J'avais déjà arrêté de fumer, une fois. Durant 14 mois. Motivation : faire un enfant, et puis on avait renoncé à l'idée et je savais déjà que je reprendrais, mais je voulais d'abord arrêter jusqu'à
la disparition des symptômes de manque, qu'ils soient psychologiques ou physiques. Pour voir si j'en étais capable. Je l'avais été et avais donc décidé en conséquence d'arrêter à 30 ans, histoire
de préserver ma santé, tout en en profitant entre temps un maximum, parce que j'aime fumer, j'ai toujours aimé cela. Je sais, c'était une connerie, mais bon... J'ai jamais dit que j'étais pas con,
hein, si tel avait été le cas, jamais je n'aurais commencé, déjà.
A l'époque, le grand truc nouveau pour arrêter de fumer, c'était un anti-dépresseur qui s'était révélé mauvais antidépresseur mais avait provoqué l'arrêt spontané du tabac chez une bonne dose des
patients sous traitement. J'ai donc commencé par ça, mais j'ai arrêté très vite, parce que le médicament se révélait plutôt anxiogène qu'autre chose. Je suis passé aux patchs, qui me donnaient des
boutons, j'ai donc finalement arrêté sans rien.
Cela avait été dur, en particulier sur deux points, l'un relevant purement et simplement de la dépendance psychologique (les petits gestes automatiques genre tu choppes le cendrier pour le mettre à
côté de l'ordi et de ton verre de coca et tu cherches tes clopes) et l'autre probablement plus physique, une incapacité à me concentrer vraiment qui avait duré tout de même près de 6 mois. Mais j'y
étais parvenue et j'en avais conclu que la motivation et la volonté étaient les facteurs les plus importants pour l'arrêt du tabac. Or, c'est bien connu, comme fille volontaire, on fait pas mieux
que moi. Donc, je n'aurais probablement pas plus de mal la fois suivante, voire (après tout, on dit que c'est moins dur et que les gens ayant déjà arrêté ont plus de chances d'y parvenir la seconde
fois), moins dur.
Tout ce que je peux dire, c'est que c'est des conneries, tout ça. C'est vachement plus dur que la première fois, et d'ailleurs, pour le moment, je n'y arrive pas vraiment. J'ai fumé à l'heure
actuelle 4 cigarettes, et non pas 0 et je crois bien que si je en fume moins de 10 aujourd'hui, ça sera déjà une victoire. Je m'explique.
Déjà, y'a le facteur psychologique. On a beau se donner des dates butoirs, n'empêche que j'aime fumer et que déjà, rien qu'à l'idée d'arrêter, j'ai super mal dormi la nuit dernière. Donc, je
n'étais pas aussi prête à arrêter que je voulais bien le croire.
Ensuite, y'a le facteur physique. Ben oui, depuis la dernière fois que j'ai arrêté, y'a quelque chose qui a changé : je suis devenue malade, une maladie qui joue entre autres sur la perception de
la douleur par une stimulation neurologique des centres de la douleur. Et bien, le manque provoque en moi une crise de douleur carabinée, alliée à des vertiges incroyables, la perte de
concentration attendue, angoisses, nervosité... La totale. Ce matin, après que j'ai failli tout à la fois assassiner Amina, me jeter par la fenêtre, hurler, pleurer et me tordre les mains de
douleur et d'angoisse, j'ai appelé JMA qui m'a conseillé d'arrêter plus progressivement. Ce que j'ai décidé de faire.
A midi, donc, je décide de m'offrir le luxe jusqu'à la fin de la semaine de 5 cigarettes par jour (1 le matin, 2 à midi, 2 le soir, parce que ce sont les cigarettes les plus agréables), puis 3
(1+1+1), puis 2 (midi, soir) puis plus du tout sur 2 semaines, en complétant éventuellement avec des chewing gum à la nicotine. Je m'offre donc ma première cigarette de la journée à 13h
environ. Immédiatement, ma sensation de vertige augmente, en même temps qu'une décontraction musculaire de l'ensemble de mon corps me fait frissoner et, pendant une heure, je me sens mieux. Plus de
vertiges, le calme, zen. Je m'offre ma seconde cigarette après manger, vers 3 heures. Tout pareil. Je dispose de presque toute ma tête relativement longtemps, après ça, je peux même me taper
le luxe d'une queue monstrueuse aux mines pour récupérer mon permis provisoire et de 2 guichets différents (vu que j'ai commencé par me planter de guichet parce que tout est écrit en arabe et que
je le lis pas).
A la sortie, nervosité, tremblements, douleurs qui reviennent en force, vertiges... Il est temps d'aller à la pharmacie, me dis-je... Où je découvre que les chewing-gums à la nicotine n'existent
pas, ici. J'en bouffe donc un à la réglisse (pour le geste) et me renseigne sur ce qui existe. Un nouveau médiament, me dit-on, qui n'est pas un ex-antidépresseur, mais un bloqueur aux récepteurs
de nicotine qui donc préserve des effets violents du manque. A ce moment-là, j'ai tellement de vertiges que je suis prête à n'importe quoi. Je prends. On appelle, pour le faire livrer. Une
demi-heure après, je récupère donc la boite, Champix. Premier cachet illico, et on verra bien. Je lis la notice, où l'on m'explique que le traitement doit durer 12 semaines, avec arrêt du tabac la
deuxième semaine, quand le médicament commencera à faire vraiment effet. Illico et avec reconnaissance, je fume une clope. Bien être et béatitude... Sans même m'en rendre compte, j'enchaîne une
deuxième, que je ne vois même pas passer, mais que je constate dans mon cendrier.
Conclusion : c'est pas gagné et mon orgueil en prend pour son grade. Que tous ceux à qui j'ai dit que j'arrêterais sur ma seule volonté et avec facilité encore, se foutent de ma gueule
copieusement, je le mérite. MAIS : et ça, c'est important, je ne m'imaginais pas à quel point l'effet de dépendance physique pouvait être réel et lourd et je vous assure que c'est flippant. A
chaque cigarette que j'ai fumé (en tous cas, 3 sur 4) aujourd'hui, j'ai pris un shoot, purement et simplement. Y'a pas d'autres moyens de décrire l'effet que ça m'a fait. Et si hier, je regrettais
d'avoir à arrêter de fumer aujourd'hui, aujourd'hui, je suis plus déterminée que jamais à y parvenir. Mais ça risque de prendre plus de temps et d'être un peu plus progressif que prévu.
Après avoir longuement lu et relu la notice et regardé 20 sites Webs, certains sceptiques, d'autres carrément contre, quelques-uns enthousiastes sur le Champix (moi, le nom m'a fait marrer,
en tout cas...), j'ai décidé d'essayer, parce que bon, toute aide est bienvenue. Ceci dit, je ne vais pas pour autant m'autoriser à refumer sans limites et puis on arrête seulement dans 2 semaines.
Non, je vais essayer de m'en tenir à une diminution drastique puis à l'arrêt progressif, tout en prenant le médoc au cas où ça aide. Donc aujourd'hui, prochaine cigarette avant le repas,
éventuellement une après, basta. Demain, on s'en tient à 5. Ce WE, on essaie de réduire encore. Objectif : à la fin de la semaine prochaine, ne plus fumer du tout. De dieu ! on y croit, on est
motivé, mais c'est vraiment, vraiment, très dur.
Commentaires Récents