Vendredi 1 juin 2007
Ahhh… Le Space Opera, c’est tout un poème ! Des planètes, des batailles spatiales spectaculaires, des Grands Vilains Méchants qui tentent de détruire ce qu’il y a de bon et d’humain dans la galaxie, des héros au grand cœur et des princesses en détresse, bref, dès la couverture, le Space Opéra a de quoi réjouir. En avant pour le spectacle, vous allez en prendre plein les mirettes !
Space, the final Frontier…
Dès les débuts de la science-fiction est né le Space Opera. En effet, en 1912, Edgar Rice Burroughs entame son cycle de Barsoom qui enthousiasmera des milliers de lecteurs un peu partout dans le monde. Ceci dit, c’est essentiellement les pulps qui, à partir des années 20, exploitèrent le genre et lui donnèrent ses principales caractéristiques. Intrigues simplistes, batailles galactiques, extra-terrestres vilains tout plein, romantisme et héroïsme à gogo, le Space Opera est un digne reflet de son support : peu profond mais franchement dépaysant, du moins quand on a 14 ans. C’est d’ailleurs son manque de subtilité et ses ressorts dramatiques outrés qui lui valurent ironiquement d’être nommé ainsi par Wilson Tucker en 1941, en référence aux Soap Opera, ces feuilletons sentimentaux sponsorisés par des marques de lessive. Mais il faut dire que l’époque n’était pas aux réflexions profondes : reflet de la puissance américaine, le Space Opera se teinte du triomphalisme propres aux vainqueurs de la guerre de 14-18 et prend des airs de conquête de l'Ouest dans les espaces stellaires. Les Empires galactiques (et humains, bien sûr) écrasent leurs ennemis extra-terrestres avec l’assurance d’incarner le Bien. Il faudra attendre les années 50 pour que le genre gagne un brin de profondeur, tout comme le western, d’ailleurs. Les bons sont toujours aussi bons, les méchants aussi terriblement vicieux mais la guerre froide a changé la donne : l’on sent le spectre de la possible victoire des méchants. Avec son cycle des Robots et de l’Empire puis Fondation, Isaac Asimov va même jusqu’à abandonner ces données élémentaires pour mettre en scène la chute d’un empire galactique corrompu et décadent ! Enfin, Poul Anderson enfoncera le clou avec son « histoire technique » qui couvre une large période allant du 23e siècle jusqu’au 34e en deux cycles dans lesquels un empire terrien manipulateur et pas franchement sympathique combat le reste de l’univers d’escarmouches en guerres politiques. Le premier cycle, celui des Marchands Interplanétaires, assez peu connu en France puisque seul le premier volume a été traduit, est l’histoire de Nicholas Van Rijn, directeur de la compagnie solaire des épices et alcools : business is business et tant pis pour le sentimentalisme ! Le second, Agent de l’empire Terrien, va encore plus loin puisqu’il narre les aventures désabusées du Capitaine Flandry, sorte de James Bond au service d'une cause dont il n'est même pas sûr qu'elle en vaille la peine. Bref, fini le temps des certitudes et des super héros (si, si, même les collants étaient au programme du Space op’ des débuts ! Star Trek n’a rien inventé…) et bienvenu dans la modernité.
Quand le Space Op’ fait sérieux
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Dans les années 60-70, le Space Op’ se fait sérieux, engagé, voire mystique. Si, auparavant, le genre était aux antipodes du réalisme, désormais, il s’agit de faire vraisemblable. Attention : vraisemblable, pas réaliste. Le voyage spatial est désormais expliqué par la découverte au choix de : l’hyper espace, les « trous de vers », l’animation suspendue, etc. Toujours tiré par les cheveux, mais au moins, on fait un effort pour donner une cohérence au tout. En pleine exploration spatiale (n’oublions pas que l’homme gambade sur la lune en 1969), on connaît un peu mieux les propriétés physiques de l’espace et on tente de les respecter. Bon, évidemment, les lasers des combats spatiaux font du bruit en plein vide, parce que quand même, c’est plus rigolo. On invente des sciences mais on les explique et les théorise, comme la fameuse « pycho-histoire » d’Issac Asimov qui postule qu’à une échelle suffisante de temps et de population, on peut appliquer les ressorts de la psychologie pour prévoir le déroulement du futur. Et puis le monde n’est plus manichéen. Les extraterrestres ne sont plus tous mauvais. Parfois, ils sont même plus avancés sur l’échelle de l’évolution, aussi bien technologique que spirituelle. Les humains ne sont pas toujours du bon côté et même les meilleurs d’entre eux ont des doutes bien compréhensibles sur le sens de la vie. En un mot comme en cent, si le genre reste épique, l’espace devient un laboratoire des possibles plutôt qu’un territoire à annexer en conquérant. Franck Herbert est un auteur phare de cette époque, chez qui tout est exploration politico-mystique, qu’il s’agisse de la célébrissime saga de Dune ou du cycle du Bureau des Sabotages dans lequel s'emmêlent les thèmes de la communication mentale et des pouvoirs paranormaux à travers les rapports des Humains et de différentes races extra-terrestres aux objectifs confus. Mais le cycle qui est sans doute le plus emblématique de cette période reste sans conteste celui de Frédéric Pohl, les Heechees. La Grande Porte est un astéroïde extraterrestre construit par une race mystérieusement disparue, les Heechees et à partir de laquelle une multitude de vaisseaux spatiaux sont programmés pour des destinations lointaines. Seulement personne ne sait comment marche la technologie Heechee... Du coup, voyager par la Grande porte devient hasardeux : nul ne sait ce qui vous attend de l’autre côté... L'idée de départ du roman était suffisamment bien trouvée pour fournir le prétexte à tout un tas d'aventures échevelées aux confins de la galaxie, à la manière des Space Op’ old style, mais c'est tout le contraire qu'a choisi Frederik POHL. La Grande Porte devient métaphore du Destin, souvent laid et glauque. La plupart des aventuriers sont exploités par la sans scrupule société concessionnaire de l’artefact et n'y trouvent que la peur, la haine et le chagrin.

Enfin, les années 80 voient le déclin du Space Op', usé jusqu'à la moelle, et il faudra attendre les années 90 pour que s'amorce le renouveau du genre, mais c'est une tout autre histoire....
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Vendredi 1 juin 2007
Salut les zamis !

Juste un post rapide pour confirmer les modalités de la soirée de demain chez Nina.

Donc, c'est à 20h00, on apporte à boire et un paf max de 10€ sera demandé pour partager les frais de bouche.

Voilà, voilà ! Comme ça, si j'ai pas réussi à vous joindre par mail, là, normalement, j'ai mis toutes les chances de notre côté pour que vous ayez tous les détails....

A demain, donc, pour les parisiens dispos et à bientôt aux autres !
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Samedi 2 juin 2007
Bonjour les zamis !

Alors, comme vous le savez si vous me lisez régulièrement, Amina est ma bonne. C'est une femme charmante d'une quarantaine d'années, pas super méga intelligente, mais vraiment très sympathique et agréable à vivre. Et comme beaucoup de musulmanes pratiquantes, évidemment, pour elle, l'alcool, c'est le Mal... Mais pour elle, hein, pas pour moi. Puisque je suis française...

Bref, donc pas d'alcool. Jusque là, rien de surprenant. C'est l'un des rares trucs que j'achète moi-même car je sais qu'elle aurait honte d'acheter de l'alcool, peur du regard des gens. Elle le ferait, bien sûr. Mais pourquoi lui imposerais-je à elle d'acheter de l'alcool et à moi de boire la première piquette venue qu'elle ne distinguerais pas de la bouteille que je lui aurait commandé ? Mauvais calcul pour tout le monde et peu de respect dans l'affaire, donc non.

En revanche, ça ne la dérange pas de cuisiner à l'alcool pour moi, si je veux. Mais bon, je veux pas car elle ne sait pas suivre une recette et puis, cuisiner sans goûter quand on n'est pas précis au grain de sel près, c'est la cata.

Ceci dit, quand je prépare un plat à l'alcool, Amina, qui travaille beaucoup dans la cuisine est toute excitée. Elle tourne, elle vire, l'oeil vif, persuadée d'être saoule des vapeurs d'alcool et elle me dit : "c'est comme si moi boire, mais pour mon Dieu, maki mouchkil, c'est pas grave, j'ai pas péché", et elle rit. Le frisson de l'interdit sans ses conséquences ni sociales, ni morales. Je crois que c'est une des raisons qui font qu'elle aime bien travailler pour des étrangers : cotôyer l'interdit... Et ça me rappelle un tout jeune garçon de 12 ans qui voulait absolument fumer de l'herbe quand j'étais ado (et que moi-même, je ne fumais que rarement, voire jamais), à qui on avait fait fumer du romarin par plaisanterie et qui était sûr et certain d'être complètement parti. Il s'était tapé un bon trip, rien que par la volonté... Un peu ridicule, certes, mais étonnament instructif, aussi quand on y pense.

Cette fascination effrayée pour l'alcool est un des traits les plus communs et les plus surprenants du Maroc. Elle est en réalité commune à tout ce que les français peuvent faire mais que les marocains traditionalistes ne font pas par respect de leur religion. Ils ont une très grande tolérance vis à vis de tout : le porc, l'alcool, les fempmes dans les cafés... Tolérance pour nous, mais surtout pas pour eux-même. Pour eux, ce serait très grave, une perversion, mais en même temps, cela fait partie de notre nature intrinsèque et ne les choque en rien. C'est très étonnant, en réalité, car ils sont capables d'ériger des règles de vie très strictes et absolues en tant que valeurs morales, tout en reconnaissant parfaitement que ces valeurs morales ne s'appliquent à nul autre qu'eux-mêmes sans pour autant entacher la moralité de ceux qui ne les respectent pas. C'est une forme de tolérance extrême très rare, que je n'ai quasi jamais rencontrée en France, en fait. Il faut, pour y parvenir, maintenir à la fois la pensée d'un code de conduite qui ne souffre pas d'exception ET le fait que ce code de conduite en vaut un autre... Une philosophie presque skizophrène, en somme.

Maki mouchkil : toi française, c'est l'habitude. Moi, c'est pas bien pour mon Dieu. C'est pas grave, c'est la même, toi sérieux, gentille. Mais moi, sérieux, musulmane.
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Lundi 4 juin 2007
Comme je vous le disais la dernière fois, les années 80 voient le déclin du Space Opera usé jusqu’à la moelle au profit notamment du Cyber Punk qui colle mieux aux nouveaux horizons que permet la technologie réseau. Mais dès 1990, s’amorce le renouveau du genre, tous azimuts. Evidemment, les technologies ont changé et il est désormais courant de trouver des hommes cybernétiques ou génétiquement modifiés pour vivre plus longtemps, être mieux adaptés à leur environnement, etc. Mais la grande révolution, c’est que désormais, tous les styles sont permis. Le Space Op’ n’est plus un sous-genre bien balisé mais un imaginaire à part entière et à ce compte-là, tout le monde a une idée sur comment l’exploiter.
Comment devenir novateur avec des poncifs en trois leçons magistrales
Commençons avec Hypérion de Dan Simmons. On y voit défiler tous les éléments de l'âge d'or : extraterrestres, intelligences artificielles, flottes spatiales, portes à transfert instantané interplanétaire, voyage temporel… D’ailleurs, l’auteur joue avec brio la carte des références aux classiques. Et ça devient un Space Op’ flamboyant et très, très loin d’être simpliste. Sur la planète Hypérion, c'est la panique : des millions d'habitants tentent de prendre d'assaut les derniers astronefs pour s'enfuir avant l'arrivée des Extros, des envahisseurs en guerre avec la confédération terrienne. Pendant ce temps, sept pèlerins que rien n'aurait dû rassembler rallient la petite planète de l'Hégémonie pour y rencontrer le gritche, un monstre incompréhensible, capable de maîtriser le temps. Qu'y a-t-il de commun en effet entre le "boucher de Bressia", un écrivain réduit au silence, un détective privé amoureux, un prêtre catholique traumatisé par une atroce parodie de la crucifixion, un érudit dont la fille rajeunit chaque jour, le chef des Templiers et un consul de l'Hégémonie alcoolique ?
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Orson Scott Card sera notre deuxième expert ès méchants extraterrestres avec La Stratégie Ender. Et n’y va pas de main morte : ils sont carrément insectoïdes, beurk ! Mais heureusement, un adolescent sera à même de les éradiquer grâce à un entraînement intensif basé sur les jeux vidéos. Le hic, c’est que le second tome du cycle, Xénocide, nous apprend qu’en fait, ils n’étaient pas si méchants que ça, les vilains pas beaux. Le reste de la saga prône donc la tolérance et la compréhension envers les autres, à la manière bon enfant d’Orson Scott Card, l’un des meilleurs conteurs contemporains.

David Brin, lui, c’est la Hard Fiction son innovation, comprenez la science-fiction la plus exigeante et rigoureuse qui soit, et cela lui aura valu deux prix Hugo bien mérités. Cet ancien consultant pour la NASA est donc l’auteur du Cycle de l’Elévation, dans lequel les extraterrestres (eh oui, toujours eux !) sont légions et organisent un système colonial pour faciliter le développement scientifique des espèces naissantes. Bien sûr, certains en profitent pour intervenir sur le patrimoine génétique de leurs protégés jusqu’à en faire des serviteurs zélés. Les humains, quant à eux, ne sont guère mieux que des idiots savants abandonnés, même s’ils ont eux-mêmes pris sous leur aile les dauphins et les singes.
Vous prendrez bien un zombie avec votre Space Op’ ?
Oui, vous avez bien lu, quelqu’un a bien eu l’idée saugrenue de mettre des zombies et autres revenants dans du Space Op’ à part cela tout ce qu’il y a de plus pur jus, c’est Peter F. Hamilton dans le Cycle de L’Aube de la Nuit. L'univers qu'il décrit emprunte évidemment les clichés de la conquête des étoiles : planètes vastes et exotiques, peuples de multiples cultures différentes, empires galactiques s'affrontant pour imposer leur conception de la civilisation aux humains dispersés dans l'espace et vaisseaux surpuissants pour relier les uns aux autres. Le décor étant posé, on peut commencer à s'amuser. Hamilton imagine le destin de nombreux protagonistes luttant contre le péril que représentent les morts-vivants. Comment un univers ultra technologique peut-il tolérer l'irruption de zombies sans verser dans la parodie ? Tout simplement en développant l'aspect spirituel qu'on aurait tort de négliger face aux progrès de la science. La nanotechnologie, la génétique et la physique quantique sont envisagés comme des étapes sur le chemin de l'illumination, un impératif pour une société futuriste confronté au retour des morts dans la réalité. Car les zombies ont à leur disposition une puissance énergétique devant laquelle toute la technologie humaine est impuissante. Au final, c’est fabuleusement Space Op’ et la créativité débridée de Hamilton rend l’ensemble du cycle profondément jouissif. D’autres auteurs s’amusent à mêler des éléments de fantasy au Space Opera, mais d’une manière finalement bien plus classique. Ainsi, Pierre Bordage, dont on vous a parlé dans le précédent numéro de RPG Online compose une fresque mystique très remarquée en France, ce sont Les Guerriers du Silence. Mais là, la fantasy s’intègre naturellement au Space Opera, elle en est finalement son prolongement logique comme d’ailleurs une sorte de retour aux sources. Foin de toutes ces technologies compliquées et pas avérées. Et si on décidait plutôt que l’on peut traverser l’espace par la force de la pensée et le chant du Silence ?
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Le loisir est père de l’utopie
C’est du moins ce que développe deux auteurs qui ont marqués le Space Op’. Puisqu’il est français, commençons par Ayerdhal, avec le Cycle de la Bohème et l’Ivraie. Ylvain est un apprenti kineïre qui rêve de projeter ses créations en holorama sensuel pour les milliards d'hommes sur les centaines de mondes civilisés qui composent l'Homéocratie. Mais les jeunes visionnaires sont souvent en proie à l'incompréhension des maîtres. S'ensuit alors un véritable roman de cape et d'épée psionique où les combats se traitent à l'échelle des projections mentales plus qu'à celui des armes. Trois femmes accompagnent Ylvain dans son combat contre la chape de silence que le Comité Éthique cherche à imposer au poète maudit. Toutes rivalisent de beauté et de talents exceptionnels. Si leurs ambitions et leurs tempéraments diffèrent, elles ont en commun une haine : l'adulte bouffi à travers l'espace et le temps. Le métier de kineïre est-il un art nouveau, simplement destiné à éblouir l'esprit, un phénomène récessif entraînant l'humanité vers le suicide ou une mutation génétique capable d'engendrer le surhomme de demain ? Ce don qui précipite les insatisfactions adolescentes vers un mouvement bohème offrira-t-il une alternative politique à une Homéocratie qui a mis des siècles à se débarrasser des idéologies utopistes ? Au final pleine de panache, cette toute première œuvre de ce qui est devenu un des plus grands auteurs français souffre malgré tout de quelques défauts « d’adolescence », pourrait-on dire. En revanche, le Cycle de la Culture de Ian M. Banks marque le plein épanouissement de la maturité. D’une richesse et d’une intelligence inégalées et servie par un style inimitable de finesse et d’humour, la Culture mêle humains, extra-terrestres et drônes (robots intelligents) dans une société aux valeurs anarchistes : ni loi, ni hiérarchie, ni argent, ni propriété. Les machines produisent les richesses, les intelligences artificielles, aussi discrètes et mystérieuses qu'efficaces, gèrent les ressources. Les vivants se contentent de vivre, c’est à dire de voyager, jouer, faire du sport, s'aimer, changer de sexe, etc. Cependant la Culture est expansionniste : elle grandit au fil du temps, persuadée - mais a-t-elle tort ? - qu'elle est la meilleure forme d'organisation sociale. Un service appelé Contact étudie les civilisations étrangères rencontrées puis Circonstance Spéciale cherche le moyen de les infiltrer afin de les rendre plus conformes aux idéaux de la Culture, en particulier le respect de la vie, de la justice sociale et de l'écologie. Au final, si la Culture est une forme de société idéale par son profond respect de l'individu, elle se montre également pragmatique à l'extrême quand sa survie ou ses idéaux sont en jeu, quitte à devenir cynique et manipulatrice. Indispensable à toute bibliothèque digne de ce nom, la Culture fait partie de ces cycles qui marqueront l’histoire de la SF.
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Mardi 5 juin 2007
Bonjour les zamis !

Alors aujourd'hui (enfin, pour moi, cela fait quelques jours, en fait... Puisque j'ai écrit ce post avant de partir pour la France où je dois être en train de courir pour voir tout le monde. Mais bon, passons.) Aujourd'hui, donc, nous allons parler de la conception de la forme physique, des régimes et de la bonne santé vu d'ici. Enfin, vu d'ici dans les classes suppérieures de la société parce que pour les moins riches, et bien, on ne se pose pas non plus les questions pareils, mais nous verrons cela une autre fois.

Donc, pour la classe suppérieure de la société, la question de la forme physique, avec son lot de régimes pour l'été et d'exercices qui prennent 5 minutes si on les fait tous les matins et qui font, au choix : fondre la cellulite, remodeler les abdos, remonter le fessier, etc. se pose presque comme en France, aux femmes surtout, il faut bien le dire. Presque, mais pas tout à fait.

Alors que j'étais en train d 'attendre chez un médecin quelconque, je me suis mise à lire un magazine féminin et, entre autre "le grand témoignage du mois" qui "vous fait parler d'une grande expérience, une victoire importante dans votre vie". Et le témoignage du jour était celui d'une jeune femme qui était très grosse et mangeait de l'ordre de 6 à 7 fois par jours et qui passa en 6 mois de 130kgs à 70kgs. Et le magazine saluait cette victoire dont la jeune femme en question était très fière... Et c'est là, en lisant le régime que la pauvrette s'est imposé (un régime de famine, forcément, basé en plus sur un principe de "punition" en cas de manquement, c'est à dire diète totale imposée le lendemain, plus évidemment le lot habituel de diurétiques divers) que je me suis dit qu'en France, ça, ça ne passerait pas : trop dangereux pour un canard d'imprimer ça, à moins de l'assortir au minimum de conseils psy ET diététiques. Cette pauvre jeune femme est partie dans une dynamique d'anorexie féroce, forcément compensée (surtout au vu de son expérience précédente, où la nourriture lui servait de palliatif à ses frustrations) par une boulimie tout aussi présente, le tout arrosé de futurs problèmes rénaux à force de se forcer à pisser la moindre goutte d'eau qu'elle pouvait bien avoir dans le corps. Oui, on peut perdre beaucoup de poids grâce à la volonté, souligne l'article. Oui, au prix de sa santé physique et mentale, on peut, aurais-je envie de dire, moi.

Si les critères de beauté occidentaux (minceur extrême, ligne toute en longueur, etc.) arrivent ici, ils sont adaptés aux circonstances. Certaines considèrent (avec raison, culturellement, d'ailleurs) qu'à 70, voire 75 kgs, en est très bien comme on est. C'est ce pourquoi, chose que j'avais déjà souligné dans un post il y a longtemps, le poids moyen exprimé dans les mags féminins ici est de 70kgs pour 1,65m quand en France, il est de 60kgs pour 1,70m, mais bon... En revanche, d'autres s'obsèdent soudain pour leur poids, souvent, comme en France, par peur de vieillir et mettent sérieusement leur santé en danger par méconnaissance de quelques règles élémentaires. C'est ainsi qu'une jeune femme quasi squelettique que je connais, à la limite de la vraie maigreur pas belle du tout, pense régime dès qu'elle mange un carré de chocolat. Ce qui a poussé à dire un de ses collègues, alors qu'elle s'affolait de ce qu'elle avait mangé à midi, "si elle continue à faire des régimes, elle va disparaître..." Ben oui, ici, les hommes aiment bien les femmes sur lesquelles on sait où mettre les mains, lol !!!!

Quand au sport... Alors là, c'est tout un poème. Le sport en salle est en train de devenir la nouvelle folie de Casa. Des centres LadyFitness (ou MenFitness, hein, y'a les deux) se contruisent un peu partout comme des champignons et proposent des services de coaching personnalisés pour maigrir, avec du genre des exercices différents tous les jours et aucun respect, même le plus élémentaire pour les précautions à prendre en cas de reprise sauvage du sport à outrance. Genre, tu as passé 15 ans de ta vie à te transformer gentiment en petit loukoum et tout d'un coup, tu vas faire du streching une heure et demi tous les lundi, puis du step une heure le mardi, de la gym tonique le mercredi, etc., le tout en mangeant la portion que tu réservais habituellement à ton petit de 5 ans !!! Absurde et terrible au niveau cardio-vasculaire, comme perspective. Heureusement, les femmes ne font pas montre d'une volonté énorme à ce niveau là. Et c'est vraiment une chance pour elles, parce que sinon, elles seraient sérieusement en péril ! Mais, et c'est là que réside le danger, c'est très à la mode et donc être vu régulièrement dans un de ces centres de torture institutionalisée fait très bien... Donc elles s'y mettent.

Bref, c'est le wild. Du grand n'importe quoi. Par pure protestation et dans un esprit de solidarité pour toutes ces femmes qui mettent ainsi leur santé en danger au nom de principes mal compris, je vais me reprendre une petite datte, moi... Ah... On est pas bien comme ça ? Rondes, oui, mais tellement plus tranquilles. ;-)
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