Des copains marocains

Publié le par Mel

Bonjour les zamis !

Aujourd'hui où je vais revoir mes copains parisiens, une ch'tite réflexion s'imposait sur les copains marocains que nous nous sommes faits en ces quelques mois passés ici.

Première réflexion : contrairement à ce que prétendent certains expat', se faire des copains, c'est vachement simple, en fait. Les gens aiment bien discuter, sont curieux de tout et si tu te montre un tant soit peu agréable, mais genre normal, en fait, hein, pas besoin de quoi que ce soit d'extraordinaire non plus, être isolé ne t'arrivera jamais ici.

Deuxième réflexion, les gens invitent peu chez eux, ils préfèrent en règle générale sortir. Ici, les marocains aisés sortent quasi tous les soirs, au moins pour boire un pot entre potes dans un café. Cette première partie de la soirée se termine aux alentours de 9h30, à peu près, et c'est là que les gens déterminent s'ils veulent aller au resto ou rentrer chez eux. Bref, tout ça pour dire que ceux qui me connaissent savent à quel point je suis casanière. Moi, sortir tous les soirs, très peu pour moi. alors, il est vrai que je suis dans le bon quartier pour les cafés, donc on va régulièrement se prendre un pot entre copains, mais le plus souvent, ce que j'aime et que j'ai toujours aimé, c'est faire des soirées chez moi. Soirées à thème : jeux, quizz, etc. Ou bien repas ou encore fêtes, j'aime toutes les formules, en réalité.

Et là, nous nous heurtions (le terme est un peu fort, mais bon...) à un petit problème culturel : les gens ne vont pas trop les uns chez les autres quand ils sont jeunes. Soit parce que comme ils ne sont pas mariés, ils vivent chez papa-maman et ne souhaitent pas les embêter (on les comprend, hein, moi non plus, je ne souhaiterais pas m'imposer de la sorte), soit parce que recevoir implique tellement de choses, ici ! Faire à manger dans des proportions effroyables, parce qu'on invite 10 personnes et 50 arrivent (les voisins, la famille, etc.). Faire un diner implique un formalisme à outrance qui te pousse à veiller personnellement au gavage de tes convives, par la force si nécessaire. ;-)
Ergo, ben ils n'avaient pas nécessairement envie de venir chez nous, sachant qu'ils ne pourraient pas renvoyer l'invitation.

Et c'est là que nous avons trouvé la solution : les fameuses soirées jeux ! Ben oui, jouer, cela implique d'être chez quelqu'un, parce que dans un resto ou une boite, c'est pas bien pratique, et ici, les cafés jeux ne sont pas très développés. Bref, donc nous avons lancé le principe des soirées jeux libres (ce à quoi les gens ont envie de jouer sur le moment, fonction du nombre de présents) une fois par mois, plus des soirées jeux spécifiques (un jeu prédéterminé) régulièrement. Et ça marche du tonerre de dieu !!!

La recette est quasi la même qu'à Paris à dire vrai : je fais un buffet (de mes blanches mains, je précise, Amina ne m'aidant qu'occasionellement pour préparer les légumes ou les salades), les gens DOIVENT amener à boire (même si juste une bouteille de jus de fruits, le principe n'est pas tellement de les ruiner mais simplement de les faire participer à la soirée de manière à ce qu'ils ne se sentent pas en dette de quoi que ce soit, trop gênés pour revenir s'ils ne peuvent pas à leur tour nous inviter), une fois sur place ils se démerdent pour se servir à boire et à manger (ça détend terriblement l'atmosphère) et on joue.

Et bien, les marocains comme les français, on peut les tenir grâce à l'estomac, c'est moi qui vous le dit. ;-) Au résultat, je serais bien en peine de lister tous les noms de tous les copains qui viennent chez nous régulièrement et qui deviennent de plus en plus proches au fil du temps, comme à Paris, quoi. Et encore comme à Paris, le mot s'est répandu que nous organisions ces soirées et les gens veulent y être invité : c'est du dernier chic, lol !

Du coup, une fois intégré le principe, réinviter les gens à la maison même sans prétexte, ça marche très bien : ils sont apprivoisés, ils se sont fait leur marque sur les canapés, les chats leur grimpe dessus sans qu'ils s'en rendent compte, bref, ça y est, ils font partie des murs, lol. C'est ainsi que certains débuts d'amitiés se nouent entre eux et nous, tranquillement, tout doucement. Et je suis bien contente que ça puisse marcher ici, mon modèle de soirée sympa, parce que décidément, je suis vraiment trop crevée et trop flemmarde pour sortir tout le temps, moi. Alors forcément, au début, j'avais un peu peur. Comme quoi, hein, malgré les myriades de différences culturelles importantes entre la France et le Maroc, avec un peu d'adaptation des deux côtés et beaucoup de bons petits plats, on crée des ponts inter-culturels ! ;-)
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