Lundi 10 mars 2008
Enfin, me voilà en vacances... Au moins pour une courte période. J'ai envoyé mon manuscrit aujourd'hui à mon éditeur, reste à savoir ce qu'il en pensera. Mais d'ici à ce qu'il me fasse des remarques sur lesquelles je devrais travailler, je peux prendre un peu de repos. Ce ne sera pas un mal. Et en plus, ça tombe bien, justement, il commence à faire beau, ici. Savoir si c'est juste une vague de chaleur ou si l'été commence à s'installer tôt cette année, ça... Mais toujours est-il que j'ai ressorti mes sandales et que rien que ça constitue un bonheur sans nom.

Bref, je vais essayer d'être un peu plus dispo pour vous, mes lecteurs délaissés. Mais je promets rien encore : on perd l'habitude et puis j'ai vraiment besoin de me changer les idées et de farnienter quelques jours. Mais au moins, matériellement, je vais en avoir plus le temps. Espérez en mon inspiration, qui n'est bien souvent que mon incapacité à taire ce qui me préoccupe et me passionne et avec un peu de chance et de bonne volonté, ce sera mon come back. ;-)

Bisous à tous,
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Mardi 11 mars 2008
Enfin ! Les vacances... Il fait un temps magnifique, les oiseaux chantent et le soleil brille, bref, le bonheur. Mais au-delà de tout, je peux enfin m'offrir le luxe de lire The Absolute Sandman 1&2, le comics scénarisé par Neil Gaiman, un des plus beaux qui exite, à mon humble avis. Je l'avais offert à JMA à Noël, une édition sublime (en VO parce que la VF a été reprise par un éditeur peu scrupuleux qui en faisait une horreur) en 2 volumes, donc, mais pas n'importe quels volumes non plus : chacun pèse ses 4 ou 5 kilos (sans exagération) et à eux deux, je crois bien qu'ils représentent l'ensemble de la série (ou en tout cas, ce qui s'en rapproche le plus). La qualité du papier est magnifique, la couverture est sublime, chacun dans un coffret spécial, le tout accompagné de bonus sympas, bref, une vraie merveille d'édition.
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Cela faisait longtemps donc que je me promettais une intense satisfaction à les lire (bien que je connaisse déjà assez bien la série par ailleurs) mais tant que mon travail n'était pas terminé, je me suis refusé le luxe tout simple (et qui fait le sel de mon existence) de lire quoi que ce soit de nouveau ou qui ne soit pas directement lié à mon propos. Fallait pas se disperser, or la lecture, mon activité favorite, a cet effet sur moi que rien n'existe plus que ce que je lis, tant que je n'ai pas fini. Vous ne me verrez jamais traîner un livre que je lis pour la première fois sur des mois, c'est impossible. (Mais je le fais parfois pour des livres que je relis, afin d'en faire l'analyse pour telle ou telle raison. Encore que, des semaines seraient plus justes que des mois, disons.) Aussi long et touffu soit-il, je le lirais autant que faire se peut d'une traite, avec de simples intervalles très courts pour remplir les fonctions organiques inévitables. Il est donc évident que lorsque le travail que je dois accomplir demande de la concentration, je ne peux pas lire quoi que ce soit qui me sorte de moi-même. Et comme j'étais très en retard et avait du mal à terminer mon travail, je me devais de m'interdire ce type d'interludes. 
Or donc, puisque je suis en vacances, je dévore The Absolute Sandman. J'ai déjà terminé le volume 1, je vais entammer le 2 dès que ce post sera en ligne et si je sais que, au vu de mon rythme habituel, ces longs mois d'attente fébrile vont se résoudre en moins de 2 jours de lecture, je suis malgré tout heureuse car cela constitue ma récompense. Et quelle récompense !

Si vous ne connaissez pas ce comics, laissez-moi vous en dire quelques mots. Le sujet en est The Sandman, c'est à dire le Marchand de Sable. Morphée, si vous préférez, enfin bref, on s'en fout, le Maître des Rêves, quoi. Ben oui, j'ai dit comics, certes, mais on n'est pas franchement dans la catégorie superhéros en collants. Après des années de captivité sur la terre, piégé par une ancienne magie par un homme qui voulait emprisonner la Mort, sa jeune Soeur, il parvient enfin à se libérer. Et dès lors, la plus merveilleuse histoire, nécessairement onirique, nous est proposée. Il hante les rêves des hommes, les délivre de leur fardeau, papote avec son encombrante famille, Mort (qui est plutôt sympa), Désire (qui est complètement allumé) Désespoir (qui l'est tout autant), Délirium (qui a franchi le cap sans retour )et Destinée (dont on ne sait pas grand-chose au départ). Chacune de ses personnalités anthropomorphique a ses caractéristiques et ses devoirs, on les appelle les Sans Fins. Les dieux et autres démons meurent ou se transforment radicalement un jour ou l'autre, rejoignant les mythes, mais Eux, non. Ils étaient là à l'apparition de la Vie et seront là à sa disparition, pour éteindre la lumière et fermer la porte de l'univers en sortant. Et pourtant, chacun d'entre eux a une personalité bien à lui (sujette à changement au fil du temps, selon la manière dont les hommes les voient, entre autre), mais malgré tout, indépendante. Et c'est super fabuleux à lire. C'est tout une ambiance. Neil Gaiman a su donner une saveur particulière à ce comics, faite d'une certaine forme de nostalgie imprécise, un goût de douceur oubliée dont la réminiscence est vaguement amère et pourtant si profondément apaisante que l'on ne peut faire autrement que s'y complaire. Et puis, il y a une certaine dimension philosophique, là-dedans qui est loin d'être simpliste. Bref, c'est merveilleux, dans le sens propre du terme.

Le dessin peut gêner, ne serait-ce que parce qu'il n'est pas exécuté par une seule personne. Moi, j'aime assez, même s'il est vrai que les différents dessinateurs qui ont travaillé sur ce comics ne sont pas à mon avis tous du même niveau. Certaines planches sont un peu crues, manquent de finesse, pourtant, même elles participent de l'ambiance.  Chacun avec sa patte tend à montrer un éclairage différent, parfois tendre, parfois cruel, toujours inhumains, du Marchand de Sable. Et puis bon, c'est un comics, bordel, c'est logique que les dessinateurs changent au fil du temps. c'est un rythme à prendre, comme de lire de droite à gauche pour les mangas.
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Au final, donc, si vous lisez l'anglais très bien (parce que le niveau de langage est élevé), offrez-vous The Sandman. il est vendu également en petit livre à couverture souple pas très cher. Mais même The Ultimate Sandman ne l'est pas. On le trouve à moins de 70 dollars sur Internet et vu la beauté de l'édition, c'est vraiment une affaire.

Maintenant que j'ai fait mon speech et tenté de revenir aux affaires, de me remettre à vous écrire, je retourne aux choses sérieuses. Vous m'en voudrez pas, hein, mais les vacances, ça n'attend pas. J'ai un comics à lire... A bientôt !
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Mercredi 12 mars 2008
Alors, non, je ne vais pas parler de sexe (que ceux qui ne comprennent pas lèvent la main... Ah, oui, forcément, si vous êtes jeunes à ce point...). Je vais vous parler des plaisirs simples et parfois tout aussi fabuleux que la vie ici nous offre au quotidien. Ben oui, ça faisait longtemps que je vous avais pas fait un peu baver. ;-)

Ce midi, je me suis avalé goulûment un délicieux poulet au citron, accompagné de frites maison et d'épinards à la crème, suivi par des fraises au sucre tout simplement sublimes. Mon dieu que c'était bon ! Et si ça ne suffit pas à vous faire rêver, parlons un peu du prix de tout cela, maintenant.

Pour 4 personnes, nous avons donc :

- 1 poulet : 30 dhs
- 1 botte d'épinard : 6 dhs
- 1 kilo de patates : 3,50 dhs
- 1 kilo de fraises : 9 dhs
- 1 pot de crème fraîche : 20 dhs
- 1  gros citron : 2 dhs

Soit, pour un gros repas (si on ne compte pas huile, sel et poivre, parce que faut pas exagérer le détails), la somme énorme de : 70, 50 dhs !!! Soit moins de 7 euros... Qui dit mieux ?
Vous remarquerez à ce propos que la crème pèse d'un poids étonnant dans le budget... C'est qu'il s'agit d'importation française. La crème qu'ils vendent ici sous l'apellation de crème fraîche est certes, délicieuse, mais c'est de la crème sure... D'ailleurs, faudrait que je pense à en acheter, ça va super bien avec les fraises !

En parlant desquelles, d'ailleurs, Amina a bien failli ne pas en acheter : elle les trouvait trop chères !!! Il faut dire qu'en ce moment, c'est la fête, les fruits et légumes ont rarement été si peu coûteux. D'habitude, un kilo de tomates, par exemple, c'est aux alentours de 4,5dhs, ce qui est déjà passablement ridicule. Mais là, on en trouve d'excellentes à 2,5dhs ! Et tout est à l'avenant. Quand je vous disais que c'était le pied...

Ah oui, et sinon, ben il fait un temps superbe, soleil, cuicui dans les arbres, mer agitée magnifique à regarder en sirotant son "panaché" (comprendre cocktail de jus de fruits frais) sur la corniche... C'est les vacances, quoi ! Comme on les rêve... Et comme je peux les vivre, gnarf, gnarf ! Allez, viendez donc nous voir !
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Jeudi 13 mars 2008

Je n'ai rien, mais alors, strictement rien à raconter. Pas parce qu'il se passe plein de trucs irracontables, non, justement parce qu'il ne se passe rien. Je suis en vacances comme jamais je ne l'ai été depuis ma petite enfance : avec délice et un sentiment d'éternité. J'aime. J'adore, même. Un exemple ? Ce matin, je me suis réveillée à 11h20. Cela faisait super longtemps qu'une telle chose ne m'était pas arrivée. Je veux dire, d'habitude, je me réveille entre 8 et 9 heures, ce qui déjà constitue une chance en soit, mais une grasse matinée comme celle-là ? Pas le temps. Pas la disponibilité d'esprit pour ça. Ou alors, c'est un réveil brumeux, vaguement nauséeux, la bouche en cendrier d'un lendemain de fête. Tandis que là... Non, j'ai dû m'endormir vers minuit et demi, peut-être une heure du mat',  normal, quoi. J'ai donc dormi plus de 10 heures d'affilé et je me suis réveillée comme un charme. Comme une gosse, en fait.

Et je passe mes journées comme les gosses, aussi. Je lis, je joue, je mange, je regarde le soleil se coucher et je trouve ça beau, je ne m'ennuie pas une seconde, mais si on me demande ce que j'ai fait, je répondrais "rien" et ce sera vrai. Je sais que dans pas longtemps, je vais devoir me repencher sur mon manuscrit, avec sans doute une tonne de corrections à faire, sur les indications de mon éditeur et puis aussi parce qu'il y a des centaines de choses améliorables, mais là... Je ne peux pas. J'ai saturé sur ce texte, je ne suis plus capable de le lire vraiment, aussi n'ais-je qu'à attendre qu'on le fasse pour moi et me permette, par un regard extérieur, de voir mon roman autrement et d'y retravailler. Peut-être, mais ce serait étonnant, mon éditeur en sera-t-il satisfait comme il est, alors il sera temps de passer à autre chose. 20 trucs sur le feu, encore. Des tonnes de projets et puis aussi des trucs pratiques à faire. Passer mon permis. Faire du sport. Apprendre le Darija. Mais là, je suis dans un temps hors du temps, un temps en pointillé, en suspension. J'attend. Sans angoisse, d'ailleurs. Rien de tout cela ne me concerne vraiment, pour le moment. J'ai fait ce que j'ai pu et je ne peux plus rien faire maintenant, donc, je me contente de vivre sans rien entreprendre de nouveau sous peine de risquer ne pas pouvoir tenir mes engagements.

J'ai souvent rêvé d'un temps hors du temps. Un temps sans passé et sans avenir, juste le présent, sans contraintes et sans ambitions. C'est la première fois qu'il m'est donné d'en vivre un. C'est... Exactement comme je me l'imaginais. Parfaitement reposant. Entièrement satisfaisant. Et absolument inintéressant à décrire. Mais dans les rares contraintes que j'accepte encore, il y a celle de vous écrire. C'est là le seul lien avec le monde que je me permets ou quasiment et encore est-il fugace et passe-t-il pas un clavier d'ordinateur qui, autrement, ne me sert qu'à jouer, au tarot, à la belote ou bien aux pokémons. Même pas au poker, trop de tension. Donc voilà. Vous avez droit au récit d'un temps sans intérêt pour vous, mais plein de... vide pour moi. Plein, j'insiste. Rempli comme jamais du simple plaisir d'exister. Là, en ce moment dont la durée ne dépend pas de moi et est donc virtuellement infinie, je suis et c'est tout.

Je ne suis pas pour autant disponible pour d'autres. Mais alors, pas du tout. Je suis d'un égoïsme crasse en ce moment. Je suis aux abonnés absents. Pas envie. C'est mon temps hors du temps à moi, mes vacances. Je ne veux me pencher sur les problèmes de personne, ne compatir à aucune douleur, ne partager aucune joie, rien. Rien de rien : je veux juste exister à ce niveau de conscience basique enfantine d'un moment éternel durant lequel il fait jour ou nuit sans réelle raison d'être, juste comme ça, toujours au présent, sans qu'il y ait d'avant, d'après, simplement un maintenant. A dire vrai, je suis sûre que si j'étais capable de m'en souvenir encore, j'aurais moi-même des tonnes de préoccupations, des questions existentielles à résoudre, ce genre de trucs. Mais ça n'existe pas ici, dans ce moment figé. On verra plus tard, me dis-je comme on pense à un futur tellement lointain et abstrait qu'il constitue une sorte de mythologie du "pas maintenant". Comme on sait qu'on va vieillir et mourir, à 20 ans. Comme on sait que les grandes vacances qui s'étirent devant nos yeux émerveillés vont finir au bout de seulement 2 petits mois, quand on en a 7. Plus tard. Plus tard.

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Vendredi 14 mars 2008
Que dire, que dire ? Mhum... Quand on ne sait pas quoi raconter, on parle du temps qu'il fait. Eh bien, aujourd'hui, il fait gris et lourd. Bientôt, il y aura un orage, je gage, mais peut-être d'abord une tempête de sable. Je vous ai déjà dit, qu'ici, il y a beaucoup de vent ? Parfois, il transporte du sable qui grésille contre les fenêtres fermées et empoussière tout en une heure. Le vent d'aujourd'hui, chaud et plutôt sec pour la région, en est porteur. L'atmosphère lourde et le ciel plombé rendent les gens bougons, ils râlent, s'engueulent en voiture, s'interpellent pour un rien. Inch'Allah, ce soir, l'orage éclatera, ou alors une de ces tempêtes si impressionantes de là où nous habitons, au neuvième étage ! On entendra le vent mugir et gémir entre les tours, le tonerre fera trembler l'immeuble et nous aurons le sentiment d'être au coeur de quelque chose de si grand qu'on en vient à comprendre les anciennes cosmogonies.

Moi ? Je ne suis pas bougonne. Moi, je joue à Pokémon. Je relis un très bon livre qui s'appelle Euréka Street. Je prévoie un WE tranquille avec mon mari. On verra quelques copains, sûrement. Des films. On mangera des crêpes avec de la confiture maison. Des fraises à la chantilly. On se laissera vivre le temps d'un WE, comme tous les WE, en fait. Comme je le fais tout le temps en ce moment. Peut-être JMA me donnera-t-il un cours de conduite, avant ou après les courses obligatoires au supermarché. Tiens, un ami doit venir dîner dimanche soir... Je ne sais pas encore ce que je lui ferais de bon. Je verrais cela selon le marché, le matin. Voilà. On a fait le tour du sujet, je crois. Le temps, mes activités débordantes... Je ne vois rien d'autre à rajouter.

Ah si ! Tout de même : bon WE !
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