Bonjour à tous,
Je vois avec émotion que cette histoire provoque des remous et beaucoup de questions... Je vais donc expliquer un peu mieux le contexte des événements.
Tout d'abord, sachez qu'en effet, il n'y a pas grand chose à faire quand à la mort de mes chats. Le vétérinaire ne risque pas grand-chose, tout au plus une amende pour "atteinte involontaire à la vie d'animal". En revanche, il y a plein d'autres irrégularités dans ce qu'il a fait, et le tout combiné, j'espère obtenir soit une interdiction de pratique (peu probable, mais si l'enquête révèle d'autres choses...), soit des domages + une amende tellement forte qu'il aura du mal à s'en remettre financièrement, sans compter l'impact sur sa réputation. Comprenez moi bien, il n'y a rien sur cette terre qui puisse compenser la mort de mes chats et je ne cherche pas la vengeance. En revanche, ce vétérinaire est incompétent et je ne veux pas avoir sur la conscience la mort d'autres animaux parce que je n'aurais pas fait tout mon possible pour l'éviter.
Sachez ensuite que sur ce blog, je ne citerais aucun nom, car il ne faudrait pas tout mélanger. Ici, je parle de notre vie à ceux qui sont mes amis, je ne soutiens pas une campagne quelle qu'elle soit. D'ailleurs, vous remarquerez que je ne cite aucun nom quels qu'ils soient, même pas les nôtres au complet et c'est volontaire.
En revanche, dès que je me serais un peu posée, je compte créer un site Web qui sera dédié à cette affaire, avec absolument toutes les pièces légales en ma possession afin de prévenir le public et soutenir ma plainte. Avis d'ailleurs aux journalistes d'entre vous qui connaîtraient des chroniqueurs régionaux interessés par ce qui sera un procès au civil et au pénal...
Maintenant, pour ce qui est des événements en détails :
- D'abord, les chats n'avaient pas besoin de se faire poser une puce électronique puisqu'ils étaient tatoués et que cela suffit à leur identification, aussi bien pour le Maroc que pour la France. A ce jour, et avant 2012, seuls les USA réclament la double identification. C'est donc au mieux un défaut d'information, au pire une escroquerie.
- Ensuite, le vétérinaire a affirmé avoir pratiqué une sédation sur mes chats, non une anesthésie. Or le produit qu'il a utilisé est aussi un anesthésiant, cela justifie donc un risque opératoire qu'une sédation ne peut en aucun cas induire. Oui, n'importe quel animal peut mourir à l'anesthésie, mais outre que deux morts sur quatre, c'est énorme (et l'autopsie pratiquée sur Mephisto démontre qu'aucune malformation ne pouvait le justifier a priori), une anesthésie suppose un accord préalable du propriétaire. On appelle ça le "consentement éclairé" et cela signifie très clairement cela : quand il y a un risque, aussi minime et peu probable soit-il, le propriétaire doit en être informé clairement. Ce n'était pas notre cas. A l'inverse, à la mort d'Omar, alors que nous n'avions pas encore de raisons de douter de ce qu'il nous disait, le véto nous a affirmé que, dans la mesure où le chat n'avait subit aucun choc opératoire, il devait être cardiaque et serait mort de toute façon à court terme.
- Troisième point, le véto ne nous a fait signer aucun accord de crémation pour Omar. Il s'est débarrassé du corps on ne sait comment, et ça, c'est illégal. Un vétérinaire doit vous rendre un animal mort ou vous proposer de faire l'intermédiaire entre une société d'incinération et vous et il doit vous demander votre accord exprès. Un animal est considéré comme un bien mobilier et seul son propriétaire peut en disposer, même si ce bien doit nécessairement être détruit, jeté, dégagé, selon le cas.
- Quatrième point, le véto nous a rendu Méphisto pas réveillé. C'est illégal dans la mesure où, si pour la plupard des actes, un véto, comme un médecin, n'a pas d'obligation de résultat, il a au minimum une obligation de moyen. La surveillance d'un animal après une intervention, tant que l'animal n'est pas clairement sorti d'affaire (dans notre cas, capable de se tenir assis en tenant sa tête) relève de cette obligation de moyen. Dans le cas où la clinique vétérinaire ferme et ne peut plus assurer cette surveillance, l'obligation minimum du vétérinaire est de vous prévenir que l'état de votre animal nécessite une surveillance médicale et de vous indiquer une autre clinique apte à le supléer. Après, si l'animal meurt parce que vous avez négligé de le faire surveiller, c'est votre affaire, mais bien évidemment, ce n'est pas notre cas. Il nous a rendu l'animal en nous disant qu'il était juste un peu groggy, et quand je lui ais demandé s'il allait bien, il m'a répondu, texto " evidemment !, sinon, ce serait à désespérer de ce métier." Je vous laisse imaginer l'impact que cette petite phrase de rien a, rétrospectivement, sur moi... En tout, Méphisto a été trainé dans deux cliniques supplémentaires, la première nous le rendant dans un état encore plus limite (et d'ailleurs, elle non plus ne perd rien pour attendre) et la seconde tentant tout son possible pour le sauver mais c'était trop tard. Ce point est sans aucun doute le pire de tous car il est probable que, traité à temps, Méphisto aurait pu être sauvé.
- Cinquième point, et ça, c'est vraiment le bouquet : la puce électronique qu'il a posé sur Anté, notre petite chatte est tombée !!! Il l'a implanté dans ses poils et non sous la peau... Et là, on tombe dans l'obligation de résultat. Quand on pose une puce électronique à un animal, on s'attend à ce qu'elle soit DANS l'animal et non SUR l'animal !
Bref, comme vous le voyez, il y a quand même un sacré nombre d'éléments. Aucun d'entre eux ne permet a priori d'espérer mieux qu'un dédomagement ou une amende, une tape sur les doigts, guère plus. Pourtant, l'ensemble est accablant et c'est là-dessus qu'on compte pour prouver son incompétence.
Voilà, vous savez tout ! C'est triste et puis aussi absurde et révoltant et incompréhensible... Et nous ne saurons jamais exactement ce qui s'est passé. Et pour ceux qui voulaient savoir s'il s'était excusé, non, il ne l'a pas fait. Mais pour de bonnes raisons, d'abord, parce que c'est relativement impossible, ensuite parce que la charte des vétérinaires leur interdit de le faire dans la mesure où le fait de présenter des excuses est reconnaître implicitement sa culpabilité et constitue donc un aveu... Terrible, mais logique ! Et puis j'avoue que le coup de la puce électronique m'a ôté toute envie de lui pardonner quoi que ce soit, parce que là, vraiment, cela va au-delà de la malchance et de l'approximation réglementaire, c'est sans conteste de l'incompétence. Non, cela n'aurait pas pu arriver à tout le monde. Chacun des évenements pris séparément, peut-être, mais l'ensemble, jamais. Cela mérite donc enquête, parce que si d'autres personnes ont été victime de ce véto ou que son cabinet présente des irrégularités dans sa gestion ou son aménagement, il peut être interdit de pratique et c'est bien le mieux que l'on puisse souhaiter.
Bon, ben cette fois-ci, c'est tout ! Je me contenterais désormais de vous tenir au courant des suites légales de cette affaire, mais ne vous attendez pas à un post par semaine parce que cela prendra probablement des années...
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