Mercredi 1 août 2007
Hier au soir, on a fini une mini-campagne de jeu de rôle à L5R. Le scénario tournait autour de l'idée qu'une Fortune (un dieu mineur en d'autres termes) testait les capacités de mes personnages en les soumettant à des épreuves aussi bien physiques (un gros tournoi plein de gros balèzes),qu'intellectuelles (avec des énigmes) ou morales (avec des tentations diverses et variées). Dans les tentations en question, la Fortune présentait sur leur chemin diverses choses susceptibles de les attirer et de les faire dévier de leur route initiale.

Il y avait entre autres choses :

- De l'argent, beaucoup d'argent,
- Des armes légendaires,
- Des parchemins de sorts,
- Une femme nue et lascive à sauver (contre gratitude éternelle et plus parce qu'affinités)
- Et... des destriers de guerre, soit un véritable trésor dans un monde où ils sont rares et constituent une force de frappe exceptionelle.

Seulement voilà. Le coup d'avant, ça avait été la femme lascive et le personnage avait été fortement tenté, au point de devoir faire un jet de volonté pour résister. Ce qui fait que le personnage sur lequel la tentation des destriers est tombé, après s'être copieusement foutu de la gueule de son copain a réagi instinctivement en disant :

" Quoi, je les trouve attirant sexuellement, les chevaux ?!? Ils ont une belle croupe, c'est ça ?" Et un peu plus tard, les épaules voûtées par le tourment de se découvrir une perversion qu'il n'avait pas envisagé pour son perso : "le comble de la perversion, ce serait un vieux cheval mort"...

ça sera le mot du jour, je crois. Parce que ça fait longtemps qu'une phrase ne m'a pas autant amusé. Même en elle-même, sans explication, elle fonctionne à merveille.
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Jeudi 2 août 2007
Alors du 2 au 17, ce blog risque de subir de fortes perturbations, voire de ne pas abriter très souvent de nouveaux posts pour cause que, de nouveau, J'AII MA COPIINE A LA MAISON, HEU ! (Bis répétitas ad naseum).

Bref, hahem. J'essairais quand même de vous écrire une chtite bafouille régulière, si ce n'est tous les jours, au moins tous les deux jours, mais bon... D'un autre côté, j'essairai aussi de travailler un peu et... Je suis déjà pas certaine d'y parvenir avec régularité, vu le programme dément de fêtes et de papotages de filles qu'on a prévu, donc faut pas trop compter sur moi non plus... En tout cas, pour les posts d'analyse politique, culturelle ou sociale, faudra attendre, je crois. ;-)

Bisous et bonnes vacances à tous,
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Lundi 6 août 2007

Jusqu'à présent, c'est moi qui faisais jouer nos parties de jeu de rôle, à L5R. Désormais, JMA reprend la main et nous propose une série de parties Star Wars. En voilà une bonne idée ! Au moins, tout le monde connait l'univers, n'est-ce pas ? Et bien non ! Une de nos joueuses ne connaissait pas, n'avait jamais vu aucun des 6 films Star Wars. Du coup, hier, on lui dit, il faut au moins que tu vois le tout premier, Star Wars épisode IV, sans quoi tu vas rien comprendre à l'univers et c'est trop foisonnant pour l'imaginer comme ça sans référent quand tous les autres savent exactement de quoi on parle.

Or donc hier, nous regardons Star Wars épisode IV. Qui ne l'a pas vraiment convaincue. Mais nous, repris par le trip, on décide de se voir le V... Qui d'ailleurs, plaît plus à la joueuse en question (c'est pas étonnant, j'ai toujours trouvé que L'Empire Contre-Attaque était meilleur)... Puis le VI. Sans elle, cette fois. Deux Star Wars dans une seule journée, ça suffit à n'importe quel être humain normal, faut dire. Mais nous, ben on n'est pas tout à fait normaux, on est des geeks. Ouais. Deux WE de suite où l'on se tape une fois la saison 6 de 24 en 32 heures et l'autre la trilogie Star Wars en une journée, faut se résoudre à l'admettre. On est des geeks.

N'empêche, c'était bien sympa. Et pour notre partie, mardi prochain, du coup, on est méga motivés.

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Jeudi 9 août 2007
J'adore vivre au Maroc. J'adore. Vraiment. Mais alors, qu'est-ce que je suis contente d'être française pour y vivre ! Voyez-vous, les femmes marocaines (on en a déjà parlé) sont soumises à tout un tas de règles sociales (et légales jusqu'à il n'y a pas si longtemps. Cela ne fait que depuis 2003 qu'elles n'ont plus besoin d'un tuteur par exemple...) totalement incompatibles avec mon caractère.

Le fait est que je suis :

1) féministe,
2) grande gueule
3) têtue
4) absolument convaincue par principe que personne n'est en position de me demander plus de respect qu'il ne m'en témoigne.

Autant dire qu'ici, je suis la mauvaise femme par excellence. Il n'y a pas si longtemps que cela, un copain stressé a gravement emmerdé son monde durant une soirée à la maison, se montrant désagréable et buvant trop. Bon, ça arrive, rien de catastrophique. Le seul truc, c'est qu'évidemment, du coup, je lui ai dit d'abord de se calmer, puis d'arrêter, puis que ce genre de plan, une fois, ça va, deux fois, c'était niet et qu'il avait sérieusement intérêt à y réfléchir à l'avenir. Comme je suis quelqu'un de plutôt concilliant, j'ai au départ tout fait pour l'intégrer au mieux. Comme ma patience est limitée,  à la fin, j'ai violemment gueulé. Il l'a excessivement mal pris. Au demeurant, sa fiancée était là. Durant toute la soirée, elle a souri d'un air gêné et tenté de calmer son copain, sans succès. Quand ils sont partis, elle l'a atomisé, m'a-t-on dit, l'engueulant jusqu'à plus soif, en lui disant que sa conduite avait été inqualifiable (ce qui est vrai), qu'il s'était comporté comme un moins que rien, qu'elle avait eu honte de lui et qu'il était hors de question qu'il recommence jamais ce genre de plan.

Là, il a compris. Quelle avait été la différence fondamentale entre ma réaction et la sienne (en dehors de nos rapports qui ne sont, bien évidemment, pas les mêmes) ? Elle s'était tue toute la soirée, supportant autant que faire se peut son copain qui, effectivement, dans le cadre d'un jeu, l'humiliait et se montrait en tous points odieux, non seulement envers nous, mais surtout envers elle. Elle n'avait rien dit, avait souri et supporté. Après seulement, en privé, elle lui a fait une scène monstrueuse. Moi, une femme, en public, je lui avait dit tu déconnes et tu m'emmerdes.

Or justement, après le départ fracassant dudit copain et de sa nana, les quelques amis restants et nous avons débriefé. JMA, Sandra, un autre copain français et moi nous étonnions qu'elle ait pu supporter une situation aussi humiliante que celle qu'elle avait vécue toute la soirée. Une copine marocaine nous a éclairé. Elle n'avait pas le choix. Mais ce qui se passerait en privé serait une autre histoire. La règle est et reste qu'une femme n'a pas le droit d'exprimer une opinion différente de celle de son mari en public (sans même parler d'une opinion contradictoire), alors lui dire qu'il déconne... Impossible. Même lorsqu'il s'agit d'une autre homme que son mari, une femme bien se tait et supporte... Quitte à ne pas réaccepter d'inviter l'homme en question par la suite. Mais au fond, la règle est toujours : quand l'homme parle, quelles que soient les conneries qu'il puisse dire, toi, femme, tu te tais.

Et ben, c'est pas gagné. En fait, cela n'arrivera jamais, j'aime autant vous le dire tout de suite : j'en suis littéralement incapable, point. Cela a plusieurs conséquences étonnantes, au demeurant. La première, qui n'est pas très agréable pour JMA, je suppose, mais qu'il a l'air de supporter avec philosophie, sachant bien que nos rapports ne sont pas ceux-là, c'est que du coup, il est évidemment entendu que je suis une mauvaise épouse et donc, par voie de conséquence, que JMA manque de virilité pour accepter que sa femme l'ouvre comme ça. Fort heureusement, les gens savent que nous sommes français, donc ça passe comme une des excentricités des français, mais tout de même... Et JMA et moi perdons drastiquement en sex apeal. Bon, en même temps, pour le moment, vu qu'on est marié ensemble et qu'on s'aime, c'est pas vraiment un problème.

La seconde est plus en rapport avec un éléments sous-jacent de cette histoire, que je n'ai pas encore évoqué, mais qui me semble étroitement lié à la problématique. Ici, le conflit est un problème. On cherche à tous prix à l'éviter. Donc quand quelqu'un déconne, on laisse couler ou on s'en va, mais on ne manifeste pas ouvertement son agacement. Mais justement, du coup, le conflit est une arme de domination que j'ai vu souvent utilisée par des hommes dans leurs rapports sociaux : ils amorcent le conflit de telle sorte que les autres soient obligés de reculer et de céder, sous peine de devoir effectivement s'imposer la disgrâce d'un conflit ouvert. C'est un peu la bombe atomique : je suis prêt à l'utiliser, êtes-vous prêts à en subir les conséquences ? Les marocains, conciliants, la face avant tout, reculent. Les français sont habitués au conflit qui ne les dérange pas tant que ça. Du coup, nous sommes câblés, hommes et femmes, pour y répondre. Et là, on a un souçi, parce que les hommes qui amorcent ces conflits comme argument ultime de discussion ne sont pas prêts à les assumer non plus. Le conflit EST un problème, point. Du coup, dans ce genre de situation, nous nous trouvons en décallage fondamental avec la culture marocaine, parce que sans même y réfléchir, si l'on nous provoque avec violence, nous répondrons avec une égale violence. Qu'il s'agisse d'une violence verbale ou physique, d'ailleurs, le réflexe sera toujours de chercher des armes pour se défendre, pas de reconnaître implicitement que le premier à se servir de cette menace a gagné. Du coup, nous humilions par voie de conséquence qui nous provoque, alors que ce n'est pas forcément le but. Quand c'est JMA qui le fait, on se dit qu'il est un homme, un vrai, un tatoué, lol. Mais quand c'est moi... C'est inadmissible.

Au demeurant, j'ai cru remarquer (et ma copine marocaine me l'a ouvertement comfirmé) que bien souvent, les rapports sociaux sont faits de rapports de force dominants/ dominés, qu'il s'agisse d'un groupe d'hommes, de femmes, de rapports amoureux ou amicaux, etc. Or nous cherchons avant tout l'égalité. Certains le comprennent très bien et nos rapports n'en sont que meilleurs. Malgré tout, dans certains cas, l'indépendance vis-à-vis du groupe que l'égalité entre les parties suppose est parfois problématique et incomprise. Ainsi, je me souviens d'un WE avec des amis où l'un d'entre eux avait pris l'ascendant sur une autre personne, qui, du coup, s'attendait à ce qu'il ait pris l'ascendant sur chacun. JMA et moi ne nous sentions pas concernés. Ergo, quoi qu'ait fait la personne dominante durant le WE, changeant le programme en permanence au gré de ses envies, nous avons fait ce que nous avions prévu de faire. En soi, cela seul a suffit à troubler considérablement et le dominant, qui s'imaginait pouvoir tout se permettre (au demeurant, il avait raison, c'est juste que cela ne nous concernait pas vraiment), et le dominé, qui se trouvait le cul entre deux chaises, avec deux dominants implicites : le premier, qui s'était affirmé tel et nous, qui refusions de jouer le jeu.

Bref, c'est pas simple, de comprendre les mécanismes implicites d'une société autre. Mais surtout, parfois, il est quasiment impossible sous peine de renoncer à sa nature profonde de s'y plier autant que, par ailleurs, on le souhaiterais pour s'intégrer. Je reste donc sur l'idée qu'il est important que je continue à apparaître bien française, non pas par dédain de la société marocaine, mais pour pouvoir m'y intégrer au mieux avec mes caractéristiques sociales fondamentalement différentes. Du coup, moi qui suis très brune et mate de peau et qui ne l'ai jamais regretté, j'en viens à envier les blondes pour qui cette différence apparaît tellement visible qu'on ne se pose même pas la question. Tandis que moi, je suis souvent confondue avec une marocaine des missions, qui ne parle pas bien le dialectal à cause de ça, mais marocaine quand même... Et vraiment, non, j'aime le Maroc, mais je suis et resterais bien française.
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Mercredi 15 août 2007

Hier était un jour férié. Il y en a beaucoup en cette période, le mois d'août est un peu notre mois de mai en France. toujours est-il que JMA avait pris son lundi et que nous avions prévu de partir en long WE sur la côte, de samedi à mardi, en louant une voiture. Mais entre temps, un bon copain à nous s'est marié et est parti une semaine en voyage de noces en nous laissant sa voiture. Il revenait lundi soir, donc nous avons décidé de prendre plutôt sa voiture et de revenir à temps pour aller chercher les amoureux (et rendre la voiture par la même occasion) à l'aéroport.

Du coup, notre WE prolongé raccourci d'une journée, notre sympathique excursion sur la côte jusqu'à Essaouira (en passant par El Jadida, Oualidia et Safi) s'est un peu transformé en road trip, particulièrement pénible pour JMA qui était le seul à avoir le permis de conduire.

Nous sommes passés par la route côtière à l'aller. Oh mes aïeux, ce que c'était chiant ! Très joli entre Oualidia et Safi, mais entre Casa et El Jadida... Beaucoup de camions, énormément de circulation, de charettes tirées par des ânes, etc. Et puis, pour conduire ici, il faut une attention de tous les instants : les gens traversent sans regarder, les moutons se foutent complètement que tu puisses ou non exister et les conducteurs eux-mêmes... Sont parfois (sic) de vrais dangers publics. Ainsi, ils serrent à gauche, quitte à utiliser deux voies. Ils ne roulent pas très droits non plus, d'ailleurs. Bref, que du bonheur.

Mais le pire, ce fut la côtière entre Safi et Essaouira. Elle est en travaux, traduire : sur plusieurs kilomètres, y'a plus de route, tout simplement, lol. On s'est retrouvé à faire du slalom à 20 à l'heure entre les fossés (à ce niveau là, on peut plus parler de nids de poule) sur une piste en gravier... Un vrai plaisir, j'vous jure. Sans compter que qualifiier cette route de côtière quand tu ne vois la mer qu'à 10 kilomètres d'Essaouira ( sur 120), c'est un peu pousser mémé, tout de même.

Ceci dit, Safi est très jolie, contrairement à ce que disent la plupart des gens. La médina est très sympa, le chateau de la mer très beau, la côte somptueuse, bref, j'y retournerais bien quelques jours. Quand à Essaouira, c'est évidemment très joli également, mais pour moi, c'est un peu comme Marrakech, trop touristique, trop léché, trop aseptisé, au final. Mais bon, c'est quand même toujours sympa et puis on y a acheté de l'huile d'Argan, du Amlou (des amandes écrasées avec de l'huile d'argan et du miel, je crois... C'est une sorte de pâte à tartiner excellente, mélange entre le praliné et le beurre de cacahuètes), et quand à moi, tout un tas de tuniques blanches brodées du genre méga pratiques à porter sur un jeans, super confortables et jolies. Un peu l'équivalent du chemisier blanc, en fin de compte. Je suis une grande fan.

Au final, j'ai tout un tas d'annecdotes à raconter et de photos à mettre en ligne, mais vous patienterez bien encore un peu. Sandra part bientôt et j'aurais l'occasion d'écrire plus souvent... Quand je me serais copieusement reposée, parce que là, je suis épuisée.

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- Du 27 octobre au 4 novembre : Marie-Catherine & Xavier

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