Mardi 1 mai 2007

Bonjour les zamis !

Encore une fois, un débat houleux s'est engagé dans les commentaires sur un sujet qui me tient particulièrement à coeur, l'histoire.

Je vous en ai déjà parlé, d'ailleurs, en soulignant par exemple, que le Maroc n'avait pas encore formalisé son histoire, tentant par là (mais visiblement pas suffisamment) de démontrer que l'histoire n'est jamais qu'une construction idéologique.

Je vais donc développer encore ce point qui, dans les circonstances présentes, alors que tout un chacun se tourne vers sa culture et son histoire pour résoudre le problème de son identité, qu'elle soit nationale, ethnique, régionale ou idéologique, me semble primordial.

L'histoire, tout du moins dans sa définition première, c'est la compilation de faits marquants survenus dans le passé. Et déjà se posent les premières questions : qui détermine quels sont ces faits frappants et dignes d'être historiques ? La réponse des historiens est : la postérité, c'est ce pourquoi nul événement ne peut être étudié sous l'angle historique qu'il n'ait au moins 30 ans.

La philosophie, même la plus primaire, dit que l'histoire est avant tout faite par le vainqueur. Ainsi, si Hitler avait gagné la seconde guerre mondiale, soumettant l'ensemble du monde civilisé à son idéologie hystérique et effectivement moralement atroce, si nous vivions en clair dans le 3e Reich, nous ne penserions pas que la Shoa était ignoble, mais qu'elle était nécessaire... Comme Hiroshima et Nagasaki, par exemple. Peut-être irions nous, comme nous le faisons encore une fois pour le nucléaire, jusqu'à déplorer la violence qu'il a fallu déployer, mais enfin, il faut bien se défendre de l'oppression, n'est-il pas ? Choquant, comme perspective, n'est-ce pas ? D'autant que, quelles que soient les atrocités provoquées par les bombes utilisées sur le Japon, elles ne sont moralement en rien comparables avec l'extermination systématique de populations sur la seule base de leur appartenance ethnique.

Mais ce que je cherche à démontrer par cette petite uchronie, que je ne suis certes pas la première à faire (cf. Le Maître du Haut-Chateau de Philipp K. Dick, entre autre), c'est que l'histoire n'est pas neutre. L'histoire ne dit pas : en telle année s'est produit telle chose, puis après telle autre chose. L'histoire dit : nous étions opposés à telle chose/ nation/ idéologie et nous avons gagnés/ perdus pour telle et telle raisons. Du coup, nous sommes devenus...

L'histoire dit notre identité nationale comme notre histoire personelle dit ce que nous sommes en tant qu'individu. Et c'est là qu'elle est particulièrement problématique, en ce sens que nous devons être attentifs à ce qu'elle dit, parce que cela justifiera ce que nous ferons par le futur.

Or, s'il y a une chose sur laquelle les historiens, les philosophes et même les gens simplement attachés au passé s'accordent, c'est qu'en effet, certains événements sont suffisament marquants pour être des moments de bascule de l'histoire, des points-clés par tout ce qu'ils apportent de changements dans les sociétés et les moeurs, les idéologies et les frontières, etc. Sans nul doute, la seconde guerre mondiale en fait partie : elle a touchée tout le monde et a changé la face du monde. Imaginer une uchronie ne fait que souligner ce point : nous sommes indéniablement jusque dans nos valeurs enfants de ce conflit... Entre autres, bien sûr.

C'est donc tout naturellement sur des points de cet ordre que l'histoire nous apprend le plus de choses sur nous-même, parce que la manière dont on raconte ces points charnières détermine l'identité que l'on veut se donner.

En France, immédiatement après ce conflit et jusque dans les années 60, nous avons glorifié les résistants et nié l'existance de français convaincus que la politique de Vichy était la seule tenable. Après, nous avons révisé nos copies, admis que dans l'ensemble, les français avaient mal vécus l'occupation sans pour autant, dans leur grande majorité, y réagir et sans vouloir voir les exactions commises à l'égard des communautés juives de France. C'est assez marrant, en fait. J'ai eu l'occasion, une fois, de comparer les livres d'histoire scolaires de ma mère, de ma soeur (qui a 9 ans de plus que moi) et les miens : l'histoire était à chaque fois différente. ;-) Et maintenant, nous revenons sur tout cela encore une fois : nous n'avons rien fait de mal, nous avons toujours été une grande nation, dès le départ engagée contre l'Axe, etc.

Et bien, va donc pour cette nouvelle et toute fraîche identité, alors... Elle va sans doute avec le renouveau des valeurs guerrières que l'on voit refleurir partout. Tout cela sent la poudre, mes amis. Pour qui, contre qui, dans quelles conditions ? Aucune idée, mais enfin, exhaltation des valeurs nationales, guerrières, idéologiques... J'aime pas bien ça, moi, tiens.

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Jeudi 3 mai 2007

Bonjour les zamis !

Alors comme beaucoup d'entre vous hier soir, sans doute, j'ai regardé le débat entre nos deux candidats encore en lice. Je ne le commenterais pas, vu que les réactions à chaud de chacun donnent leur candidat gagnant haut la main, je ne ferais sans doute pas exception à la règle. ;-)

En revanche, j'invite fermement ceux qui ne l'ont pas vu à le regarder (cela ne devrait pas être bien difficile, vu que la viédo est disponible sur le Net, notamment sur Public Sénat, .) Si vous préférez l'écrit, sachez que la retranscription complète du débat est également disponible en ligne, sur le site lesoir.be, . Comme ça, chacun pourra se faire son idée.

Je vous invite également à découvrir le blog d'un universitaire professeur de linguistique, Jean Véronis, qui s'est beaucoup investi dans l'analyse de ces présidentielles et ce qu'il dit du débat sur le point de vue de l'analyse linguistique . C'est pas inintéressant, notamment dans l'analyse des termes utilisés le plus souvent par les deux candidats. En effet, les premières réactions à chaud des journalistes de Public Sénat que j'avais vu hier soir juste après le débat disaient qu'aucun des deux candidats n'avait particulièrement cherché à draguer les électeurs hors de leur pôle principal de majorité et il semble, à l'analyse, que ce ne soit pas tout à fait vrai...

Par ailleurs, ce même Jean Véronis a créé un outil d'analyse de la presse écrite, dénombrant les citations des différents candidats avant le premier tour, outil qui démontrerait que la presse écrite, à travers le nombre de citations qu'elle a faite des différents candidats aurait mieux cerné les résultats du premier tour (avec un écart infime, inférieur à une décimale pour le trio de tête !!!) que les instituts de sondage... Ce qui est à mon sens, tout à fait intéressant, car cela donne une image de la presse écrite française (pas contrainte par les règles du temps de parole comme la presse télé ou radio) en phase avec la France ou bien alors, ayant bien plus d'influence qu'on ne veut bien le croire... A suivre, donc. Il serait intéressant de voir si c'est vrai aussi au second tour, si ça l'était avant, etc. Vous trouverez cette étude, ainsi que les autres projets de recherche universitaire du bonhomme sur son site "institutionnel", . Vous y trouverez également, et ça, c'est assez fascinant, tous les discours des candidats à la présidentielle de 2007, y compris, bien sûr, les éliminés du premier tour, mais bon, rien que pour les deux candidats restants, vous avez pas mal de lecture.

Dans les autres trucs rigolos de la campagne et des sondages, le même petit village d'irréductibles gaulois, Donzy, a voté, encore une fois (comme à chaque fois depuis 81, nous dit-on), exactement comme la France, là encore, quasi à la décimale près !!! Vu que le village en question comprend à peine 1700 habitants, là encore, j'aimerai bien savoir pourquoi, mais personne d'assez illuminé n'a tenté pour le moment de répondre à cette question intriguante. Mais bon, puisqu'il ne se trompe jamais, ce petit village, et qu'il a si peu d'habitants, on pourrait pas dépouiller le résultat des votes vite fait, bien fait, qu'on sache vite à quelle sauce on va être mangé ? ;-)

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Samedi 5 mai 2007

Bonjour les zamis !

En ce moment, je ne publie pas grand-chose sur ce blog, et encore moins de choses intéressantes ou étonnantes à propos du Maroc. C'est qu'il faut dire que je n'ai pas grand-chose à raconter. Vous savez, ces périodes de vie, plus ou moins longues, où les choses paraissent comme suspendues ? J'en vis une en ce moment. Je suis, la plupart du temps, à la maison et je traînasse. Je devrais travailler, je n'y parviens pas vraiment. Lorsque l'envie me prends de sortir, j'y mets peu d'énergie. Le temps, qui n'est ni beau, ni mauvais (il fait bon, mais pas encore chaud, le soleil brille et puis des nuages, un peu de vent, mais pas de tempête), rend cette période un peu trouble, en attente. Je ne sais pas vraiment de quoi, d'ailleurs. Simplement, périodiquement, cela m'arrive. Cela dure 10 jours, 15 jours et puis passe, et je me retrouve avec une énergie formidable, avalant le travail et les loisirs comme une goulue. Il nous reste donc, à vous qui suivez nos nouvelles comme à moi, que cette période passe pour que je puisse vous raconter le Maroc, toujours aussi beau, toujours aussi diversifié, que j'aime de plus en plus.

En attendant, que dire ? JMA était à Marrakech ces trois derniers jours, pour un salon sur la 3G, cette technologie télécom qui remplace dans une partie du monde le GSM et dont les possibilités sont largement plus enthousiasmantes. Il doit revenir d'ici quelques heures, chargé, je suppose, de plus de travail encore qu'à l'habitude, vu que pendant ces trois jours, le monde ne s'est pas arrêté de tourner et que ses tâches se sont accumulées, sans doute. Mais quoi qu'il se passe, je n'ai pas l'intention de le laisser travailler ce WE. Il m'a manqué, ces trois derniers jours, plus qu'à l'habitude, parce que vous savez comment c'est, quand on ne fait rien, on se sent d'autant plus seul. Personellement, je trouve ça épuisant, de ne rien faire, et je n'ai jamais compris pourquoi je fonctionnais ainsi, avec ces périodes mortes entre deux rondes d'enthousiasme et de passion, deux tourbillons de travail et de créativité. Ceci dit, je ne puis que constater que c'est souvent ainsi, alors qu'il me semble perdre mon temps sans parvenir à rien, en regardant une série, en lisant un livre cent fois déjà dévoré, que je trouve des solutions aux problèmes d'écriture qui me bloque, aux blocages de travail qui se posent. Quand enfin cette étrange chappe de plomb tombe, il n'y a plus d'obstacle, mes phrases s'enchaînent, mon énergie est non seulement intacte pour les défis qui se présentent mais même va plus loin que je n'aurais pu l'imaginer au départ. Bref, je ne comprends pas pourquoi je fonctionne ainsi, mais j'en suis venue à supposer avec le temps que mon cerveau travaille à mon insu, sans moi, sans ma pensée consciente (totalement paralysée) pour interférer. Espérons donc qu'il se mette vite à computer, parce que je dois rendre mes 30 premières pages très vite et que je n'ai quasi rien fait !

Mais là encore, je ne suis pas très inquiète, jusqu'à présent, j'ai toujours su, parfois en me raccrochant aux branches, c'est vrai, respecter mes délais, ce n'est pas aujourd'hui que cela changera... Enfin, je crois.... J'espère... Hahem, bon, bref. ;-)

Voilà, voilà, quoi. Rien d'extraordinaire à raconter, encore une fois.

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Lundi 7 mai 2007

Bonjour les zamis !

Pour la dernière fois, sans doute, je vais encore parler spécifiquement de la France et des résultats de l'élection présidentielle. Vous n'êtes pas sans savoir, que vous soyez au Maroc, en France ou ailleurs, que Nicolas Sarkozy a gagné avec 53% des suffrages et un taux de participation record. Malgré mon opposition, en bonne républicaine que je suis, je ne peux que m'incliner évidemment devant l'écrasante légitimité du candidat qui deviendra très bientôt notre nouveau président de la république.

Ceci posé, (cela allait sans dire, mais cela va toujours mieux en le disant), une autre évidence me frappe avec énormément de force : cette victoire et les troubles qui l'ont accompagné, un peu partout en France, que ce soit à Paris ou en province ne peut que m'obliger à constater la radicalisation des opinions politiques françaises. Il est évident qu'avec 30% des suffrages au premier tour et 53% au second, Nicolas Sarkozy représente les aspirations d'une part très importante de la population française. Je ne doute d'ailleurs pas que les législatives lui donnent une majorité solide et là encore écrasante pour appuyer sa politique. Cependant, d'un autre côté, une partie des français, certes minoritaire mais toutefois bien présente également, ressent visiblement une grande inquiétude qui s'est exprimé via les troubles de dimanche soir.

Si l'on peut se féliciter que notre pays ait regagné le sens de l'importance du vote démocratique, on peut à juste titre s'inquiéter de voir que les passions les plus violentes s'y attachent. Là encore, il va sans dire que je suis contre les débordements de tout ordre et contre toute opposition par la violence. Comme tout un chacun récemment, je pensais que ces temps étaient révolus et que nul ne pourrait en France mobiliser la population pour des débordements aussi fâcheux. Or Reuters annonce qu'il est probable qu'une partie de ces débordement furent causé par des opposants politiques et non simplement des casseurs de banlieue inquiets des déclarations fracassantes en terme d'immigration et de police de M Sarkozy. Et là encore, je vois le signe d'une radicalisation des plus inquiétantes.

J'espère donc aujourd'hui que ce vote représente bien la consécration d'un système démocratique qui fonctionne et non l'opposition de deux Frances devenues ennemis idéologiques. J'espère que nous saurons tous raison garder, quelles que soient nos idées et que ce choix démocratique que je regrette mais qui est respectable remplira les espoirs de ceux qui ont porté M Sarkozy au pouvoir sans justifier les inquiétudes de ceux qui s'y sont opposés.

Il va sans dire enfin qu'ici, la plupart des marocains avec qui j'ai discuté étaient inquiets à propos des visas, des rapports entre la France et l'islam, des expulsions possibles voire probables d'une partie de la communauté marocaine en France. J'espère là encore que l'avenir nous dira que le choix souverain de la France et des français n'a pas été celui de l'exclusion mais bien celui du rassemblement et du progrès.

Et en attendant, je ferme la parenthèse de mon très court engagement politique et je reviens à mes premiers amours, la littérature et la culture, priant pour m'être trompée et que cette radicalisation, que je ressens flagrante, non seulement en France mais partout, n'ai pas de conséquences fâcheuses pour l'avenir.

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Mardi 8 mai 2007

Salut les zamis !

Il était temps de faire un billet léger sur ce blog, devenu récemment terriblement lourd et pontifiant. C'est ce pourquoi, aujourd'hui, je vais vous faire un cours de cuisine française... à la marocaine !

La recette du jour, pas bien compliquée mais demandant pas mal de travail de préparation, est celle du poulet au citron.

Il s'agit d'un poulet rôti au citron accompagné d'épinards à la crème et de frites. Savoureux, léger (sic !), idéalement adapté au temps d'été qui est le nôtre ces derniers jours, il se déguste avec une sauce à base de crème fraîche, de jus de citron et de zests de cirtron confits en cuisant dans le poulet.

En France, vous achetez les épinards surgelés, ainsi que les frites, et vous n'avez plus qu'à faire le reste. Pas mauvais, mais pas excellent, les puristes préféreront toujours des vraies frites maison ainsi que des épinards frais, n'est-ce pas ? C'est là que tout l'avantage de la méthode marocaine se fait jour : C'est Amina qui s'est chargé de tranformer les patates brutes (avec leur peau et même pas en forme de frites, eh, dis !) en frites, de même que d'éplucher les épinards, les laver, les faire cuire à l'eau, les hacher. Ne me restait plus qu'à les cuisiner à la crème ! Sans compter que c'est elle qui a surveillé la cuisson du poulet et joyeusement lavé les 2 plats nécessaires pour le poulet, les 2 casseroles, plus l'égoutoir, plus la planche nécessaires pour les épinards, le bol pour la sauce et la friteuse.

Moi, je dis, dans ces conditions, j'adore faire la cuisine ! Bon, d'accord, j'ai toujours adoré, mais rarement à ce point là, alors qu'il ne m'est plus nécessaire d'avoir à la faire tous les jours et qu'en plus, quand je la fais, je ne m'occupe plus que des parties amusantes.

Voilà, voilà, encore un des multiples visages de la merveilleuse vie ici dévoilée !

Bisous,

PS : je vais mettre un programme complet de notre séjour en France en ligne très vite, dans la colonne date importantes. Comme ça, nous pourrons nous organiser pour nous retrouver ! De même, si vous souhaitez venir nous voir cet été, pensez à nous prévenir le plus tôt possible et à prendre vos billets ou tôt, ou à la dernière minute (auquel cas, un taux d'imprécision de l'ordre d'un jour ou deux est à prévoir dans votre planning de vacances !).

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Planning d'occupation de notre chambre d'amis :

- Du 27 octobre au 4 novembre : Marie-Catherine & Xavier

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