque c'est la seule manière pour le moment, à tenter de trouver des solutions. Le Maroc est un pays qui joue beaucoup la carte de l'arrangement, du moment que tout le monde garde la face. Ainsi, l'âge légal du mariage des femmes est 18 ans. Mais si une jeune femme a un enfant et que son fiancé veut l'épouser alors qu'elle n'a pas 18 ans, le juge va autoriser le mariage sous prétexte que la jeune fille aura prouvé qu'elle était apte à être femme. Dans certains cas, c'est dramatique, évidemment et cela amène à des excès terribles, comme le mariage de filles trop jeunes qui ne l'avaient pas demandé. Mais cela sert aussi à graisser les rouages et à permettre à un couple enthousiaste de régulariser leur situation au lieu de subir le déshonneur d'un enfant illégitime. Or le souçi de la remise à plat des tabous, c'est que ce type d'arrangements n'est plus possible... En soi, alors que toute la société marocaine fonctionne comme cela, c'est contre-culture, pourrait-on dire comme on dirait contre-nature.
Mais ça, c'est mon opinion, évidemment. La question est ouverte, non seulement sur ce blog, mais partout au Maroc, à voix basse, sur Internet, dans l'esprit des gens. Le vrai point positif de l'article est de rappeler que le débat n'est pas clos, qu'il faut poursuivre la discussion. Les années à venir verront sans doute la réponse que le Maroc se choisira, bonne ou mauvaise, à cette question de l'alcool et puis à d'autres, se dégager petit à petit.
Cette odeur…
Il parait que la vision « tarouige » (textuellement : propagande ; mais c’est un jeu de mot. «tarouige» est un mot qui peut paraître de la même famille que rrouge (en appuyant sur le r)), qui a été lancée par le gouvernement depuis quinze jours a commencé à se réaliser sur le terrain. Et précisément sur le terrain du quartier Riad à Rabat. Car durant le vendredi dernier après-midi, cette vision gouvernementale perçante s’est réalisée, et de longs ruisseaux de rouge (vin rouge, appelé communément par les Marocains rrouge) luxueux, venant des brasseries de Meknès, et allant, je pense, au port de Tanger pour exportation (c’est une sorte d’ironie car les brasseries marocaines prétendent vendre l’alcool seulement aux étrangers alors que ce n’est pas le cas). Ceci c’est si ce chargement de rouge n’était pas une simple commande «respectable», venant des brasseries de Meknès et se dirigeant vers quelque personne dans le quartier du Riad ou Souissi, avant que la commande ne se renverse en route. EDIT DE MEL : ça, ça prouve quelque chose que la pratique de l'humour marocain nous a apprise très vite, l'ironie n'est pas très bien comprise. Donc la phrase d'avant était ironique, mais au cas où vous n'aviez pas compris, on vous réexplique... ;-)
Aussitôt que les citoyens ont senti l’odeur forte du rouge qui est venue de loin chatouiller leurs narines, ils sont accourus vers l’origine de cette odeur. Certains ont balancé leurs bicyclettes en pleine rue et l’ont oubliée, certains sont descendus du bus numéro sept venant de Temara qui s’est arrêté devant le torrent bouillonnant du rouge. Certains voyageurs ont oublié le but de leur voyage et ne se rappelaient ni la station d’arrêt ni le numéro du bus. Ils ont abandonné leurs occupations, et sont descendu braver la foule condensée devant les nombreux trous d’où s’écoulait le vin vieux. Le problème qu’ont eu ces personnes c’est l’abondance du rouge et la pénurie des bouteilles. Il leur est arrivé la même chose qu’à ce chasseur qui a été entouré de perdrix juste au moment où il n’avait plus de poudre. La plupart d’entre eux sont accourus vers les marchés Assalam (chaîne de supermarchés) et ont acheté des bouteilles de Coca Cola, de Sidi Ali, des bonbonnes de 3 litres de Aïn Saïs, et les ont vidées de leurs eaux minérales puis ils ont porté leurs goulots à la rencontre des torrents de rouge luxueux dont les fabricants ont cru qu’il finirait sur la table des élites. Et voilà qu’il finit pour la plupart par terre, et le reste dans des bouteilles en plastique comme n’importe quelle boisson ridicule.
La vérité c’est que cette vision «tarouige» qui s’est réalisée, ou répandue par terre le jour du vendredi fête des musulmans, reflète la grande soif des marocains pour ces visions de «tarouige» luxueuses. Particulièrement parce qu’on est dans la saison des mariages et des festivals, et certaines personnes ne sont comblées durant les fêtes et réjouissances que si la bouteille est à côté d’eux. Peut être que c’est pour cela que certains ont rempli plus d’une bouteille et bonbonne, à partir de la citerne qui s’est renversée dans la rue, c’est pour être paré pour l’été avec un stock de rouge suffisant jusqu’après les élections.
Entre les élections et le rouge au Maroc, il y a une histoire d’amour très ancienne. Car pour faire la propagande («tarouige») des programmes de leurs partis, plusieurs candidats ont recours aux services de «Croine», «Moghrabi» et «Toulal». Car ce sont les sponsors officiels de certains candidats qui croient au proverbe : «tient le par le ventre, il oubliera son Créateur». (C’est par rapport aux nombreux banquets organisés par les candidats. Quand ils ont bien bu et mangé certaines personnes voteraient pour n’importe qui. Le sens de : «il oubliera son Créateur» c’est : il ne sait plus ce qu’il fait).
Le problème, c’est que la politique «Tarouige» n’est pas restreinte à la politique et aux politiciens mais s’applique aussi à certains responsables dans le ministère des affaires islamiques. L’un d’entre eux à Casablanca ces derniers jours accepte de donner des permis de Hajj (pèlerinage vers la Mecque) à l’agence de voyage, et en même temps il donne au propriétaire de la même agence l’autorisation de vendre «tous types de boissons». Le pire se trouve dans le fait que ce restaurant, qui cherche par tous les moyens une autorisation pour vendre du vin à ses clients, se trouve dans un immeuble très connu qui fait partie des «Ahbas» (ce sont des biens offerts par charité qui doivent être normalement loués à bas prix à des personnes nécessiteuses, ou alors l’argent doit servir à des œuvres de charité, ils sont régis par le ministère des affaires islamiques), qui à leur tour font partie des propriétés du ministère des affaires islamiques.
Il est sûr que le professeur Ahmed Taoufiq (ministre des affaires islamiques), qui adore la langue arabe au point qu’il s’est accroché au poste de directeur de la bibliothèque Al Saoud malgré le fait qu’il n’y va que pour percevoir son salaire mensuel, comprend le sens linguistique de la proposition «tous types de boissons». La phrase est écrite dans le sens de l’absolu, pas la spécification. C'est-à-dire que le restaurant à qui monsieur le gouverneur des «Ahbas» a donné son assentiment pour vendre «tous types de boissons», dans un local dont le loyer revient à la caisse des « Ahbas » des musulmans, peut vendre l’alcool à ses clients en toute légalité.
Nous pensions que certains responsables des «Ahbas» faisaient juste ce qu’ils voulaient des biens des musulmans en les passant aux personnes riches et influentes (allusion à un scandale qui a éclaté depuis peu, où le ministre des affaires islamiques a passé une terre à très bas prix au secrétaire du roi Mounir AlMajidi qui a pu les revendre très cher. Mounir AlMajidi a été «prié» de prendre des vacances, il est maintenant en Thaïlande, sûrement en attendant que l’affaire se tasse), mais Dieu nous a fait vivre jusqu'au moment où nous avons pu voir certaines personnes donner leur autorisation de vendre de l’alcool dans des locaux loués par les «Ahbas» des musulmans.
La vision de «Tarouige» peut coûter aussi la vie à certaines personnes. Et c’est ce qui est arrivé le six de ce mois dans la région d’AlWalidia quand un conducteur ivre a percuté avec sa voiture Audi une femme qui était en train de mendier avec son jeune enfant. Le résultat est que la femme est morte sur le coup alors que l’enfant est allé en réanimation. Le problème c’est que ce conducteur ivre n’était pas un conducteur normal, il est apparu aux gendarmes qu’il est le descendant d’un ex-ministre connu pour l’importation de certaines voitures luxueuses. Dès que ce noble fils est descendu de voiture il a commencé à lancer des insultes et des injures, à croire que c’est la citoyenne, qu’il a pulvérisée sous ses roues, qui est venue se jeter devant lui. Quand un des citoyens qui travaillent dans la région est venu offrir son aide et qu’il a vu l’ampleur de la catastrophe, il s’est tourné vers le fils prétentieux et lui a dit : «Tu devrais avoir honte de ce que tu as fait», ce fils gâté a administré une gifle mémorable au citoyen qui a eu le courage de le lui faire la morale. Ceci s’est passé sous les yeux des gendarmes qui sont restés de glace devant les offenses de ce descendant des seigneurs. Au lieu de le capturer et l’emmener à la gendarmerie, ils ont fait venir le dépannage et ont fait mener sa voiture à la réparation, ou peut être vers le garage de son grand père pour qu’il échange sa voiture contre une autre qui n’est pas salie par le sang des manants.
C’est une des faces horribles de l’abus de pouvoir, et une face encore plus horrible de l’encouragement de la consommation d’alcool au Maroc. Quand le ministre des aménagements importe le code de la route de la Suède et achète des caméras de surveillance avec des centaines de millions de Dirhams, il oublie d’importer les lois qui régissent le pourcentage d’alcool dans le sang des conducteurs, et les équipement pour le faire.
La raison, c’est que le gouvernement en entier n’a pas de programme pour combattre l’alcoolisme. Et il n’y a pas un seul parti qui a proposé un programme qui promet de se dresser contre les sociétés géantes qui fabriquent de l’alcool au Maroc et le vend aux Marocains sans rencontrer aucune résistance, ni dans le parlement, ni dans la presse publique comme c’est le cas dans les pays européens, où les associations civiles et le ministère de la santé se dressent contre ce lobby monstrueux qui n’a pas d’autre souci que vendre le plus d’alcool possible et multiplier ses gains.
Chez nous, au Maroc, personne n’importune ces sociétés géantes qui récoltent des fortunes aux dépens de la santé publique des citoyens. La raison c’est que ces sociétés dépensent des centaines de millions pour acheter le silence d’une partie des hommes de presse. Plus cela, elle va jusqu’à organiser des nuits de boisson gratuite pour les invités et les journalistes comme c’est arrivé durant le festival des «Gnaouas» à l’hôtel Sofitel. C’était une occasion pour certains hommes de presse de lier de près connaissance avec les produits de cette société, pas pour faire des articles dessus, mais précisément pour ne pas faire d’articles dessus. Au lieu de la règle «regarde et tais-toi» qui est en cours dans le relation de certaines sociétés avec les journalistes, d’autres sociétés d’alcool préfèrent une autre règle : «bois et tais-toi».
Le ministre des aménagements veut seulement importer le code de la route de la Suède, mais il ne veut pas importer les règles strictes à l’aide desquelles la Suède gère et la vente et la distribution et la consommation de l’alcool. Ces chrétiens ont découvert que la facture que le gouvernement paie à cause de l’alcoolisme et la conduite en état d’ivresse est très supérieure à ce qu’elle récolte des impôts sur cette industrie.
Le parti «Istiqlal» (indépendance) était le plus grand opposant de la politique «Tarouige» dans le parlement. Mais depuis qu’ils ont un ministre du tourisme qui s’appelle Adil Douiri qui organise des congrès touristiques avec des tables remplies des vins les plus luxueux, le parti a cessé de parler du vin et a commencé a parler du prix du pain.
Aujourd’hui la tribu des buveurs au Maroc craint que le PJD (parti justice et développement : parti à principes islamiques) accède au gouvernement. Mais c’est une crainte sans fondement, car la plus grande région productrice de vin est Meknès, et son maire n’est autre que Belkoura, membre du PJD par l’occasion.
Les Marocains n’ont pas besoin d’un parti qui interdit l’alcool. La réalité montre que les Marocains boivent environ cinquante millions de litres de rouge chaque année, c'est-à-dire qu’il boivent plus de rouge que de lait. C’est pour cela qu’il faut traiter avec cette réalité sociale et morale avec réalisme et loin de l’utilisation électorale.
Ce dont on a réellement besoin, c’est d’un lobby social et politique très fort qui puisse obliger les sociétés de production d’alcool au Maroc à prendre en charge une partie importante des conséquences de la catastrophe sanitaire qu’elles causent aux Marocains. Comme contribuer à la construction d’un hôpital pour les cures de désintoxication. Et contribuer avec les sociétés d’assurances à couvrir financièrement le traitement. Ce que nos chers parlementaires ne savent pas, c’est que nous, au Maroc, n’avons pas une seule clinique spécialisée dans les cures de désintoxication, et les sociétés d’assurances refusent de payer pour le traitement des alcooliques.
Et si les familles riches ont les moyens d’envoyer leurs fils et leurs filles pour guérir leur alcoolémie dans des cliniques françaises, le reste de la tribu des buveurs souffre en silence, et rien ne montre leur dépendance et ne les fait sortir de leur respectabilité, si ce n’est l’odeur du rouge venant d’un container renversé dans la rue…
Article écrit par Rachid Niny pour le quotidien arabophone Almassae du lundi 16 juillet.
Quelques remarques préliminaires
La première chose que je remarque, malgré vos protestations, Asmae, que tout ça sent le traduit, c'est que votre texte est remarquablement fluide. Traduire d'une langue à l'autre, c'est très difficile. Il faut non seulement traduire le sens littéral mais également l'ensemble de référents propres à une langue et qui sont nécessaires pour la compréhension. C'est donc un énorme travail que vous avez fait pour nous et je vous en remercie profondément.
La seconde est qu'en effet, ce journaliste ne manque pas de courage. Non seulement attaque-t-il des politiciens et des partis politiques directement, ce qui n'est déjà pas simple, mais surtout, il s'attaque en première ligne à l'un des plus grands tabous du Maroc, le rapport des marocains avec l'alcool. On n'a pas le droit de vendre de l'alcool aux marocains (qui sont, par définition, musulmans, sauf les juifs marocains qui ont d'ailleurs une carte d'identité spéciale... Intéressant concept, non ?) et les marocains n'ont pas le droit de le consommer.
L'alcool, interdit majeur de l'Islam
Le Maroc est un pays musulman et l'alcool un des plus grands interdits de la religion. Donc, comme une partie de la loi marocaine est basée sur le Coran, boire de l'alcool est un délit, vendre de l'alcool à un musulman, un crime. Cela amène à certains problèmes que l'article ne fait qu'évoquer parce qu'ils sont très connus. Un plan de santé publique avait tenté d'imposer il y a quelques temps le test d'alcoolémie au volant, pour diminuer le nombre d'accidents de la route. Mais cela n'a pas pu passer et ne passera probablement pas avant un certain temps, parce que cela supposait dès le départ qu'un nombre important de marocains étaient dans l'illégallité et n'étaient pas de bons musulmans. Comprenez, en soi, c'est insultant, mais surtout, si les contrôles révélaient la présence, aussi infime et peu dangereuse soit-elle, d'alcool dans le sang, la personne testée devrait aller en prison.
Donc, techniquement, l'alcool est interdit, point barre. Mais évidemment, peu de gens respectent cet interdit. D'abord parce qu'acheter de l'alcool est facile, ensuite parce que c'est tentant quand on voit les juifs et les étrangers boire sans pour autant que la foudre divine ne les paralysent. Alors pourquoi ne pas envisager de considérer la question autrement et mettre en place une législation adaptée à la réalité du pays et non à son idéal religieux que personne ne fait même semblant de respecter ? C'est ce que réclame l'article et une partie de la population. Je suis certaine que les français seraient bien d'accord avec cette remarque qui apparaît au premier abord de bon sens. Mais c'est plus compliqué que ça : LE MAROC N'EST PAS UN PAYS LAIC. Il ne peut pas agir uniquement pour déterminer des lois aptes à régir la société telle qu'elle est, mais également telle qu'elle devrait être. Remettre en cause la politique gouvernementale et politique au sujet de l'alcool va donc plus loin que d'attaquer tel ou tel homme politique. Elle revient à dire que la laïcité est l'unique voie vers la modernisation et donc que le rôle de Commandeur des Croyants du roi doit être abandonné... Et ça, mes amis, ça va loin. Plus loin, je crois même que ne le veut vraiment le journaliste et je m'en explique.
Maroc, futur état laïc ? Mhumm...
Le journaliste prend en exemple la Suède, où l'on contrôle sévèrement la distribution d'alcool, qui se fait dans des magasins d'état et à un prix prohibitif. Le but de la législation suédoise n'est cependant pas d'interdire aux gens de boire comme l'article pourrait le faire penser mais à l'état de contrôler l'alcool, produit de luxe surtaxé. Outre que cela n'empêche pas les suédois de se biturer la gueule sévèrement et violemment, proposer ce modèle pour le Maroc est irréaliste et encore une fois, profondément insultant pour le gouvernement. Il ferait de l'état, guarrant de l'Islam, je vous le rappelle, le distributeur de l'interdit, officiellement, alors que ce que le journaliste dénonce, c'est que les politiques le fassent déjà officieusement.
En soit, c'est aussi grave voire bien plus que le scandale que le journaliste dénonce à propos du bar situé dans un Abhas... Sauf si l'on en revient à proposer un état laïc. Mais vous remarquerez que le ton de l'article est très moral et très moralisateur dans le sens musulman du terme. Il s'insurge que le ministre des affaires islamiques autorise un bar à vendre de l'alcool alors qu'il appartient à la même personne qu'une agence de voyage qui est habilitée à organiser le Pèlerinage à la Mecque (un des 5 pilliers de l'Islam, tout de même et donc réglementé. Les agences de voyage qui ne sont pas "hallal" et ne respectent pas les impératifs du pèlerinage ne sont pas acceptées). C'est indignant, scandaleux, d'autant que ce bar est un Abhas, n'est-ce pas ? Mais là encore, c'est une forme de moralisation très marocaine : lui entre tous ne devrait pas permettre cela, à ce bar entre tous, cette agence de voyage entre toutes... Comprenez-moi bien : si l'on prend un raisonnement de logique formelle, son argument n'est valable QUE SI il prône l'interdiction effective de l'alcool. Tandis qu'il prône le réalisme et donc des moyens de lutter contre l'alcoolisme et les ravages qu'il provoque. Du coup, il peut s'indigner de l'hypocrisie des politiques qui interdisent d'une main et versent le vin de l'autre, mais il ne devrait pas se baser sur la religion pour le faire ! Donc, cette partie de l'article est soit superflue, puisqu'il dénonce déjà plus haut la collision des politiques et de l'alcool, soit il relève un fait qui le choque profondément en tant que musulman. Mais alors, si ça le choque vraiment, ce que je crois, comment vivra-t-il la légalisation nécessaire de l'alcool si l'on veut contrôler sa distribution ? Contradiction des contradictions, peut-être, mais il n'empêche que la majorité des gens vivrait très mal une légalisation de l'alcool, c'est à dire la négation de l'état musulman, même ceux qui boivent de temps en temps...
Apparté : des contradictions françaises
Un peu plus loin, le journaliste parle des cliniques de désintox en France et du combat que les occidentaux mènent contre les lobbys alcooliers. Si vous avez déjà vu un politique français pris à partie dans un débat sur l'alcool sur la consommation du vin, vous comprendrez que ces fameux lobbys alcooliers ont encore de beaux jours devant eux. Le ministre de la santé a été jusqu'à financer en partie une campagne de pub disant : "un verre de vin par jour fait du bien à la santé", ce qui est hallucinant. Donc on dit, l'alcool n'est pas bon, d'accord, mais là, on parle d'autres alcools, pas du vin. Le vin, c'est pas de l'alcool, n'est-ce pas, c'est une hygiène de vie. Sérieusement, je me souviens d'une émission dans lequel un parlementaire français déclarait ça sans sourciller (faut dire qu'il possédait un chateau et qu'il représentait le groupe parlementaire des propriétaires de crus, oui, y'a un groupe parlementaire, si, si...), couvrant la voix d'un pauvre mec issu d'une asso contre l'alcoolisme qui essayait de dire, sans y parvenir, une vérité pourtant toute simple : il y a autant d'alcool dans un verre de vin que dans un wisky servis dans un bar, ou une bière, etc. et ce n'est pas la nature de l'alcool qui pose problème mais la quantité et la régularité d'ingestion dudit. Là, le parlementaire, se lève, rouge de colère et déclame un truc du genre : "vous n'allez quand même pas nous dire que se bourrer la gueule à l'eau de vie, c'est pareil que boire un verre de vin en mangeant ? Mais alors, tous nos parents étaient des alcooliques !" Ce à quoi n'a pas su répondre le pauvre mec de l'asso. Ben oui, en soit, la remarque n'est pas fausse. Il n'y a pas si longtemps, dès 7 ans, les enfants buvaient du vin coupé d'eau et tout le monde prenait un verre de vin à table sans que personne n'y trouve à redire. A dire vrai, il est fort probable que peu d'entre ces gens aient été alcooliques. Mais ce n'est pas de cela que parlait le mec de l'asso et c'est avec ce type d'arguments détournés que les alcooliers et en particulier, le lobby du vin, extrêmement puissant en France parce que c'est une de nos cultures principales, s'en sort.
Maroc, tabous et arrangements
Bref, la situation au Maroc à propos de l'alcool est un des nombreux exemples d'hypocrisie d'une société qui vit dans l'idéal de l'islam et la réalité de l'ouverture au modernisme. S'y attaquer de front est certainement courageux et de fait, il faudra bien un jour qu'on en parle sérieusement. Cependant, à mon avis, personne n'est prêt aux conséquences d'une remise à plat de la situation, qu'elle aille dans un sens ou dans l'autre. Interdire vraiment l'alcool ? Impossible. Outre que le pays est producteur de vin et de bière entre autres choses telles que la Mahia, une eau de vie que les gens pauvres se fabriquent eux-mêmes avec des conséquences souvent dramatiques (comme ces gens qui confondent éthanol et méthanol, provoquant la mort par empoisonnement immédiat des buveurs), il n'est tout simplement pas possible de concilier ouverture au monde et durcissement des lois de la Charia (loi corannique). Légaliser l'alcool et prendre les mesures qui s'imposent pour la santé publique ? De même, dans le climat de recherche d'identité du Maroc, c'est impossible, parce que ce serait renier un élément fondamental de la culture, à savoir la religion. Donc on boit dans des bars, mais pas en terrasse, on vend de l'alcool à tout le monde, mais pas pendant les fêtes religieuses, l'ivresse sur la voie publique est sévèrement réprimée mais pas l'alcoolisme mondain, etc.
Ce n'est pas idéal, mais nous vivons en France des situations d'hypocrisie similaire, que nous pourrions détailler pendant des heures, comme celle dont je parlais tout à l'heure à propos du vin. Ceci dit, il est bon que des journaux puissent dire ce genre de vérité. Il est bon, en fait que cette hypocrisie n'occulte pas une prise de conscience qui permette à terme, quand les principaux problèmes identitaires du Maroc seront résolus, de s'attaquer sérieusement à la question. Parce que bien sûr, il faudra le faire un jour et qu'en plus, ce type de débat change la nature de la détermination identitaire du Maroc. C'est donc en tous points nécessaire. Et cela a des conséquences immédiates plus positives (bien qu'inattendues) qu'on ne pourrait le penser. Réfléchir aux tabous du Maroc musulman et déterminer ceux qui sont tellement forts qu'ils ne peuvent pas être bousculés à la légère permet la mise en place de solutions alternatives. Oui, c'est un fait qu'il n'existe pas de cliniques de désintox ici... Mais il y a des associations qui s'occupent des gens désocialisés, qui sont financées en partie par l'état et dont l'une des missions officieuses est la désintox et l'information sur l'alcool et la drogue...
De même, bien que l'adultère ou la sexualité hors mariage n'existent évidemment pas et sont interdits par la loi (tu parles, Charles !), une campagne de prévention du sida a vu le jour grâce à une asso qui s'est mise à ditribuer des préservatifs dans les médinas et les quartiers pauvres !!! Imaginez le choc, et pourtant, ça s'est fait, via une association.
Les filles-mères n'ont aucune protection légale. Ben oui, de toute façon, si elles en sont arrivées là, c'est qu'elles ont contrevenus à la loi, on va pas en plus les prendre en charge... Sauf que là encore, des associations, des foyers voient le jour un peu partout et sont en partie financés par l'état. D'une manière détournée, évidemment, mais ce que je veux dire, c'est que l'hypocrisie va dans les deux sens et sert aussi, puisque c'est la seule manière pour le moment, à tenter de trouver des solutions. Le Maroc est un pays qui joue beaucoup la carte de l'arrangement, du moment que tout le monde garde la face. Ainsi, l'âge légal du mariage des femmes est 18 ans. Mais si une jeune femme a un enfant et que son fiancé veut l'épouser alors qu'elle n'a pas 18 ans, le juge va autoriser le mariage sous prétexte que la jeune fille aura prouvé qu'elle était apte à être femme. Dans certains cas, c'est dramatique, évidemment et cela amène à des excès terribles, comme le mariage de filles trop jeunes qui ne l'avaient pas demandé. Mais cela sert aussi à graisser les rouages et à permettre à un couple enthousiaste de régulariser leur situation au lieu de subir le déshonneur d'un enfant illégitime. Or le souçi de la remise à plat des tabous, c'est que ce type d'arrangements n'est plus possible... En soi, alors que toute la société marocaine fonctionne comme cela, c'est contre-culture, pourrait-on dire comme on dirait contre-nature.
Mais ça, c'est mon opinion, évidemment. La question est ouverte, non seulement sur ce blog, mais partout au Maroc, à voix basse, sur Internet, dans l'esprit des gens. Le vrai point positif de l'article est de rappeler que le débat n'est pas clos, qu'il faut poursuivre la discussion. Les années à venir verront sans doute la réponse que le Maroc se choisira, bonne ou mauvaise, à cette question de l'alcool et puis à d'autres, se dégager petit à petit.
Publicité