Femmes du Maroc : les cas les pires

Publié le par Mel

Bonjour,

Alors comme promis hier, on va parler des conditions de vie d'autres femmes marocaines, les plus défavorisées d'entre elles. Pourquoi ? Parce que ces quelques exemples, des cas qui heureusement, ne sont pas la norme mais sont suffisament répandus pour constituer une atteinte majeure à la dignité humaine, montrent par contraste avec la condition des femmes éduquées toute l'étendue de la condition générale des femmes au Maroc, comprise entre ces deux extrêmes.

Vie au bled

Tout d'abord, avant de parler du pire, intéressons-nous à ce qui se passe au bled, c'est à dire dans les campagnes. C'est certainement là que les femmes vivent le plus traditionellement. Les conditions économiques y sont variables, allant d'un relatif confort issu généralement de l'agriculture à la misère la plus totale. La modernité y est quasiment absente et seules les téléboutiques et la poste apportent des liens avec l'extérieur. Les routes sont chaotiques, bref, les bleds et les campagnes forment des communautés relativement isolées.

Dans ce cadre, les relations hommes-femmes traditionelles sont respectées. Les femmes ne travaillent quasiment jamais à l'extérieur, ou alors dans le cadre de l'exploitation agricole, ce qui a toujours été une réalité et n'a jamais donné lieu à un salaire, donc pas de remise en cause des rôles. Les écoles sont souvent lointaines, donc tous les enfants n'y vont pas, et en tout cas, clairement pas toutes les petites filles. Quand elles ont la chance d'avoir une école pas trop loin, elles y vont jusqu'à la fin de la primaire, jamais ou quasiment au delà, car les collèges et lycées sont encore plus rares et de toute façon, une fille pubère ne doit pas sortir de chez elle. Qui plus est, il est communément admis qu'une bonne épouse est soumise et le savoir ne peut que détourner les femmes de leurs devoirs qui sont le ménage et les enfants. Mais si le modèle patriarcal de la société marocaine peut, pour des femmes de bonne condition sociale, représenter un idéal car elles en sont le pilier invisible, dès que l'on s'approche de la pauvreté, les conditions sont plus dures et le modèle plus cruel. Il ne s'agit pas là d'être le pilier de quoi que ce soit, mais bien de l'acceptation la plus basique des rôles de la femme. En tout état de cause, elles vivent essentiellement entre elles, se rendent visite entre voisines, respectent les hommes et forment une société parallèle. Certaines sont très heureuses ainsi et on n'est pas là dans le cadre des cas honteux dont je parlais en préambule, mais les conditions d'exploitation des femmes les plus pauvres sont réunies. Et c'est ce dont on va parler désormais.

Jeunes filles "vendues" en mariage

Dans le cadre d'une extrême pauvreté, les femmes deviennent des denrées susceptibles de rapporter de l'argent. En effet, ici, le système est conçu à l'inverse de celui qui prévalait en France. La dot n'est pas donné par la famille de la femme au mari, mais par le mari à la femme. Elle doit servir de guarantie au cas où la femme serait répudiée et lui constitue logiquement un capital personnel. Dans les campagnes, cette dot est très souvent donnée à la famille qui "vend" littéralement ses filles, parfois extrêmement jeunes. Si l'âge légal du mariage est maintenant de 18 ans pour les femmes comme pour les hommes, il est rare qu'il soit respecté. Il ne l'était d'ailleurs pas, même quand il était à 15 ans. Il y a de bons moyens de contourner la loi : corrompre un imam qui antidate les papiers, attendre que la fille ait un bébé, ce qui "oblige" le promis à se marier par jugement, etc. Des jeunes filles de 13, 14 ans sont comme ça régulièrement vendues, parfois sans aucune guarantie pour les protéger. Elles font office de servantes avec qui on couche pour un certain nombre d'hommes aisés qui s'empressent de les mettre à la rue quand elles ont un enfant ou qu'elles deviennent embarrassantes, ce qui grossi la cohorte des filles-mères, déshonorées, qui ne peuvent pas rentrer chez elles mais n'ont souvent aucun moyen d'assurer leur subsistance, étant en règle générale illettrées ou presque. Parfois, ce sont même les mères de jeunes hommes qui achètent ces filles à bas prix pour calmer les ardeurs de leurs garçons avant qu'un mariage sérieux ne se présente. Parfois cependant, elles font de vrais mariages dont elles n'auraient voulu à aucun prix : avec un vieillard libidineux, avec un homme qui veut une femme entièrement soumise, avec des hommes et des belles-familles souvent violents car elles n'ont aucun droit et aucun respect.

Je ne noirci pas le tableau, ces femmes-là existent et sont légions. Bien sûr, leur condition n'est pas celle de toutes les femmes du bled, mais  elles sont plus nombreuses qu'on pourrait l'espérer. Elles représentent la partie sombre du Maroc, celle de l'esclavage caché qui perdure encore. Il n'est même pas compliqué de trouver ces jeunes filles : allez dans une campagne pauvre, dites que vous cherchez une femme pour votre fils, votre frère, vous-même, on vous guidera parmi un choix correspondant à vos moyens. On peut espérer acheter une fille à partir de 1000 dhs, certaines se vendent jusqu'à 10 000 ou 20 000dhs et si elles sont "vieilles" (comprendre une vingtaine d'année), pas très jolies ou alors "divorcées", je suis sûre que vous devriez en dégotter une à 500dhs.

Les petites filles esclaves

Si les jeunes filles sont donc une source potentielle de revenus pour les familles les plus pauvres, celles qui n'ont pas vraiment d'autres choix pour simplement se nourrir, les petites filles sont au contraire une charge : une bouche à nourrir qui ne servira pas à guarantir vos vieux jours puisqu'elles vivront uniquement dans et pour le service de leur belle-famille.

Tranquilisez-vous, il existe un moyen de rentabiliser très tôt leur éducation : le travail domestique des petites filles. Celles-là, on les loue à des familles aisées d'un peu partout au Maroc, aux alentours de 200 dhs par mois au mieux, pour des gamines qui seront des bonnes à tout faire et ne réclameront qu'un entretien minime. Elles ont 5 ans, 6 ans, 7 ans et n'ont aucun espoir de sortir de leur servitude. Si elles ne sont pas violées par leur maître arrivées à l'adolescence, elles seront vendues en mariage, avec la guarantie qu'elles savent tenir une maison. Heureusement, l'exploitation des petites filles est interdite et fait l'objet d'une grande campagne de sensibilisation nationale et d'aide aux rescapées, mais on est loin d'avoir réglé le problème. La seule chose qui fasse réellement progresser les choses, c'est que désormais, on a honte d'exploiter ces petites filles et donc c'est compliqué, on doit le cacher aux voisins, c'est pas nécessairement valable, vu que le travail des bonnes n'est pas si cher. Pourtant, c'est si pratique, une petite fille qui reste cloitrée chez vous : pas de problème de vol, pas de salaire (200 dhs par mois au père présumé... Ce n'est rien!), pas de revendications, pas de jours fériés, aucun droits. Là encore, pour les trouver, suffit d'aller au bled, rien de plus simple. Et encore, ça, c'est quand vous n'êtes pas démarché à domicile par un père qui tient par la main une petite fille scrofuleuse aux yeux baissés.

Les solutions mises en oeuvre

Voilà, le pire de la condition féminine au Maroc, c'est ça : la servitude, l'esclavage. Evidemment, cette situation est inacceptable pour toute personne dotée d'un minimum de sens moral. Je vous le disais, pour le travail des petites filles, le gouvernement a lancé une grande campagne de sensibilisation et des refuges sont créés pour recueillir les petites filles sauvées de l'esclavage. Mais cela ne peut pas suffire. Pour elles comme pour les jeunes filles vendues en mariage, la seule solution est l'éducation. Il faut à tout prix éduquer les femmes des campagnes pour qu'elles n'acceptent plus que leurs filles soient une simple marchandise, éduquer les petites filles pour qu'elles aient les moyens d'une autre condition, éduquer les pères pour qu'ils ne jugent plus normal de se servir ainsi des femmes, etc. Mais si cette réalité terrible existe, c'est aussi parce que les campagnes sont parfois confrontées à une pauvreté hallucinante qui ne laisse pas des masses d'options pour la survie. Quand on n'a que du pain et du thé toute sa vie pour tout aliment, et encore, pas tous les jours, les problèmes moraux prennent une autre dimension. Il faut donc également travailler dans le sens de l'aide humanitaire vis-à-vis des populations pauvres. Là encore, un système d'aide se met en place, lentement mais sûrement, de même que des écoles sont créées un peu partout de manière à apporter réellement l'éducation à tous.

Pour les filles-mères, des centres associatifs voient le jour pour recueillir ces jeunes filles et les réintégrer autant que possible dans la société en leur donnant un emploi et en les alphabétisant. Ainsi, à Casa, il existe un restaurant tenu par une maison de filles-mères, qui sert à financer le refuge et à réhabiliter les femmes dans leur dignité en leur démontrant la valeur de leur travail qui leur rapporte de l'argent et l'indépendance, souvent pour la toute première fois de leur vie.

Pour les enfants abandonnés, très nombreux, puisque les jeunes filles mises à la rue par leur "patron" ou éternel "fiancé" n'ont pas les moyens de s'en occuper, des orphelinats les recueillent en attendant la bonne volonté de parents adoptifs. Le système est plus souple, ici. Pourvu que vous soyez musulmans, on vous donne facilement un enfant. Les pires des cas ne seront jamais pires que ce qui peut leur arriver dans la rue, n'est-ce pas ? Sans doute, cela ne suffit pas à guarantir un bon avenir à ces petits, mais souvent, les gens qui adoptent le font de bonne foi, pour avoir un enfant de plus. La solidarité sociale joue bien à ce niveau-là.

Bref, le Maroc est conscient du problème et tend à le régler. Mais la situation est longue à se résorber du fait de la pauvreté, du manque d'éducation et aussi d'un système qui juge qu'après tout, rien de cela n'est réellement très grave dans le mesure où le travail domestique et la soumission à son mari est la norme. Pour améliorer définitivement la condition des femmes d'un pays, il convient en premier lieu d'améliorer la condition des plus pauvres d'entre elles. Les autres auront toujours plus de liberté, c'est une conséquence de l'argent. Si on prend le problème à rebours, il y a peu de chances en revanche que les conditions des pauvres s'améliorent. C'est ce pourquoi il importe de connaître ces faits bruts : les femmes et les petites filles sont parfois odieusement exploitées ici. Entre ces deux extrêmes que représentent les coquettes éduquées de la corniche casaouïe et elles, il y a tous les intermédiaires, qui forment la majorité souvent silencieuse des femmes de ce pays. Mais tant qu'une seule jeune fille, une seule petite fille sera vendue comme domestique ou épouse, toutes les femmes marocaines sont en danger car leur liberté et leurs droits sont des luxes.
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M
Bonjour,Oui, je comprends que vous soyez choqué si c'est ce que vous avez lu... Mais vous avez mal lu. Je ne remets pas en cause le principe de dot, qui est une disposition de la loi coranique pour protéger les femmes et doit lui appartenir en propre. Je dénonce une réalité qui n'est certes pas (et heureusement !) celle de toutes les femmes du bled mais qui existe bel et bien : le mariage de très jeunes filles à n'importe qui susceptible de payer la dot... aux parents !Ces cas, ce n'est pas moi qui les dénonce seule, mais des associations, aussi bien marocaines qu'internationales. Et si le principe de séparation des rôles hommes-femmes m'est complètement étranger, ce n'est pas cela que je pointe du doigt en la circonstance mais bien une forme d'esclavage qui est une dérive de ce système poussé à l'extrême par les conditions précaires d'existence d'une partie du Maroc.Quand aux moeurs chinoises, puisqu'on en parle, ce n'est pas les critiquer dans leur ensemble que de dénoncer la situation dramatique d'une communauté rurale très isolée dans la montagne du centre de la Chine dans laquelle les femmes sont "achetées" par plusieurs hommes de la même famille en tant que reproductrice, parce qu'elles sont trop rares pour que chacun puisse avoir la sienne...Les conditions d'extrême pauvreté amènent des abberations de ce type. Et si je respecte profondément le Maroc, il n'en reste pas moins que ces horreurs que vivent certaines petites filles ou jeunes filles doivent cesser, pour la protection de toutes les femmes du Maroc.
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N
au bled les filles se vendent !!!waw !!! juste parce que le futur mari a le devoir de donner à sa futur femme une dote c bon il l'achète!!j'aime bien lire tes billets mais là tu as exagéré ne sachant pas bien les moeurs marocaines et la religion des fois tu commences à agraver les choses à les interpréter à ta guise il faut aller au delà des constats faut pas critiquer mais comprendre se mettre à la places des autres il ne s'agit pas de la même culture l'orient n'est pas l occident et qui te dit que votre culture occidentale est la norme?? pourquoi pas l'orientale ou l'exotique ou la chinoise ? par contre je confirme ce que tu as ajouté à propos des bonnes de la différence entre les csp au maroc au plaisir de te relire
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