Mardi 17 avril 2007
Bonjour les zamis !
 
Maintenant que j'ai obtenu officiellement l'autorisation de mes amis (merci Sandra ;-D) de faire ce que je veux de ce blog, y compris le transformer en tribune d'expression politique, je tiens à aborder un thème sur lequel je réfléchis depuis des années et qui est, d'ailleurs, à la base de mon travail personnel d'écrivain, à savoir la violence.
 
Malheureusement, ce sont encore les circonstances qui m'obligent plus ou moins à aborder ce thème, avec le massacre d'étudiants commis par un forcené en Virginie que l'on compare à Colombine, pour moi à tort, d'ailleurs, car je ne vois pas grand-chose de comparable entre des gamins tarés dont on peut supposer qu’ils ne se rendaient pas vraiment compte de ce qu’ils faisaient (ce qui démontre un GROS problème dans leur tête) et un adulte (ben oui, un étudiant, ça a plus de 18 ans, dont on est certain qu’il était en âge de bien saisir l’intégralité des paramètres de son action). Je trouve d’ailleurs personnellement choquant qu’on lie les deux au risque de banaliser l’affaire que je trouve gravissime.
Toujours est-il que, se référant à cette sombre histoire, un ami m'avait envoyé un mail me demandant si je n'étais pas un tant soit peu médium (lol) pour justement avoir évoqué Colombine à peine la veille dudit massacre. Malheureusement, il faut bien se résoudre à répondre non, quoique j'aimerai bien, c'est juste que l'air du temps est à la violence. On a longtemps cherché à en imputer la faute aux médias, aux jeux, au cinéma, mais la vraie réalité, c'est que bien évidemment, les objets de culture se font l'écho de l'air du temps, et non l'inverse. A ce titre, il redevient intéressant de se pencher sur la production culturelle de ces dernières années pour y retrouver le reflet de notre fascination pour la violence.
 
Un des médias privilégié de la violence est évidemment le cinéma, "le poids des mots, le choc des images", n'est-ce pas ? Et dans le cinéma, il y en a un qui nous parle plus que n'importe quel autre de la violence, c'est le cinéma de guerre. Et là, surprise : vous n'auriez pas remarqué comme un changement d'état d'esprit ces dernières années ? Disons depuis... au hasard, hein, Le Soldat Ryan ? Qu'y a-t-il de viscéralement différent, mettons, entre Apocalypse Now et Le Soldat Ryan ? A part le fait qu’ils ne traitent pas de la même période, évidemment… Vous ne trouvez pas ? C’est pourtant simple : le traitement de la guerre n’est absolument pas le même. Dans l’un, la guerre est présentée comme une abomination injustifiable, dans l’autre, les soldats sont des héros. J’ai pris, me direz-vous, deux exemples extrêmes. Ben en fait, même pas, y’a pire. Si vous regardez les films de guerre parus entre les années 60 et le Soldat Ryan, ils sont tous plus ou moins anti-militaristes. Tandis que depuis quelques temps, nous assistons à un retour en fanfare des valeurs « nobles » du guerrier. Et ce n’est pas le film 300 qui me démentira sur ce point.
 
Oui, comme tout le monde, j’ai trouvé ce film sublime. Normal, il l’est. Mais il est à noter qu’il est loin d’être, comme beaucoup le pensent, violent. Il est gore, c’est pas pareil. Je m’explique. La violence est une chose réelle, une donnée de notre nature profonde et quand elle s’exprime par des morts, elle est loin d’être aussi esthétique. Et dans 300, elle est très, très esthétique. Sans compter que l’aspect « fantastique » des ennemis de Sparte ne fait rien pour rendre leur mort très choquante. En fait, ceux qui regardent bien ne pourront pas s’empêcher de retrouver là un petit côté Seigneur des Anneaux très voulu et très réussi, qui place le film à la croisée des chemins entre le film de guerre et le film d’héroïc fantasy. Et là, je m’interroge. Voyez-vous, un des phénomènes les plus couramment observé dans l’exercice raisonné de la violence, qu’elle soit institutionnelle, comme c’est le cas de la guerre, ou psychotique, dans le cas d’un malade mental, c’est la déshumanisation, au nom de grands idéaux ou au moyen d’exagérations parfois ridicules, des ennemis. Si l’ennemi est un orc, par nature mauvais, rien de ce qu’on lui fait n’est trop extrême, n’est-ce pas ? Or ce film, 300, montre un des épisodes les plus symboliques de l’histoire antique, les Thermopyles, insiste sur ce mythe du guerrier parfait, porteur de valeurs très fortes et récurrentes dans l’histoire militaire occidentale, et l’oppose au Mal… Bref, la guerre, c’est Bien et être un guerrier est Noble… Sans contrepartie. Attention, hein, je ne fais pas le procès du réalisateur de ce film, je ne dis pas que c'est un taré, je dénonce une société qui approuve implicitement les valeurs véhiculées dans ce film, nuance.
 
Peut-être est-ce parce que cela fait tellement longtemps dans nos sociétés que la guerre n'a pas été portée sur le territoire national que nous en avons oublié ce que c'est. Il n’empêche que si vous vous souvenez bien, il y a quelques années de cela, la mort d’un soldat américain au combat faisait scandale et demandait de multiples explications de la part de son état-major. Désormais, c’est de l’ordre du quotidien et même si GWB a perdu le contrôle du Sénat, la seconde guerre du golfe n’est pas prête de s’arrêter.
 
Et cela, ce n'est que l'exemple de la guerre et de la manière dont nous la voyons. Mais on pourrait aussi bien parler des interrogatoires, par exemple. Prenez 24, la série mythique et que je trouve personnellement fabuleuse. On y voit le héros, Jack Bauer, faire des choses innomables aux gens qu'il interroge. C'est de la torture, purement et simplement, et pourtant, lui, c'est le gentil, le héros ! Oui, mais bon, ce sont des mauvais, n'est-ce pas ? Et puis, il a pas le temps de s'arrêter aux détails, il doit sauver le monde civilisé... On fait pas d'omelette sans casser d'oeufs. Voui, m'enfin, y'a des fois où il torture des gens inocents, comme l'ex de sa copine, par exemple. Et puis surtout, ce qui m'inquiète, c'est que quand je souligne l'outrance des moyens excercés par le héros pour obtenir ses renseignements (meurtre, torture, etc.), on me réponde, "oui, mais justement, elle est bien faite, cette série, elle est réaliste !". Ben ça, mes amis, que ça ne choque personne, ça me terrifie, d'autant que ce n'est pas faux, y'a Guantanamo et tout le monde s'en fout. Fut un temps où le monde parlait de se donner la main et peut-être était-ce irréaliste de croire que tout serait beau et plein de fleurs, mais je trouve que c'était au moins plus sympatique. Parce que si on est prêt à accepter de nos héros qu'ils utilisent tous les moyens envisageables, y compris les plus indignes de nos démocraties, pour maintenir "la civilisation", ben on est parti pour les voir se déchaîner, les cocos.
 
Je comprends que des jeunes brûlent des voitures, des indépendantistes corses, basques, irlandais ou des crétins islamistes fassent sauter des voitures, que toute personne mal dans sa peau se sente autorisée à provoquer des troubles, je comprends la fascination pour la violence, ressentie de plus en plus comme le seul, le plus légitime moyen d’expression. C’est dans l’air du temps. Mais la dernière fois qu’on a exalté les valeurs guerrières et le mythe du soldat parfait, la dernière fois qu'on a dit que la fin justifait tous les moyens, ça a donné le nazisme. Alors bon, on pourrait peut-être y réfléchir à deux fois, aujourd’hui, non ?
 
Peace and love, my friend…
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Mardi 24 avril 2007

Bonjour les zamis !


C'est l'actualité qui veut ça, je ne parle quasi plus du Maroc pour ne me concentrer que sur la France. Ne vous inquiétez pas, cela changera, assez rapidement qui plus est, puisque d'ici une petite quinzaine, nous saurons à quelle sauce nous serons mangé, lol.


En attendant, puisqu'à l'instar de la plupart des français (qui ont voté en masse), je me sens fondée à exposer et exprimer mon opinion, j'assume mes conneries jusqu'au bout et exprimerais jusqu'à la lie ce que je pense de la situation actuelle.


J'étais plutôt pro Bayrou, sans trop d'espoir qu'il parvienne au pouvoir, malgré tout. C'est un homme de dossier, un politicien plutôt solide, il manque d'envergure sans doute pour faire un excellent chef d'état, mais c'est un bon gestionnaire, c'est ce qui me faisait le préférer aux autres. Miss Pétain des Charentes, je lui trouve un programme socialiste du XIXe siècle, absolument adapté à rien, avec un retour de valeurs que je jugeais négatives. Et quand au Napoléon de Neuilly... Il me terrifie, tout simplement.


Je ne lui reproche pas ses idées : je ne lui en connais pas. Il a prôné tout et son contraire, au gré des humeurs de la foule. Il a joué sur toutes les peurs, annoncé avec fracas un jour noir, un jour blanc. mais tous les jours, je l'ai vu à la télé ces deux dernières années. Un ami vient de m'envoyer un article assez long paru dans Marianne un peu avant le premier tour des élections, je pense. Et bien que je ne sois pas d'accord sur tout, il résume assez bien ma pensée : cet homme-là veut le pouvoir par n'importe quel moyen et l'on ne sait absolument pas ce qu'il en fera. C'est cela qui me fait peur. Parce que cela me semble anti-démocratique. On n'est pas censé élire un homme, mais un programme. Vous me direz : tous les hommes politiques mentent et promettent mais ne tiennent pas. Il ne fait pas exception. Peut-être, mais ce n'est pas tout à fait la même chose. Malgré tout, en règle générale, ils restent dans une ligne de partis, peut-être dépassées aujourd'hui, je ne sais, mais enfin, on sait qu'ils ne vont pas faire n'importe quoi.


Lui, on ne sait rien. Ses résultats en tant que ministre de l'intérieur sont désastreux. Non seulement n'a-t-il pas fait reculé d'un iota la violence urbaine, mais il s'est aliéné la police, ce qui est une première. Il a milité contre la double peine puis en a exigé l'application, il a promis de ne pas virer de sans-papier dont les enfants étaient scolarisés et a procédé à des centaines d'expulsions de cet ordre, il a fait arrêter devant les caméras un homme, un dangereux terroriste qui voulait visiblement l'assassiner et c'était un simple d'esprit armé d'un pistolet à eau qui attendait le bus, il a affirmé des contre-vérités immédiatement démenties par les juges sur des affaires en cours, etc. Les exemples de ses inconséquences visant uniquement à le mettre sur le devant de la scène sont légions et j'ai longtemps pensé que c'était la politique d'un fou, qu'on finirait bien par se rendre compte que c'en était trop et qu'un homme pareil ne pouvait pas être crédible. Mais la réalité, c'est que la publicité, fût-elle négative, fait recette, quoi qu'il en soit. Aussi, au gré de ce qui pouvait lui donner le plus de médiatisation, le Napoléon de Neuilly s'en est donné à coeur joie.


Oui, si j'aime particulièrement cette expression, le Napoléon de Neuilly, expression qui n'est pas de moi mais reflète intensément mon sentiment, c'est que cet homme veut le pouvoir et qu'on ne sait pas où il s'arrêtera pour l'avoir, non seulement le plus longtemps possible, mais peut-être, définitivement. Je ne sais pas ce qu'il fera s'il est élu, nul ne le sait, sauf peut-être, son parti. Mais ce que je sais, c'est qu'on ne peut pas vouloir le pouvoir aussi fort et respecter la démocratie.


Par ailleurs, mes inquiétudes concernant le fameux combat idéologique occident-islam que je pressens, me font avoir encore plus peur de lui. Non que je crois 5' à ses affirmations d'extrême-droite, parce que je n'ai aucune idée de ce qu'il pense, encore une fois. En d'autres temps, où c'était plus porteur, il a aussi milité pour le vote des étrangers résidents, alors... Mais parce que je pense qu'un homme populiste à tout crin qui veut le pouvoir à tout prix n'est pas le guide raisonnable dont la France aurait besoin quand ses peurs lui tournent la tête et la mènent tout droit à une idéologisation problématique. Il n'est pas l'homme de l'apaisement, mais bien l'homme du conflit.


On a tous eu peur d'un JMLP au second tour, parce que cela signifiait une radicalisation de l'opinion, mais en même temps, nous savions qu'il n'avait aucune chance d'accéder à la fonction suprême. Il est l'épouvantail de ces 30 dernières années, nul ne peut décemment l'envisager comme représentant de la nation. Mais l'excité de Neuilly ? Il n'a pas cette image d'épouvantail, et il n'en est que plus dangereux parce que, encore une fois, on ne sait pas ce qu'il fera, on ne connait pas son programme, on ne lui connait pas de ligne claire dont il n'aurait pas dévié, à part "je veux le pouvoir".


Je vais vous dire, si JMLP s'était trouvé au second tour contre le Napoléon de Neuilly, je n'aurais pas su pour qui - ou plutôt contre qui- voter. Je crois que je me serais abstenue. Non que je pense que mister S soit facho, je pense que je ne sais rien de lui et qu'il est capable de tout. C'est pire, bien pire. Et ce qui m'inquiète encore plus, c'est que Jean-Marie, un ami, un homme intelligent dont je respecte l'opinion, n'a pas pu me donner UN SEUL argument POUR mister S. Des arguments CONTRE ses conccurents, ça oui. Mais POUR lui ? Non, pas un seul. Et je ne pense décidément pas que voter CONTRE soit un programme en soit. C'est souvent une nécessité au second tour, mais en tant que campagne présidentielle, c'est un leurre anti-démocratique.


Je n'aime ni l'un, ni l'autre des candidats en lice. Mais il n'y en a qu'un des deux que je juge dangereux pour la démocratie. Et c'est pourquoi je continuerais à l'appeler le Napoléon de Neuilly. Même physiquement, la ressemblance est frappante : petit, bilieux, excité... Savez-vous qu'on s'est sérieusement demandé si les humeurs de Napoléon, le vrai, n'étaient pas dûes à une hyperthyroïdie ? Il faudrait que son successeur auto-proclamé (oui, auto-proclamé, il est bonapartiste, si cela a encore un sens de nos jours, du moins l'a-t-il affirmé un jour...) se fasse faire un bilan sanguin. Cela se soigne, de nos jours.

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Mardi 1 mai 2007

Bonjour les zamis !

Encore une fois, un débat houleux s'est engagé dans les commentaires sur un sujet qui me tient particulièrement à coeur, l'histoire.

Je vous en ai déjà parlé, d'ailleurs, en soulignant par exemple, que le Maroc n'avait pas encore formalisé son histoire, tentant par là (mais visiblement pas suffisamment) de démontrer que l'histoire n'est jamais qu'une construction idéologique.

Je vais donc développer encore ce point qui, dans les circonstances présentes, alors que tout un chacun se tourne vers sa culture et son histoire pour résoudre le problème de son identité, qu'elle soit nationale, ethnique, régionale ou idéologique, me semble primordial.

L'histoire, tout du moins dans sa définition première, c'est la compilation de faits marquants survenus dans le passé. Et déjà se posent les premières questions : qui détermine quels sont ces faits frappants et dignes d'être historiques ? La réponse des historiens est : la postérité, c'est ce pourquoi nul événement ne peut être étudié sous l'angle historique qu'il n'ait au moins 30 ans.

La philosophie, même la plus primaire, dit que l'histoire est avant tout faite par le vainqueur. Ainsi, si Hitler avait gagné la seconde guerre mondiale, soumettant l'ensemble du monde civilisé à son idéologie hystérique et effectivement moralement atroce, si nous vivions en clair dans le 3e Reich, nous ne penserions pas que la Shoa était ignoble, mais qu'elle était nécessaire... Comme Hiroshima et Nagasaki, par exemple. Peut-être irions nous, comme nous le faisons encore une fois pour le nucléaire, jusqu'à déplorer la violence qu'il a fallu déployer, mais enfin, il faut bien se défendre de l'oppression, n'est-il pas ? Choquant, comme perspective, n'est-ce pas ? D'autant que, quelles que soient les atrocités provoquées par les bombes utilisées sur le Japon, elles ne sont moralement en rien comparables avec l'extermination systématique de populations sur la seule base de leur appartenance ethnique.

Mais ce que je cherche à démontrer par cette petite uchronie, que je ne suis certes pas la première à faire (cf. Le Maître du Haut-Chateau de Philipp K. Dick, entre autre), c'est que l'histoire n'est pas neutre. L'histoire ne dit pas : en telle année s'est produit telle chose, puis après telle autre chose. L'histoire dit : nous étions opposés à telle chose/ nation/ idéologie et nous avons gagnés/ perdus pour telle et telle raisons. Du coup, nous sommes devenus...

L'histoire dit notre identité nationale comme notre histoire personelle dit ce que nous sommes en tant qu'individu. Et c'est là qu'elle est particulièrement problématique, en ce sens que nous devons être attentifs à ce qu'elle dit, parce que cela justifiera ce que nous ferons par le futur.

Or, s'il y a une chose sur laquelle les historiens, les philosophes et même les gens simplement attachés au passé s'accordent, c'est qu'en effet, certains événements sont suffisament marquants pour être des moments de bascule de l'histoire, des points-clés par tout ce qu'ils apportent de changements dans les sociétés et les moeurs, les idéologies et les frontières, etc. Sans nul doute, la seconde guerre mondiale en fait partie : elle a touchée tout le monde et a changé la face du monde. Imaginer une uchronie ne fait que souligner ce point : nous sommes indéniablement jusque dans nos valeurs enfants de ce conflit... Entre autres, bien sûr.

C'est donc tout naturellement sur des points de cet ordre que l'histoire nous apprend le plus de choses sur nous-même, parce que la manière dont on raconte ces points charnières détermine l'identité que l'on veut se donner.

En France, immédiatement après ce conflit et jusque dans les années 60, nous avons glorifié les résistants et nié l'existance de français convaincus que la politique de Vichy était la seule tenable. Après, nous avons révisé nos copies, admis que dans l'ensemble, les français avaient mal vécus l'occupation sans pour autant, dans leur grande majorité, y réagir et sans vouloir voir les exactions commises à l'égard des communautés juives de France. C'est assez marrant, en fait. J'ai eu l'occasion, une fois, de comparer les livres d'histoire scolaires de ma mère, de ma soeur (qui a 9 ans de plus que moi) et les miens : l'histoire était à chaque fois différente. ;-) Et maintenant, nous revenons sur tout cela encore une fois : nous n'avons rien fait de mal, nous avons toujours été une grande nation, dès le départ engagée contre l'Axe, etc.

Et bien, va donc pour cette nouvelle et toute fraîche identité, alors... Elle va sans doute avec le renouveau des valeurs guerrières que l'on voit refleurir partout. Tout cela sent la poudre, mes amis. Pour qui, contre qui, dans quelles conditions ? Aucune idée, mais enfin, exhaltation des valeurs nationales, guerrières, idéologiques... J'aime pas bien ça, moi, tiens.

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Jeudi 3 mai 2007

Bonjour les zamis !

Alors comme beaucoup d'entre vous hier soir, sans doute, j'ai regardé le débat entre nos deux candidats encore en lice. Je ne le commenterais pas, vu que les réactions à chaud de chacun donnent leur candidat gagnant haut la main, je ne ferais sans doute pas exception à la règle. ;-)

En revanche, j'invite fermement ceux qui ne l'ont pas vu à le regarder (cela ne devrait pas être bien difficile, vu que la viédo est disponible sur le Net, notamment sur Public Sénat, .) Si vous préférez l'écrit, sachez que la retranscription complète du débat est également disponible en ligne, sur le site lesoir.be, . Comme ça, chacun pourra se faire son idée.

Je vous invite également à découvrir le blog d'un universitaire professeur de linguistique, Jean Véronis, qui s'est beaucoup investi dans l'analyse de ces présidentielles et ce qu'il dit du débat sur le point de vue de l'analyse linguistique . C'est pas inintéressant, notamment dans l'analyse des termes utilisés le plus souvent par les deux candidats. En effet, les premières réactions à chaud des journalistes de Public Sénat que j'avais vu hier soir juste après le débat disaient qu'aucun des deux candidats n'avait particulièrement cherché à draguer les électeurs hors de leur pôle principal de majorité et il semble, à l'analyse, que ce ne soit pas tout à fait vrai...

Par ailleurs, ce même Jean Véronis a créé un outil d'analyse de la presse écrite, dénombrant les citations des différents candidats avant le premier tour, outil qui démontrerait que la presse écrite, à travers le nombre de citations qu'elle a faite des différents candidats aurait mieux cerné les résultats du premier tour (avec un écart infime, inférieur à une décimale pour le trio de tête !!!) que les instituts de sondage... Ce qui est à mon sens, tout à fait intéressant, car cela donne une image de la presse écrite française (pas contrainte par les règles du temps de parole comme la presse télé ou radio) en phase avec la France ou bien alors, ayant bien plus d'influence qu'on ne veut bien le croire... A suivre, donc. Il serait intéressant de voir si c'est vrai aussi au second tour, si ça l'était avant, etc. Vous trouverez cette étude, ainsi que les autres projets de recherche universitaire du bonhomme sur son site "institutionnel", . Vous y trouverez également, et ça, c'est assez fascinant, tous les discours des candidats à la présidentielle de 2007, y compris, bien sûr, les éliminés du premier tour, mais bon, rien que pour les deux candidats restants, vous avez pas mal de lecture.

Dans les autres trucs rigolos de la campagne et des sondages, le même petit village d'irréductibles gaulois, Donzy, a voté, encore une fois (comme à chaque fois depuis 81, nous dit-on), exactement comme la France, là encore, quasi à la décimale près !!! Vu que le village en question comprend à peine 1700 habitants, là encore, j'aimerai bien savoir pourquoi, mais personne d'assez illuminé n'a tenté pour le moment de répondre à cette question intriguante. Mais bon, puisqu'il ne se trompe jamais, ce petit village, et qu'il a si peu d'habitants, on pourrait pas dépouiller le résultat des votes vite fait, bien fait, qu'on sache vite à quelle sauce on va être mangé ? ;-)

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Lundi 7 mai 2007

Bonjour les zamis !

Pour la dernière fois, sans doute, je vais encore parler spécifiquement de la France et des résultats de l'élection présidentielle. Vous n'êtes pas sans savoir, que vous soyez au Maroc, en France ou ailleurs, que Nicolas Sarkozy a gagné avec 53% des suffrages et un taux de participation record. Malgré mon opposition, en bonne républicaine que je suis, je ne peux que m'incliner évidemment devant l'écrasante légitimité du candidat qui deviendra très bientôt notre nouveau président de la république.

Ceci posé, (cela allait sans dire, mais cela va toujours mieux en le disant), une autre évidence me frappe avec énormément de force : cette victoire et les troubles qui l'ont accompagné, un peu partout en France, que ce soit à Paris ou en province ne peut que m'obliger à constater la radicalisation des opinions politiques françaises. Il est évident qu'avec 30% des suffrages au premier tour et 53% au second, Nicolas Sarkozy représente les aspirations d'une part très importante de la population française. Je ne doute d'ailleurs pas que les législatives lui donnent une majorité solide et là encore écrasante pour appuyer sa politique. Cependant, d'un autre côté, une partie des français, certes minoritaire mais toutefois bien présente également, ressent visiblement une grande inquiétude qui s'est exprimé via les troubles de dimanche soir.

Si l'on peut se féliciter que notre pays ait regagné le sens de l'importance du vote démocratique, on peut à juste titre s'inquiéter de voir que les passions les plus violentes s'y attachent. Là encore, il va sans dire que je suis contre les débordements de tout ordre et contre toute opposition par la violence. Comme tout un chacun récemment, je pensais que ces temps étaient révolus et que nul ne pourrait en France mobiliser la population pour des débordements aussi fâcheux. Or Reuters annonce qu'il est probable qu'une partie de ces débordement furent causé par des opposants politiques et non simplement des casseurs de banlieue inquiets des déclarations fracassantes en terme d'immigration et de police de M Sarkozy. Et là encore, je vois le signe d'une radicalisation des plus inquiétantes.

J'espère donc aujourd'hui que ce vote représente bien la consécration d'un système démocratique qui fonctionne et non l'opposition de deux Frances devenues ennemis idéologiques. J'espère que nous saurons tous raison garder, quelles que soient nos idées et que ce choix démocratique que je regrette mais qui est respectable remplira les espoirs de ceux qui ont porté M Sarkozy au pouvoir sans justifier les inquiétudes de ceux qui s'y sont opposés.

Il va sans dire enfin qu'ici, la plupart des marocains avec qui j'ai discuté étaient inquiets à propos des visas, des rapports entre la France et l'islam, des expulsions possibles voire probables d'une partie de la communauté marocaine en France. J'espère là encore que l'avenir nous dira que le choix souverain de la France et des français n'a pas été celui de l'exclusion mais bien celui du rassemblement et du progrès.

Et en attendant, je ferme la parenthèse de mon très court engagement politique et je reviens à mes premiers amours, la littérature et la culture, priant pour m'être trompée et que cette radicalisation, que je ressens flagrante, non seulement en France mais partout, n'ai pas de conséquences fâcheuses pour l'avenir.

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- Du 27 octobre au 4 novembre : Marie-Catherine & Xavier

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