Femmes du Maroc : la Moudawana
Bonjour les zamis !
Alors, la Moudawana, c'est à dire le code de la famille, j'en avais déjà parlé en janvier dernier, là. Sinon, vous avez le texte de la Moudawana au complet là.
Quoiqu'il en soit, c'est pas complètement inintéressant d'y revenir, maintenant que j'ai un peu plus de recul. Disons le tout net, ces réformes constituent un énorme progrès pour les femmes du Maroc. D'ailleurs, un peu partout dans le monde arabe, cette fameuse Moudawana fait beaucoup parler et débattre. Est-ce ou non dans l'esprit de la Charia ? Ce progrès social est-il applicable ailleurs ?
Ceci dit, tout n'est pas réglé, loin de là. Les problèmes que j'évoquais à l'application des dispositions de la réforme de la Moudawana sont toujours d'actualité mais surtout, eh bien, il y en a d'autres...
Le premier problème, c'est qu'au Maroc, personne n'en parle, de ces réformes. Il n'y a eu quasiment aucune communication institutionalisée auprès de la population. Du coup, ni les femmes, ni les hommes ne savent vraiment ce qu'il y a dedans, et ça amène à un certain nombre d'idées fausses.
Pour les hommes, ils comprennent souvent que les femmes ayant plus de droits, les hommes sont lésés, donc ils sont rétifs à l'application de la moindre disposition de ladite Moudawana réformée, comme par exemple la possibilité de déterminer ce qu'il en sera des biens du couple ou bien alors l'interdiction sous peine de divorce automatique de la polygamie.
Pour les femmes, elles n'en retiennent pas l'essentiel. Ce n'est pas tant l'émancipation de la tutelle du père puis du mari qui les frappe que la possibilité de divorcer plus facilement... L'autorité parentale conjointe, personne ne sait ce que ça veut vraiment dire, la possibilité de se marier seulement à 18 ans est soit absurde (en ville, on ne se marie pas si tôt), soit non respectée (pourquoi refuser un mari tout à fait convenable à sa fille de 15 ans qui sait très bien tenir sa maison ? Après tout, c'est à cet âge là que j'ai épousé sa mère...), etc.
Mais il y a pire, bien pire que ces imprécisions, ces on-dit qui font que l'esprit même de la loi est déformé dans l'esprit des gens par manque d'information. C'est que les cadis et les imans de la campagne ne sont même pas au courrant de ce qu'elle dit, cette réforme. Ben oui, les communiqués officiels en arabe classique... Comment dire... Et puis la tradition est là pour les guider, ils n'ont jamais eu besoin de se référer à ce genre de choses avant, n'est-ce pas ? Pourquoi le feraient-ils maintenant ? Donc ils refusent certaines clauses parfaitement légales parce qu'elles ne sont pas traditionelles, en imposent d'autres devenues caduques, continuent à marier les filles à 15 ans, à faire hériter les petits-fils préférentiellement aux petites-filles, etc.
Enfin, une (au moins !) des dispositions de la nouvelle Moudawana pose un gros problème : l'obligation de recourir à un juge des familles pour tout ce qui touche aux disposition d'ycelle. Pour les gens aisés, pas de souçi. Mais pour les autres ? Et bien, nous nous trouvons dans un cas inssoluble, parce qu'ils n'ont pas les moyens de se payer un procédure qui peut être longue, complexe (y'en a pas encore partout de ces fameux juges aux affaires familiales) et incompréhensible pour toutes les parties.
Bref, la condition des femmes s'améliore... Lentement. C'est encore une fois l'éducation qui décantera tout cela et fera que ces nouvelles dispositions seront appliquées et éventuellement modifiées au mieux de l'intérêt de toutes les parties.
Alors, la Moudawana, c'est à dire le code de la famille, j'en avais déjà parlé en janvier dernier, là. Sinon, vous avez le texte de la Moudawana au complet là.
Quoiqu'il en soit, c'est pas complètement inintéressant d'y revenir, maintenant que j'ai un peu plus de recul. Disons le tout net, ces réformes constituent un énorme progrès pour les femmes du Maroc. D'ailleurs, un peu partout dans le monde arabe, cette fameuse Moudawana fait beaucoup parler et débattre. Est-ce ou non dans l'esprit de la Charia ? Ce progrès social est-il applicable ailleurs ?
Ceci dit, tout n'est pas réglé, loin de là. Les problèmes que j'évoquais à l'application des dispositions de la réforme de la Moudawana sont toujours d'actualité mais surtout, eh bien, il y en a d'autres...
Le premier problème, c'est qu'au Maroc, personne n'en parle, de ces réformes. Il n'y a eu quasiment aucune communication institutionalisée auprès de la population. Du coup, ni les femmes, ni les hommes ne savent vraiment ce qu'il y a dedans, et ça amène à un certain nombre d'idées fausses.
Pour les hommes, ils comprennent souvent que les femmes ayant plus de droits, les hommes sont lésés, donc ils sont rétifs à l'application de la moindre disposition de ladite Moudawana réformée, comme par exemple la possibilité de déterminer ce qu'il en sera des biens du couple ou bien alors l'interdiction sous peine de divorce automatique de la polygamie.
Pour les femmes, elles n'en retiennent pas l'essentiel. Ce n'est pas tant l'émancipation de la tutelle du père puis du mari qui les frappe que la possibilité de divorcer plus facilement... L'autorité parentale conjointe, personne ne sait ce que ça veut vraiment dire, la possibilité de se marier seulement à 18 ans est soit absurde (en ville, on ne se marie pas si tôt), soit non respectée (pourquoi refuser un mari tout à fait convenable à sa fille de 15 ans qui sait très bien tenir sa maison ? Après tout, c'est à cet âge là que j'ai épousé sa mère...), etc.
Mais il y a pire, bien pire que ces imprécisions, ces on-dit qui font que l'esprit même de la loi est déformé dans l'esprit des gens par manque d'information. C'est que les cadis et les imans de la campagne ne sont même pas au courrant de ce qu'elle dit, cette réforme. Ben oui, les communiqués officiels en arabe classique... Comment dire... Et puis la tradition est là pour les guider, ils n'ont jamais eu besoin de se référer à ce genre de choses avant, n'est-ce pas ? Pourquoi le feraient-ils maintenant ? Donc ils refusent certaines clauses parfaitement légales parce qu'elles ne sont pas traditionelles, en imposent d'autres devenues caduques, continuent à marier les filles à 15 ans, à faire hériter les petits-fils préférentiellement aux petites-filles, etc.
Enfin, une (au moins !) des dispositions de la nouvelle Moudawana pose un gros problème : l'obligation de recourir à un juge des familles pour tout ce qui touche aux disposition d'ycelle. Pour les gens aisés, pas de souçi. Mais pour les autres ? Et bien, nous nous trouvons dans un cas inssoluble, parce qu'ils n'ont pas les moyens de se payer un procédure qui peut être longue, complexe (y'en a pas encore partout de ces fameux juges aux affaires familiales) et incompréhensible pour toutes les parties.
Bref, la condition des femmes s'améliore... Lentement. C'est encore une fois l'éducation qui décantera tout cela et fera que ces nouvelles dispositions seront appliquées et éventuellement modifiées au mieux de l'intérêt de toutes les parties.
Publicité