Enfin ! Les vacances... Il fait un temps magnifique, les oiseaux chantent et le soleil brille, bref, le bonheur. Mais au-delà de tout, je peux enfin m'offrir le luxe de lire The Absolute Sandman
1&2, le comics scénarisé par Neil Gaiman, un des plus beaux qui exite, à mon humble avis. Je l'avais offert à JMA à Noël, une édition sublime (en VO parce que la VF a été reprise par un éditeur
peu scrupuleux qui en faisait une horreur) en 2 volumes, donc, mais pas n'importe quels volumes non plus : chacun pèse ses 4 ou 5 kilos (sans exagération) et à eux deux, je crois bien qu'ils
représentent l'ensemble de la série (ou en tout cas, ce qui s'en rapproche le plus). La qualité du papier est magnifique, la couverture est sublime, chacun dans un coffret spécial, le tout
accompagné de bonus sympas, bref, une vraie merveille d'édition.
Cela faisait longtemps donc que je me promettais une intense satisfaction à les lire (bien que je connaisse déjà assez bien la série par ailleurs) mais tant que mon travail n'était pas terminé, je
me suis refusé le luxe tout simple (et qui fait le sel de mon existence) de lire quoi que ce soit de nouveau ou qui ne soit pas directement lié à mon propos. Fallait pas se disperser, or la
lecture, mon activité favorite, a cet effet sur moi que rien n'existe plus que ce que je lis, tant que je n'ai pas fini. Vous ne me verrez jamais traîner un livre que je lis pour la première fois
sur des mois, c'est impossible. (Mais je le fais parfois pour des livres que je relis, afin d'en faire l'analyse pour telle ou telle raison. Encore que, des semaines seraient plus justes que des
mois, disons.) Aussi long et touffu soit-il, je le lirais autant que faire se peut d'une traite, avec de simples intervalles très courts pour remplir les fonctions organiques inévitables. Il
est donc évident que lorsque le travail que je dois accomplir demande de la concentration, je ne peux pas lire quoi que ce soit qui me sorte de moi-même. Et comme j'étais très en retard et avait du
mal à terminer mon travail, je me devais de m'interdire ce type d'interludes.
Or donc, puisque je suis en vacances, je dévore The Absolute Sandman. J'ai déjà terminé le volume 1, je vais entammer le 2 dès que ce post sera en ligne et si je sais que, au vu de mon rythme
habituel, ces longs mois d'attente fébrile vont se résoudre en moins de 2 jours de lecture, je suis malgré tout heureuse car cela constitue ma récompense. Et quelle récompense !
Si vous ne connaissez pas ce comics, laissez-moi vous en dire quelques mots. Le sujet en est The Sandman, c'est à dire le Marchand de Sable. Morphée, si vous préférez, enfin bref, on s'en fout, le
Maître des Rêves, quoi. Ben oui, j'ai dit comics, certes, mais on n'est pas franchement dans la catégorie superhéros en collants. Après des années de captivité sur la terre, piégé par une ancienne
magie par un homme qui voulait emprisonner la Mort, sa jeune Soeur, il parvient enfin à se libérer. Et dès lors, la plus merveilleuse histoire, nécessairement onirique, nous est proposée. Il hante
les rêves des hommes, les délivre de leur fardeau, papote avec son encombrante famille, Mort (qui est plutôt sympa), Désire (qui est complètement allumé) Désespoir (qui l'est tout autant), Délirium
(qui a franchi le cap sans retour )et Destinée (dont on ne sait pas grand-chose au départ). Chacune de ses personnalités anthropomorphique a ses caractéristiques et ses devoirs, on les appelle les
Sans Fins. Les dieux et autres démons meurent ou se transforment radicalement un jour ou l'autre, rejoignant les mythes, mais Eux, non. Ils étaient là à l'apparition de la Vie et seront là à sa
disparition, pour éteindre la lumière et fermer la porte de l'univers en sortant. Et pourtant, chacun d'entre eux a une personalité bien à lui (sujette à changement au fil du temps, selon la
manière dont les hommes les voient, entre autre), mais malgré tout, indépendante. Et c'est super fabuleux à lire. C'est tout une ambiance. Neil Gaiman a su donner une saveur particulière à ce
comics, faite d'une certaine forme de nostalgie imprécise, un goût de douceur oubliée dont la réminiscence est vaguement amère et pourtant si profondément apaisante que l'on ne peut faire autrement
que s'y complaire. Et puis, il y a une certaine dimension philosophique, là-dedans qui est loin d'être simpliste. Bref, c'est merveilleux, dans le sens propre du terme.
Le dessin peut gêner, ne serait-ce que parce qu'il n'est pas exécuté par une seule personne. Moi, j'aime assez, même s'il est vrai que les différents dessinateurs qui ont travaillé sur ce comics ne
sont pas à mon avis tous du même niveau. Certaines planches sont un peu crues, manquent de finesse, pourtant, même elles participent de l'ambiance. Chacun avec sa patte tend à montrer un
éclairage différent, parfois tendre, parfois cruel, toujours inhumains, du Marchand de Sable. Et puis bon, c'est un comics, bordel, c'est logique que les dessinateurs changent au fil du temps.
c'est un rythme à prendre, comme de lire de droite à gauche pour les mangas.
Au final, donc, si vous lisez l'anglais très bien (parce que le niveau de langage est élevé), offrez-vous The Sandman. il est vendu également en petit livre à couverture souple pas très cher. Mais
même The Ultimate Sandman ne l'est pas. On le trouve à moins de 70 dollars sur Internet et vu la beauté de l'édition, c'est vraiment une affaire.
Maintenant que j'ai fait mon speech et tenté de revenir aux affaires, de me remettre à vous écrire, je retourne aux choses sérieuses. Vous m'en voudrez pas, hein, mais les vacances, ça n'attend
pas. J'ai un comics à lire... A bientôt !
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