Courte biographie du maître
John Ronald Reuel Tolkien naît le 3 janvier 1892 à Bloemfontein, en Afrique du Sud. En 1896, suite à des problèmes de santé, il revient en Angleterre près de Birmingham où il passera le reste de
son enfance. Son père, resté en Afrique du Sud, meurt là-bas. En 1904, sa mère meurt à son tour. Il sera d'abord placé sous la tutelle d'un prêtre catholique, puis d'une tante à partir de 1905.
En 1916, il épouse Edith Bratt, une amie d'enfance dont il était amoureux depuis longtemps. Il s'engage ensuite dans l'armée et servira dans les Lancashire Fusiliers pendant la Première Guerre
mondiale où il sera engagé dans la meurtrière bataille de la Somme. Il est rapatrié en 1917 pour cause de « fièvre des tranchées ». C'est à cette époque que, déjà passionné de langues
imaginaires, il crée la langue des elfes, le haut-elfique ou quenya et griffonne les prémices du
Silmarillion :
Les Contes Perdus.
Tolkien durant sa très courte carrière
militaire.
En 1919, il est diplômé d'Oxford. Il travaille tout d'abord comme lexicographe sur le fameux Oxford English Dictionary de 1919 à 1921, puis obtient un poste de maître-assistant à Leeds. En 1924,
il devient professeur de langue anglaise. En 1925, il revient à Oxford (Merton College) pour une chaire de langue ancienne (anglo-saxon). A partir de 1945, il enseignera la langue et la
littérature anglaises jusqu'à sa retraite en 1959. Son premier livre, Bilbo le Hobbit, a été inventé sous forme orale, puis mit par écrit (inachevé), pour ses enfants. Découvert par une
étudiante, puis par un éditeur, le manuscrit est achevé, puis publié, en 1937. Il a travaillé à partir de 1938 sur Le Seigneur des Anneaux qui sera publié en 1954, et dont le succès ne démentira
jamais, dès les années 50, mais surtout à partir du milieu des années 1960. Tolkien était plus philologue que linguiste. Il était spécialiste du dialecte mercien (Mercian) du vieil anglais (qu'on
parlait dans le centre de la Grande-Bretagne, entre 450 et 1150) et du moyen anglais (1150 - 1500). Mais il a enseigné d'autres langues germaniques (norrois et gotique). Il parlait afrikaans,
latin, grec, hébreu, gallois et finnois, langue qu'il aimait particulièrement.
Le 29 septembre 1971, Edith, sa femme, meurt. Sur sa tombe sera gravé, après son nom, Lúthien. Il la rejoint le 2 septembre 1973, et pour lui sera gravé Beren (Lúthien et Beren sont deux
personnages de l'univers qu'il a créé, la Terre du milieu, le premier couple alliant elfe et humain). Il est enterré au cimetière Wolvercote à Oxford. En 1978, paraît une première adaptation
cinématographique animée, réalisée par Ralph Bakshi. Ce film, partiellement réalisé en rotoscopie, arrête le récit au milieu du 2e tome, Les deux tours. À partir de 2001 et à raison d'un par an,
le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson adapte l'intégralité de l'œuvre dans trois films à succès qui valurent enfin à Tolkien d’être connu et reconnu partout et par tous comme le maître qu’il
était.
L’œuvre Tolkennienne ou la sous-création
Tolkien est particulièrement célèbre pour avoir imaginé un univers de fiction très complet et cohérent, avec sa cosmogonie et son histoire, ses peuples ainsi que leurs langues et cultures.
Couramment cité sous le nom (quelque peu réducteur) de Terre du milieu, ce monde est le théâtre de nombre de ses récits dont son roman le plus célèbre, Le Seigneur des Anneaux. A dire vrai,
beaucoup de lecteurs ne connaissent que le Seigneur des Anneaux, pourtant, ce livre s’inscrit dans l’ensemble de l’œuvre Tolkennienne : suite de Bilbo le Hobbit, introduction au Silmarillon,
que Tolkien considérait comme son grand œuvre, le roman phénomène tant de fois imité n’est qu’une partie de ce que l’on appelle la sous-création Tolkennienne, à savoir l’ensemble de l’univers
fictif imaginé par le maître comme un tout cohérent, comprenant son histoire, sa mythologie, ses langues et sa géographie. L'histoire du Seigneur des Anneaux se déroule en Terre du Milieu,
contrée faisant partie d'Arda, l’univers créé de toutes pièces par l'auteur. L'univers d'Arda n'a rien à envier au nôtre. Tolkien l'a doté d'une histoire propre, de la création du monde à la
naissance des hommes en passant par celle des Elfes et des Nains. L'histoire d'Arda serait celle des temps immémoriaux de notre monde, avant même ce que nous appelons Antiquité. Le travail de
Tolkien débuta par la création de langues puis la mise en place d'un décor et de personnages parlant ces langues. Au début, les contes d'Arda étaient en quelque sorte là pour donner de la
crédibilité aux langues et rendre leur existence plus vraisemblable. Tous les peuples d'Arda ont leurs langages, telles que le quenya ou le westron, la langue commune dans laquelle aurait été
rédigée l'histoire du Seigneur des Anneaux. L'univers de la Terre du Milieu est peuplé de nombreuses créatures plus ou moins fantastiques, de la mouche du Mordor au Troll des cavernes. L'auteur
s'est également soucié de la flore d'Arda dont l'elanor, le mallorn ou les Arbres de Valinor sont quelques exemples. Bref, ce qui fascine en tout premier lieu chez le maître, c’est cette
précision, ce souçi du détail qui rendent véritablement son monde vivant et permet de l’explorer dans ses moindres recoins. Quand à nous, nous nous contenterons d’en explorer que les parties
dévoilées par le Seigneur des Anneaux, Bilbo le Hobbit et le Silmarillon.
Le Seigneur des Anneaux
Le Seigneur des Anneaux est composé de 6 livres :
- Livre I : Chapitres I à XII (Fuite vers le gué)
- Livre II : Chapitres I à X (La dissolution de la communauté)
- Livre III : Chapitre I à XI (Le Palantir)
- Livre IV : Chapitres I à X (Les choix de maître Samsagace)
- Livre V : Chapitres I à X (La porte noire s'ouvre)
- Livre VI : Chapitres I à IX (Les Havres gris)
Originellement, Tolkien avait l'intention de publier
Le Seigneur des Anneaux en un seul volume, mais le prix du papier étant trop prohibitif pendant cette période d'après-guerre, il a
été décidé de diviser l'œuvre en trois volumes (La Communauté de l'Anneau, livres I et II ; Les Deux Tours, livres III et IV ; ainsi que Le Retour du Roi, livres V et VI, 6 appendices et 4
indices), qui furent publiés entre 1954 et 1955.
Le coffret des trois volumes fut si répandu que l'on se réfère souvent à cette œuvre comme étant
La trilogie du Seigneur des Anneaux, terme techniquement incorrect car l'œuvre fut écrite
et conçue comme un seul travail. Néanmoins, Tolkien lui-même reprend dans ses lettres, de temps à autres, le terme de trilogie, lorsqu'il est employé par ses correspondants.
L'histoire du Seigneur des Anneaux est en réalité la suite de Bilbo le hobbit et constitue une courte période du récit du livre Le Silmarillion. Je ne vous ferais pas l’insulte de croire que vous
n’en connaissez pas l’histoire, aussi je résumerais les choses sommairement. Les hobbits se mêlent à des événements importants qui menacent le monde entier, pendant que Sauron, le Seigneur
des Ténèbres, essaie de récupérer l'Unique et ainsi regagner son pouvoir en entier perdu lors de la bataille de Dagorlad à la fin du Deuxième Âge (opposant l'Alliance des hommes et des elfes aux
forces de Sauron).
Bilbo le Hobbit
Bilbo le Hobbit (titre original : The Hobbit. There and Back Again) est un roman fantastique paru en 1937. Il a fait l'objet de deux révisions notables, la première en 1951, qui
prend en compte la parution du Seigneur des Anneaux, la seconde en 1966, pour la sortie du livre aux États-Unis.
Note : dans la traduction française, les noms des personnages n'ont pas été francisés contrairement à la traduction du Seigneur des Anneaux. Ce dernier constituant l'ouvrage le plus volumineux,
nous avons décidé d'utiliser ici les noms francisés pour des raisons de cohérence. C'est ainsi que Bilbo Baggins dans la version originale devient Bilbon Sacquet (Bilbo est francisé selon les
noms germaniques, de même qu'Oto devient Oton, et bag signifie « sac » en anglais), et que Thorin Oakenshield devient Thorin Écudechêne.
Synopsis
Le roman raconte les aventures de Bilbon Sacquet, paisible Hobbit, lors de son voyage jusqu'au Mont Solitaire où vit le dragon Smaug. Bon vivant confortablement installé dans son « trou » de
Cul-de-Sac (Bag-end — par trou, il faut comprendre une maison troglodyte cossue), il est réticent à partir, d'autant plus que les hobbits sont traditionnellement paisibles et peu aventureux,
quoique chez les Touques (Tooks) dont descend Bilbon... Il est entraîné dans l'aventure par le magicien Gandalf et treize nains (à savoir Thorïn, Balïn, Bifur, Bofur, Bombur, Dwalïn, Gloïn, Oïn,
Dori, Nori, Ori, Fili et Kili) pour aller récupérer le trésor usurpé aux ancêtre des nains par le dragon Smaug. S'ensuit donc un voyage via Fondcombe (Rivendell), le refuge des elfes, les Terres
solitaires, la Forêt noire (forêt de Mirkwood) où vivent des elfes gris... Bilbon se révélera indispensable à l'opération, et découvrira le fameux Anneau du Pouvoir (à la base du récit du
Seigneur des Anneaux), volé à Sméagol dans une grotte de goblin. C'est également lors de cette aventure qu'il trouvera son épée « dard » et sa cotte de maille en mithril, deux objets qu'il
léguera à Frodon.
Bilbo le hobbit est en fait le récit de cette aventure par Bilbon lui-même, écrit dans ses vieux jours.
Le Silmarillion
Le Silmarillion est considéré comme une œuvre posthume de J.R.R. Tolkien, constituée et publiée en 1977 (soit quatre ans après la mort de l'auteur) par son fils Christopher. Il contient la genèse
d'Arda, monde décrit dans Bilbo le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux.
Généralités
Le Silmarillion est issu de carnets de notes de J.R.R. Tolkien. Les premières esquisses remontent à 1917. Elles ne furent pas publiées, mais Tolkien continua d'y travailler toute sa vie durant
(ces premiers textes sont publiés sous le nom du Livre des contes perdus). Il ne s'agit donc pas d'une œuvre littéraire habituelle, cohérente et achevée, mais d'un ensemble de récits de ton et de
contenu parfois disparates. Tolkien souhaitait d'ailleurs faire du Silmarillion une sorte de compilation de mythes et du folklore de la Terre du milieu. Comme son père le lui avait demandé,
Christopher Tolkien et l'auteur de fantasy Guy Gavriel Kay effectuèrent au reste un travail de sélection et de réécriture pour rendre l'ensemble à peu près cohérent ; Christopher a par la suite
regretté certains des choix qu'il a pu faire, dont un chapitre entièrement réécrit. C'est la raison pour laquelle il a publié les textes qui lui ont servi de base pour cette publication dans la
série de l'Histoire de la Terre du milieu.
Le Silmarillion se décompose en cinq parties.
L'Ainulindalë
Ce court texte relate la création de Eä, l'univers de Tolkien, par la volonté d'Eru. Le monde d'Arda (le lieu qui inclut la Terre du milieu et Valinor, les Terres immortelles, est née d'une
musique originelle composée par les Ainur, sous l'égide d'Eru. Une fois ce monde matérialisé, les Ainur choisissent ou non d'y résider, sachant que ce choix est sans retour. C'est ainsi qu'une
partie des Ainur va choisir d'habiter ce jeune monde et de le développer, les plus puissants d'entre eux étaient nommés les Valar, et les moins puissants, leurs serviteurs, furent nommés les
Maiar. Les Ainur qui choisissent de rester auprès d'Eru ne voient pas leurs noms mentionnés et nul n'en saura jamais rien. Parmi ceux qui choisissent de résider sur Arda, on trouve notamment
Manwë et Melkor qui deviendra plus tard Morgoth Bauglir. C'est aussi une reprise du thème de la chute de Lucifer, rapporté par les traditions juives, chrétiennes et musulmanes : Melkor était le
plus grand des Valar, mais il s'est opposé à Eru (la raison première pourrait en être l'orgueil, mais il apparaît que c'est le désir de création qui en est à l'origine, puis s'en suit la
frustration de ne pouvoir créer ce qu'il entend, et enfin l'orgueil point.). Cette thématique est reprise brièvement par Saint Paul et détaillée également dans le Coran (Ézéchiel, XXVIII-14,17,
Coran-XXXVIII,71-83, etc.). Il est néanmoins important de noter que Tolkien se défend de toute allégorie ou interprétation (religieuse, raciale, etc.) quelles qu'elles soient dans ses oeuvres.
Le Valaquenta
Une brève description des Valar et des Maiar, les êtres surnaturels nés de l'esprit d'Eru.
Le Quenta Silmarillion
Qui est en fait l'histoire des Silmarils. L'histoire des événements avant et pendant le Premier Âge, qui forme la plus grande part de l'ouvrage et qui concerne principalement les Elfes, mais les
Hommes et les Nains sont aussi présents et jouent un rôle important.
L'Akallabêth
L'histoire du Second Âge et de l'engloutissement de Númenor. Elle concerne les Hommes, et leur décrépitude progressive qui aboutit à la destruction totale de Númenor, après leur révolte contre
les Valar.
Les Anneaux de pouvoir et le Troisième Âge
Ce résumé montre comment les Anneaux de pouvoir ont été forgés par les Elfes avec l'aide de Sauron et comment Sauron utilisa les Anneaux de pouvoir pour tenter d'asservir la Terre du milieu.
Bilbo le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux se déroulent durant cette période.
Autres œuvres de Tolkien… Et de son fils
Le succès du Seigneur des Anneaux amena le fils de Tolkien, Christopher, à se plonger dans les archives de son père. Une douzaine d'autres livres sont sortis avec des versions anciennes, des
corrections de Tolkien... En français, seuls les
Contes et Légendes Inachevés (trois tomes correspondant aux trois âges de la Terre du milieu), et le Livre des Contes Perdus (deux tomes)
ont dans un premier temps été traduits - outre la correspondance de Tolkien (
Lettres, octobre 2005) -, mais la traduction des volumes suivants de l'Histoire de la Terre du milieu est en
cours chez son éditeur français, Christian Bourgois :
Les Lais de Beleriand viennent de paraître, en même temps que le recueil
Les Monstres et les critiques, qui contient des
articles de Tolkien sur l'invention des langues ou sur des œuvres qui ont influencé son écriture (Beowulf, Sire Gauvain et le chevalier vert) - le quatrième volume (
La Formation de la Terre
du Milieu) et le cinquième (
La Route perdue) étant prévus pour septembre 2006 et courant 2007.
La passion des langues
La carrière académique et la production littéraire de Tolkien sont toutes deux indissociables de son engouement premier pour la linguistique et la philologie.
Spécialiste de l'anglo-saxon médiéval ou, plus précisément, du dialecte mercien, c'était d'abord un érudit maîtrisant plus d'une dizaine d'autres langues, au nombre desquelles on peut citer le
gallois et le finnois (qu'il découvrit par l'intermédiaire du Kalevala). Nombre de langues qui l'intéressaient vinrent donc à figurer dans ses œuvres de fiction. Ainsi qu'il le précise dans
l'appendice F, section II, du Seigneur des Anneaux, Tolkien se présente, par le biais d'une mise en abyme, comme le « traducteur » présumé du Livre Rouge de la Marche de l'Ouest. Il prend en
conséquence le parti de rendre les noms des peuples « humains » de son univers fictifs (toponymes ou patronymes) par diverses langues réelles. Il utilise ainsi l'anglo-saxon pour les noms et la
langue des Rohirrim (Eorl, Eomer, Theoden, éored, mearas, etc.) et le vieux norrois pour les noms des Nains (Dwalin, Narvi, etc.) ou encore du mage Gandalf. Les Contes et Légendes Inachevés
mentionnent aussi l'utilisation de la langue gotique pour les ancêtres des Rohirrim (Vidumavi, Vidugavia). Mais en parallèle de ses travaux professionnels, et parfois même à leur détriment (au
point que ses publications académiques restent assez peu nombreuses), Tolkien se passionnait pour les langues construites. Amoureux des mots au-delà de son métier, il avait une passion qu'il
appelait son « vice secret » : la construction pure et simple de tout un vocabulaire imaginaire, avec son lot de notes étymologiques et de grammaires fictives. Pas moins d'une dizaine de langues
construites figurent dans Le Seigneur des Anneaux, au travers de noms de lieux ou de personnages, de brèves allusions discursives ou de chants et de poèmes. L'ensemble participe à la
vraisemblance du récit, chacun des peuples de la Terre du Milieu ayant ses traditions, son histoire et ses langues.
Un vice secret
Tolkien aborde sa conception personnelle des langues construites dans son essai A Secret Vice. La composition d'une langue, pour lui, relève d'un désir d'esthétique et d'euphonie,
participant d'une satisfaction intellectuelle et d'une « symphonie intime ». Il disait avoir commencé à inventer ses propres langues vers l'âge de 15 ans, et nous pouvons probablement penser que
son métier de philologue n'était qu'un des reflets de sa passion profonde pour les langues. S'il considérait avant tout l'invention d'une langue comme une forme d'art à part entière, il ne
concevait pas qu'elle puisse exister sans avoir une « mythologie » propre, à savoir un ensemble d'histoires et de légendes pour accompagner ses évolutions. Il commença à concevoir ses langues
avant la rédaction des premières légendes (Lettres, n°163). Considérant qu'il existe un lien fondamental entre une langue et la tradition qu’elle exprime, il fut naturellement mené à concevoir
son propre « Legendarium » dans lequel ses langues pourraient s'inscrire.
Tolkien travailla durant toute sa vie sur ses langues construites sans jamais véritablement les achever. Son plaisir se trouvait davantage dans la création linguistique que dans un quelconque but
d'en faire des langues utilisables. Si deux d'entre elles (quenya et sindarin) sont relativement développées, avec un vocabulaire de plus de 2000 mots et une grammaire plus ou moins définie,
beaucoup d'autres auxquelles il fait allusion dans ses écrits sont tout juste esquissées. Il n'en reste pas moins vrai que ces diverses langues sont construites sur des bases linguistiques
sérieuses, avec une volonté de respecter le modèle des langues naturelles. Par exemple, les langues des Nains (khuzdûl) et des Númenóréens (adûnaic) ressemblent par certains aspects aux langues
sémitiques, en particulier en adoptant une structure trilitère ou en mettant en œuvre des procédés comme la mimmation. Si le quenya des Hauts-Elfes est une langue à flexions (comme le grec et le
latin), son vocabulaire et sa phonologie sont conçus sur un modèle proche du finnois. Quant à la langue sindarine des Elfes Gris, elle s'inspire très librement du gallois dans certains de ses
aspects phonologiques comme les mutations de consonnes initiales ou « lénitions ». Ceci étant dit, les langues de Tolkien ne sont pas non plus de simples «copies » des langues naturelles et elles
ont leurs propres spécificités.
Un des très nombreux dessins de Mc Bride Illustrant le
SDA.
Les adaptation du Seigneur des Anneaux
Films
Longtemps, le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien a été considéré comme inadaptable au cinéma du fait de la complexité du livre, du nombre important de personnages, de la
dimension épique de l'ouvrage et des difficultés de transposition cinématographique (insolubles jusqu'alors en termes d'effets spéciaux).
En 1978, Ralph Bakshi adapte le Seigneur des Anneaux en tant que dessin animé. Pour être plus précis, Bakshi utilise un rotoscope, machine qui permet d'obtenir un personnage animé à
partir de scènes réelles. Ainsi les hobbits sont entièrement dessinés, tandis que les nazgûls sont des acteurs filmés, retravaillés puis incrustés dans les dessins. Ce film ne connut pas un
succès commercial, si bien que l'adaptation de l'œuvre de Tolkien est incomplète.
A partir de 1995-97, Peter Jackson, réalisateur néo-zélandais connu jusqu'alors pour quelques films gores et fantastiques (Créatures célestes, Fantômes contre fantômes...),
s'intéresse à l'adaptation du roman à défaut de pouvoir réaliser dans l'immédiat son rêve, filmer une nouvelle version de King Kong. Les producteurs qu'il contacte pour cette adaptation des
romans de J.R.R. Tolkien lui proposent d'en faire une version en deux volets puis un seul et unique film, ce qui implique d'opérer des coupes sombres de l'œuvre orignale. Finalement, une porte
s'ouvre : il a un mois pour donner sa réponse définitive, libre à lui de trouver dans ce laps de temps un autre producteur. Contre toute attente, la compagnie New Line qu'il rencontre le dernier
jour de l'expiration du délai lui propose de réaliser le film en trois volets, gage ainsi de fidélité au découpage originel du livre.
L'essentiel du film est alors réalisé d'une seule traite (des séquences supplémentaires seront tournées pour augmenter la cohésion de l'ensemble et parfaire les éléments charnières, notamment
dans les versions longues en DVD). Cette façon de faire associée au tournage en Nouvelle-Zélande permet de se satisfaire d'un budget de 180 millions de dollars. Le premier opus remporte un tel
succès qu'il suffit à lui seul à rentabiliser l'ensemble du tournage de la trilogie.
Radio
C'est en 1956 que la BBC produisit une adaptation en 13 parties du Seigneur des Anneaux ainsi qu'une version en 6 parties pour Bilbo le hobbit. Il n'est pas certain que Tolkien eut
l'occasion d'entendre la diffusion des séries. De cette version du Seigneur des Anneaux, il n'existe aucun enregistrement audio. Seul reste un enregistrement du Hobbit. L'adaptation de Bilbo
le hobbit (The Hobbit) réalisée est particulièrement respectueuse du texte ; de plus, elle incorpore des références au Seigneur des Anneaux et au Silmarillion.
En 1979, une autre version fut diffusée aux USA d'abord sur les ondes puis sur support cassette et enfin sur CD. Le packaging de l'enregistrement américain ne fit aucune référence ni à l'équipe
ni à la distribution. Chaque acteur fut enregistré séparément et diverses parties furent ré-assemblées. Contrairement à la version anglaise, les acteurs n'eurent aucune relation les uns avec les
autres et le résultat en souffrit.
En 1981, la BBC décida de diffuser une nouvelle et ambitieuse version du Seigneur des Anneaux en 26 épisodes de 30 minutes chacun. Après la diffusion de la série, de nouveaux éléments
furent incorporés aux 26 épisodes de 13 heures. Cette version modifiée fut publiée sous forme de cassettes audio puis de CD ; récemment la BBC a réédité les épisodes dans un ensemble de trois CD
correspondant au découpage du livre.
Le script pour cette version est une adaptation de Brian Sibley et de Michael Bakewell. Leur objectif fut d'être aussi proche et respectueux du texte originel que possible. Ils ont effectué
quelques modifications à l'histoire. Ainsi Minas Anor et Minas Tirith sont considérées comme deux cités séparées ; or ces deux noms sont utilisés alternativement pour nommer la même cité. Une
partie de la séquence des Cavaliers du Rohan (the Riders of Rohan) est chantée dans un style proche de l'opéra plutôt que jouée. Même si la série fut reconnue et admirée pour son ambition, la BBC
ne s'est attelée à aucun autre projet d'aussi grande envergure.
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